En dépit des assurances données de part et d’autre, la saga de la Pailles Water Treatment Plan de la Central Water Authority (CWA) est loin d’être close. La CWA a initié des procédures légales pour des réclamations portant sur des centaines de millions de roupies contre les consultants Gibb (Mauritius) Ltd et le Joint-Venture Sotravic/Berlinwasser, qui avait décroché ce contrat de construction. À ce stade, le montant des réclamations n’a pas encore été déterminé vu que des consultations ont été engagées avec le Public Procurement Office pour évaluer les préjudices causés avec l’exécution d’un contrat d’une valeur de Rs 725 814 684.41. Ces indications ont été fournies formellement par le vice-Premier ministre et ministre de tutelle, Ivan Collendavelloo, lors du Question Time, mardi dernier, en réponse à une interpellation du député Reza Uteem.
À ce stade, tout semble indiquer que la CWA ne compte pas baisser les bras devant la Paille Water Treatment Plant Saga surtout dans le sillage des conclusions de l’enquête de la firme de consultants Aurecon, dont des extraits ont été publiés dans l’édition du Mauricien du vendredi 23 octobre dernier. Ce rapport d’experts constituera la base de l’action légale contre Gibb (Mauritius) Ltd et Sotravic/Berlinwasser conjointement.
« The Central Water Authority Board has obtained legal advice on the findings of the independent expert with regard to prejudice caused to the CWA by the consultant and contractor and has decided to claim damages. The Central Water Authority will submit the expert’s report and the legal advice to the Procurement Policy Office », a confirmé le vice-Premier ministre à l’Assemblée nationale, mardi dernier. Le conseil légal de la CWA est Me Rishi Pursem, Senior Counsel avec Ivan Collendavelloo renchérissant que « its legal advisor is M. Rishi Pursem, a Senior Counsel and he is the one who has given that legal advice, which I understand the Board is seriously attending to ».
Outre les Findings des consultants d’Aurecon, la CWA pourra également s’appuyer sur les commentaires accablants de l’Adviser auprès du vice-Premier ministre et ministre des Services publics. Dans un document officiel en date du 30 juillet dernier, le Chartered Engineer Sulaiman Hansrod soutient que « it is obvious that the Pailles Treatment Plant Structure is defective in many areas. In my opinion, the Supervising Engineer has failed to carry out its duty under the contract with due diligence. The Independent Expert has rightly assesses that bad details during design have been implemented during construction and however good the workmanship may be or even the supervision – these bad details continue to be a problem ».
De leur côté, les représentants de Gibb (Mtius) Ltd, à coups de communiqués payants, soulignent que le rapport d’Aurecon est arrivé à la conclusion que « the design that was produced by the contractor and reviewed by Gibb met the employer’s requirements, the site procedures used by Gibb staff for supervising the works were of a high standard and provided an acceptable level of site supervision, the structural integrity and durability of the structures will not be affected in the medium and long terms after completion of the remedial works ».
Le vice-Premier ministre et ministre des Services publics a ajouté que ce ne sera qu’en fin de semaine que la station d’épuration d’eau de Pailles atteindra sa vitesse de croisière avec un débit de 80 000 mètres cubes d’eau par jour, prenant à contre-pied l’affirmation de Gibb (Mtius) Ltd à l’effet que la station est déjà opérationnelle après les réparations des fuites structurelles. « I am informed that operations have resumed on 08 October with a daily production of 10 000 m3 and will operate at full capacity of 80 000 m3 by the end of this week », ajoute Ivan Collendavelloo.
Le VPM a justifié cette mise en opération par paliers par la prudence en raison des problèmes rencontrés initialement. « It is true that originally the first gush of water was going to be 30 000 m3, but now after having seen these defects and the remedial defects, the technicians, I suppose, have felt it better to start with 10 000 m3, but the maximum of 80 000 m3 being reached later », dit-il, tout en faisant preuve d’assurance quant à la qualité de l’eau potable en provenance de cette station d’épuration.
Toutefois, dans cette affaire, l’élément inconnu qui réclame des éclaircissements concerne l’enquête confiée à l’Independent Commission Against Corruption sur les procédures adoptées pour l’octroi de ce contrat de l’ordre Rs 725 millions. Suite à un Referral du ministère des Services publics, l’ICAC avait effectué une descente des lieux en vue de procéder à la saisie des documents relatifs. Jusqu’ici, il n’y a aucune indication officielle si l’ICAC est déjà en possession d’une copie des Findings des consultants d’Aurecon ou encore des commentaires de l’Adviser Hansrod à ce même sujet.