300 tonnes. C’est à peu près le poids des rochers qui seront éjectés de la falaise Macondé. Les travaux ont démarré lundi dernier. Vendredi, les ouvriers cordistes de la compagnie réunionnaise ROCS ont terminé la face est de la falaise, enlevant quelque 200 tonnes de rochers. Cette semaine, ils s’attaqueront à la façade ouest et devraient éliminer encore 100 tonnes. Une tâche au coût de quelque €35 000 (?Rs 1,4M), qui a nécessité l’interdiction au passage sur cette partie de la route du sud, fermée à la circulation depuis le 29 avril.
La tâche est lourde et nécessite une extrême précaution. D’où le recours à l’expertise des Réunionnais pour la purge  de la falaise de Macondé. Depuis une semaine, plusieurs tonnes de rochers ont été dégagées de la montagne car représentant des risques accrus d’éboulement. Ce constat avait été effectué à la suite de la chute d’un rocher de plus de 50 tonnes le 29 avril dernier, provoquant ainsi la fermeture de la route à la circulation. Une situation qui a entraîné dans son sillage plusieurs manifestations des habitants de la localité, exaspérés de devoir effectuer le parcours à pied, à leurs risques et périls, ou d’emprunter le tronçon sinueux et étroit de Chamarel, encore plus dangereux.
Soulagés aujourd’hui de voir enfin les rochers à risques de Macondé en train d’être enlevés, les habitants des villages du sud espèrent qu’ils pourront prochainement circuler sur la route. Ce qui devrait, selon nos informations, être possible à la mi-juillet, une fois que la RDA aura terminé la réparation d’une des deux-voies de ce tronçon qui, avec les travaux de purge, a été sérieusement fissurée.
Pas de zéro risque
Ainsi, depuis lundi, les ouvriers cornistes se sont attaqués à la face est — côté Baie du Cap de la montagne — pour enlever les rochers à risques. Le travail s’effectue selon un procédé très stricte pour garantir un maximum de sécurité sur la façade d’environ 200 mètres de long depuis le View Point. Les ouvriers cornistes, munis de canne à purge utilisées pour faire bouger les rochers instables détectés sur mouvement, procèdent en descente en rappel et évoluent en couloir. Au fur et à mesure de la progression, les ouvriers cornistes s’attaquent aux rochers un à un sur le pan de la montagne.
Les blocs rocheux sont testés mécaniquement à l’aide des cannes à purge et les blocs instables sont nettoyés et dégagés vers le bas. “S’il y a une résistance, deux méthodes peuvent être appliquées”, explique Sébastien Martial, géologue, et Xavier Haussaire, conducteur des travaux de ROCS. Ainsi, pour les blocs de volume plus important, les ouvriers se servent d’un vérin hydraulique qui permet une poussée conséquente pour élargir la fissure, ou d’un coussin pneumatique, gonflé au moyen d’une bouteille de plongée pour balayer la façade. “En gonflant, le coussin éclate la fissure et fait tomber les rochers”, expliquent les professionnels de ROCS et GETS.
Si les risques sont plus conséquents s’agissant des gros rochers que les ouvriers cordistes ont eu un peu plus de mal à enlever, les contracteurs soulignent que “les risques concernent aussi la multiplicité des blocs de un à cinq kilos qui, malgré leur poids, sont tout aussi mortels”. Cependant, selon l’évaluation faite par GETS, il existe moins de risque du côté ouest que du côté est. Ainsi, si côté est quelque 200 tonnes de rochers ont été dégagées, les travaux sur le côté ouest devraient éliminer quelque 100 tonnes. Un travail qui a nécessité un investissement d’environ 35000 euros (Rs1,4M), selon nos informations. Sans toutefois de garantir que d’autres rochers ne tomberont plus de la falaise.
Travaux de construction en       parallèle
Sébastien Martial et Xavier Haussaire font ressortir que la purge de la falaise ne signifie pas de zéro risque. “Il y a moins de risques, c’est sûr. Nous avons fait un énorme travail de dégagement, mais l’altération et l’érosion vont continuer leur processus, et il y aura peut-être des purges de rappel à faire”, dit le géologue.
Si le ministère des Infrastructures publiques avait informé la population que la route Macondé serait fermée au passage du 20 juin au 3 juillet, les experts réunionnais indiquent qu’ils termineront les travaux de purge le 5 juillet. Ce n’est qu’alors que la RDA pourra commencer les travaux de la route sérieusement fissurée. Ceux-ci seront effectués sur une longueur de 500 mètres environ, côté est et côté ouest de Macondé, afin de réouvrir la route à la circulation. Toutefois, selon nos informations, les autorités prévoient l’ouverture d’une seule des deux-voies au passage. Des feux de signalisation devraient être installés pour alterner le trafic. Ces travaux s’étaleront, selon nos sources au ministère, sur une dizaine de jours encore et le public ne pourra transiter via Macondé qu’à la mi-juillet.
Parallèlement, les travaux de remblayage de la mer — stoppés avec les travaux de purge — en vue de la construction d’une route parallèle à Macondé reprendront cette semaine.