La Saga de la première phase de la Ring Road, avec d’importants dégâts sur un tronçon de 75 mètres, à Pailles, remonte à la surface à la lumière de deux développements majeurs. D’abord, le refus des compagnies d’assurances d’honorer les réclamations logées par les contracteurs de Colas/Rehm Grinaker pour des compensations à être versées et la décision de la Commercial Court de la Cour suprême en faveur de la Road Development Authority (RDA) au sujet de la saisie du Bond déposé lors de l’octroi du contrat des travaux. Sur le terrain, les autorités cachent difficilement leur irritation devant le fait que quatre mois après le constat des dégâts sur le tronçon de la Ring Road Phase I, les travaux de réhabilitation sur les lieux n’ont même pas encore démarré alors que l’échéance de la remise à neuf de cette route expirera en juillet prochain.
Le Joint Venture de Colas/Rehm Grinaker a essuyé un véritable coup dur au cours de cette première quinzaine de mai. En effet, tout le volet des travaux de réhabilitation à la charge des contracteurs risque de connaître de sérieux revers avec la décision formelle des compagnies d’assurances concernées de rejeter toutes les réclamations d’assurance logées suite aux dégâts sur cette route. C’est ce qu’a appris Le Mauricien de sources concordantes.
Les sociétés d’assurance, en l’occurrence City Brokers, Mauritius Union et la compagnie de réassurance internationale, Munich Re, se sont appuyées sur une contre-expertise des travaux exécutés sur le site pour justifier leur décision de contester les réclamations. Ces assureurs ont sollicité les services d’un consultant en infrastructure routière étranger, Malcolm King, pour effectuer une contre-expertise de la qualité des travaux de la Ring Road.
Les conclusions de cet expert sont, semble-t-il, catégoriques : les travaux de la route ne sont nullement aux normes et selon les spécifications établies dans le cadre du contrat passé entre la RDA et Colas/Rehm Grinaker. Il n’est pas exclu que ce rejet des réclamations auprès des assurances fasse l’objet d’arbitrage auprès des instances appropriées, présentant des excuses valables de la part des contracteurs pour justifier tout délai dans les travaux de réfection de la route et de même avec des répercussions sur le démarrage de la Ring Road Phase II, avec un tunnel sous la Montagne des Signaux, dont le coût est estimé à Rs 10 milliards ; Les travaux avaient été annoncés par le vice-Premier ministre et ministre de l’Infrastructure routière, Anil Bachoo, pour la fin de cette année.
De leur côté, le ministère de l’Infrastructure routière et la RDA ont systématiquement souligné que le coût des travaux est à la charge de Colas/Rehm Grinaker au terme des conditions du contrat et qu’il n’est pas question de puiser un sou des fonds publics à cet effet. Les travaux de construction de ces sept kilomètres de la Ring Road Phase I ont nécessité des dépenses de Rs 2 milliards, dont Rs 525 millions pour les besoins d’acquisitions obligatoires de terrains et Rs 1,5 milliard pour les travaux.
Colas/Rehm Grinaker n’est pas au bout de leurs difficultés. Avec le constat des dégâts sur la route à la fin de janvier dernier, la RDA avait pris la décision de bloquer les Rs 140 millions déposées par les contracteurs sous forme de Bond. Ils avaient logé une demande d’injonction devant la Commercial Court de la Cour suprême contre cette démarche de la RDA, qui voulait s’assurer qu’au moins cette somme soit disponible dans la conjoncture. Mais le juge Paul Lam Shang Leen aurait débouté le Joint Venture en donnant gain de cause à la RDA dans cette saisie de Bond.
Le statu quo sur le site à Pailles suscite des irritations à la RDA et au ministère de tutelle. Après les relevés d’experts pour des analyses, des directives avaient été émises à l’intention des contracteurs pour que les Remedial and Rehabilitation Works soient complétés avant la fin de juillet. Cette décision avait été avalisée par le conseil des ministres. Or, un dernier constat a révélé que les contracteurs n’ont effectué que des travaux de déblayage et sans plus. La RDA et le ministère de l’Infrastructure publique comptent émettre un nouvel avertissement formel au sujet de l’étape de juillet prochain avant d’initier d’autres actions légales.