Après les constats techniques préliminaires accréditant la thèse d’un Cover-Up délibéré sur la présence de fissures sur la route Terre-Rouge/Verdun bien avant la livraison, les premières sanctions sur le plan administratif sont à prévoir. Les concernés ne sont nuls autres que les responsables de la Road Development Authority (RDA), organisme d’État responsable de la supervision des travaux d’exécution de ce projet au coût de Rs 4 milliards, soit presque Rs 2 milliards de plus que les estimations initiales.
Entre-temps, suite à une Site Visit effectuée en début de semaine en compagnie des ingénieurs du ministère, de la RDA et des consultants étrangers, le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, étudie les différentes options en vue d’alléger le grave problème de congestion routière sur le principal axe routier reliant le Nord au Sud en passant par la capitale. Il n’est pas exclu que dépendant des recommandations des experts sur l’envergure du phénomène de glissement de terrain dans la région de Valton/Ripailles, la Southbound Lane puisse être rouverte à la circulation. La décision devrait être entérinée conjointement par le ministère des Infrastructures publiques et la Traffic Branch compte tenu de l’aspect de la sécurité des usagers de la route.
Deux hauts cadres de la RDA, qui assuraient la coordination avec les contracteurs Colas Maurice/Colas Madagascar et les consultants EGS BCEOM International pendant la durée de construction de cette route longue de 17 kilomètres, pourraient être interdits de leurs fonctions d’ici la fin de la semaine pour négligence et rétention présumée d’informations cruciales portant sur la sécurité des usagers utilisant ce tracé de toute. Cette question a été abordée lors de la dernière réunion du conseil d’administration de la RDA, placée sous la présidence du Senior Chief Executive du ministère de tutelle, Max Simonet.
Les procédures d’interdiction initiée au ministère des Infrastructures publiques en consultation avec la Public Service Commission (PSC) devront être complétées au plus tard vers la fin de la semaine et les ingénieurs concernés informés subséquemment de leur sort. Le principal reproche retenu contre ces deux cadres de la RDA est qu’ils étaient en présence d’informations sur la présence de fissures sur la route Terre-Rouge/Verdun dans les parages de Valton/Ripailles depuis le 27 février 2013, soit dix mois avant la livraison de ce chantier.
Départ à la retraite mis en attente
Au ministère des Infrastructures publiques, l’on s’indigne du fait qu’à aucun moment, ces informations n’ont été communiquées à qui de droit par ces deux représentants de la RDA. Qui plus est, ces fissures avaient été relevées en février 2013 quasiment aux mêmes endroits que l’effondrement de la route en ce début d’année.
Le Board de la RDA s’est également penché sur la demande de départ à la retraite du directeur général de cet organisme, Kadressen Dorsamy. Ce dernier avait jugé utile de soumettre cette requête alors que la route Terre-Rouge/Verdun, projet marqué par la controverse que ce soit sur le plan financier ou la durée d’exécution du contrat, s’effondrait. Des recoupements d’informations effectués auprès des sources autorisées indiquent que des membres du conseil d’administration ont tout simplement évité de se prononcer sur ce dossier en « putting on hold » tout feu vert au départ de Kadressen Dorsamy.
La présence du directeur général de la RDA est jugée cruciale dans la conjoncture en raison de la série d’enquêtes sur le projet de la route Terre-Rouge/Verdun de même que tous les contrats alloués par la RDA depuis 2010 avec Anil Bachoo en tant que vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques. La dernière enquête diligentée en date devrait être confiée au Central CID avec pour délit provisoire un Conspiracy pour dissimuler des informations compromettantes sur l’état de la route Terre-Rouge/Verdun. Une escouade de limiers du Central CID a déjà été constituée pour consigner la prochaine déposition du représentant du ministère des Infrastructures publiques à ce sujet avant que tous les dossiers ne soient remis formellement à des fins d’enquête.
En parallèle, le Public Sector Efficiency Bureau sous le ministère la Bonne gouvernance se prépare à donner le coup d’envoi d’un Overall audit exercise sur les contrats de plusieurs milliards alloués par la RDA au cours de ces quatre dernières années. Tout semble indiquer que l’ancien directeur de l’Audit, Rahun Jugurnuth, qui a été propulsé à la tête du Public Sector Efficiency Bureau, s’occupera en priorité du dossier de Terre-Rouge/Verdun.
Pour sa part, le ministre Bodha, qui est de nouveau descendu sur le terrain lundi après-midi pour un constat de visu de l’effondrement de la route à Valton, se préoccupe davantage des solutions en vue d’alléger le fardeau des automobilistes et autres usagers de la route pénalisés par le retour des embouteillages. Des consultations sont en cours en vue d’étudier la possibilité d’une remise en service de la Southbound Lane de la route Terre-Rouge/Verdun, notamment aux heures de pointe du matin et de l’après-midi.
Une décision pourrait être entérinée vers la fin de la semaine avec l’annonce de l’ouverture de cette voie temporaire dès la mi-février en attendant des travaux de construction d’une route de contournement sur une distance de 400 mètres. Des travaux de prélèvement des échantillons effectués par les techniciens de la Water Research Unit sous la supervision d’un expert japonais ont atteint les 28 mètres de profondeur.
Ces prélèvements ont été envoyés au laboratoire à des fins d’analyses scientifiques au sujet de la stabilité du sol sous la route. Des risques de nouveaux effondrements de la route ne sont pas écartés et l’expert étranger a fait comprendre que des tests géologiques devront être entrepris sur plusieurs kilomètres de la route avant que toute décision ne soit prise quant à la nature des travaux de réhabilitation à être entrepris.