Le projet de partenariat stratégique avec Dubai Ports World Ltd, comprenant trois volets majeurs, à savoir la gestion des opérations de la Cargo Handling Corporation, un bail de 99 ans sur 325 arpents de terrain à Riche-Terre et la création d’une Special Economic Zone dans cette dernière région, se tient à 50/50. C’est le sentiment qui se dégage dans les milieux bien informés à l’hôtel du gouvernement alors qu’une délégation de haut niveau de Dubai Ports World, arrivée en début de semaine, a déjà entamé le deuxième round de discussions avec le gouvernement sur cet important projet stratégique dans le port. Une séance de travail est également prévue aujourd’hui avec le Deputy Prime Minister et ministre des Communications extérieures, Xavier-Luc Duval, avec le départ de la mission officielle annoncée pour demain.
À ce stade, les options restent encore ouvertes avec l’hôtel du gouvernement réitérant la position exprimée par Xavier-Luc Duval le 26 avril dernier à l’Assemblée nationale en réponse à la Private Notice Question du leader de l’opposition, Paul Bérenger, soit qu’aucune décision n’a été prise au sujet des propositions sur la table des négociations. Tout en ne voulant pas parler de Make or break stage, l’on indique « nous sommes actuellement à du 50/50 ». Hier après-midi, les membres de la délégation de Dubai Ports World Ltd ont participé à une première rencontre avec des membres de la Technical Team, comprenant des officiels de différents ministères.
« Tout dépendra des discussions d’hier après-midi et des contre-propositions de DP World aux points soulevés par le gouvernement suite au premier round des 11 et 12 février dernier et des propositions détaillées soumises subséquemment le 25 février », avance une source autorisée avant les discussions du jour sous la présidence du Deputy Prime Minister et ministre des Communications extérieures avec un mandat établi par le conseil des ministres.
La préoccupation majeure du gouvernement est d’obtenir des garanties formelles sur quatre points, à savoir les investissements annoncés par DP World dans le cadre de ce partenariat stratégique, soit Rs 1,5 milliard à court terme, le calendrier d’exécution des projets identifiés, la performance dans le temps et l’ambitieux projet de création d’une Special Economic Zone sur superficie de 325 arpents de terrain alloués pour un bail de 99 ans. « Jusqu’ici, nous avions des réserves et des difficultés par rapport à certaines propositions par DP World Ltd. Si nous obtenons des réponses satisfaisantes sur ces points soulevés au niveau du conseil des ministres, nous irons de l’avant avec le projet. Au cas contraire… », poursuit cette même source officielle, préférant garder l’anonymat jusqu’à la fin de ce présent round de discussions.
Le projet de partenariat stratégique avec DP World Ltd, qui fait l’objet d’échanges avec le gouvernement depuis un an, soit juin de l’année dernière, ne concerne que la gestion des opérations portuaires mais aura des répercussions sur le skyline spatial, économique et stratégique de Port-Louis. Ainsi, dans un premier temps, DP World Ltd lorgne un Management Contract avec la Cargo Handling Corporation Ltd pour le Management of Port Operations pour une période de 30 ans. En contrepartie, cette société internationale, spécialisée dans la gestion des ports dans le monde, entrera dans le capital de la Cargo Handling Corporation Ltd à hauteur de 40 %.
Dans le même souffle, DP World Ltd a fait état de son intention de procéder à des investissements de Rs 750 millions (25 millions de dollars US) dans l’infrastructure de la Mauritius Container Terminal Ltd avec pour objectif de doubler la capacité de manutention jusqu’à 1,3 million TEUs. Ces investissements devront se faire sous la forme d’équipements informatiques et de Container Handling Equipment.
L’autre volet conséquent de ce partenariat avec DP World Ltd concerne la transformation de la région de Riche-Terre, plus particulièrement une partie de la Jin Fei Economic Cooperation Zone avec la République populaire de Chine. Une portion de terrain de 325 arpents a été identifiée pour accueillir une State-of-the-Art Special Economic Zone sur le modèle de la Jebel Ali Free Zone à Dubaï. Avec ce bail de 99 ans, DP World a proposé au gouvernement d’investir quelque Rs 700 millions au cours des six premières années pour la construction de « business and industrial units, office premises as well as serviced plots ».
Dans un deuxième temps, DP World Ltd a signifié son intention d’investir un peu plus de Rs 1 milliard, portant le montant total à 60 millions de dollars US, soit Rs 1,8 milliard. La Special Economic Zone est présentée par DP World Ltd comme étant susceptible d’attirer des investissements étrangers de 450 millions de dollars (Rs 13,5 milliards) et de générer quelque 8 000 emplois. Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien indiquent que les autorités mauriciennes attendent d’être convaincues sur cette dimension du projet.
En dernier lieu, le plan de DP World Ltd prévoit la construction d’un Island Terminal dans le port d’ici à 2030 avec des investissements de 500 millions de dollars US, soit Rs 15 milliards. Intervenant à l’Assemblée nationale le 26 avril dernier, le Deputy Prime Minister avait soutenu que « the proposal of DP World could be interesting and innovative, insofar that, it is not solely based on increasing Container Transshipment Traffic at Port Louis, but more geared on increasing captive traffic to be generated from the development of the free port activities. The port would be in a position to offer a range of other services to ships, including bunkering, ship chandling and ship repairs ».
Toutefois, plus loin, Xavier-Luc Duval avait ajouté que « with a view to safeguarding the interest of the Nation, Government will seek guaranteed KPIs from DP World over the period of the Port/SEZ concessions, amongst others, in terms of — (i) volume of SEZ traffic generated ; (ii) investment made by DPW at Riche Terre and amount of FDI/employment generated ; (iii) transshipment/Freeport Container throughput ; (iv) Port productivity and Port connectivity ; (v) investment in Port operations and equipment ; (vi) job creation, and (vii) other matters as may be determined ».
Tout semble indiquer que les points susmentionnés demeurent encore à l’ordre du jour des consultations à haut niveau ces jours-ci avec des garanties à ces Key Performance Indicators (KPI) déterminant le sort du partenariat stratégique avec DP World dans le port.