Péage, métro-léger Du lourd pour le ministre des Infrastructures publiques au Parlement cette semaine. Confronté à deux Private Notice Questions successives du leader de l’opposition, mardi et vendredi, Anil Baichoo a éprouvé beaucoup de difficultés à surmonter les obstacles qui se sont dressés sur sa route. Avec des approximations s’apparentant à des auto-buts et non-réponses, le ministre n’a manifestement pas eu la voie facile cette semaine.
Entre « l’abandon de souveraineté », du fait de tout mettre entre les mains des singapouriens qui, en plus, n’opèrent pas chez eux un vrai métro-léger, et le « premier coup de pioche » du démarrage du projet annoncé « pour très bientôt » depuis décembre 2011, évoqués par le leader de l’opposition, il faut dire que le chemin était tout sauf un chemin tout tracé et tranquille pour le ministre des Infrastructures publiques mardi.
Pas mieux vendredi, avec Paul Bérenger s’emparant du dossier du péage pour exposer certaines de ses incongruités, comme le consultant devenu aussi le Transaction Adviser, et le fait que deux des trois firmes en lice pour décrocher le contrat sont sur une liste noire. La mise à exécution du péage, qui concernera les nouvelles routes mais aussi des tronçons des autoroutes M1 et M2, sera pour l’année électorale de 2015.
Et comme un malheur ne vient jamais seul, un autre député qui a décidé de s’emparer du dossier des projets routiers, le Dr Raffick Sorefan, régulier et très documenté, en a rajouté une couche pour mettre en exergue, une nouvelle fois, non seulement le fait que les contrats accusent des surcoûts au milieu de leur réalisation, mais que les contracteurs choisis, comme la SynoHydro Corporation, sont ceux qui figurent dans la triste catégorie des compagnies placées sur liste noire.
Parmi les autres questions qui ont retenu l’attention mardi dernier, le retard du renouvellement des uniformes et chaussures de nos policiers. L’auteur de la question, Alan Ganoo, a même dit avoir vu des agents de l’ordre venir chaussés « d’escarpins » en cour, au lieu de porter les godasses réglementaires. Le refus de divulguer les honoraires payés à Me Goeffroy Robertson et les insuffisances du Forensic Science Laboratory ont aussi marqué la Prime Minister’s Question Time animée par le Dr Rashid Beebeejaun, en l’absence du Premier ministre, Navin Ramgoolam.
« Ti éna Roches Noires ? »
L’utilisation de clôtures de sécurité électriques autour de certaines résidences, évoquée par Nando Bodha, qui a révélé qu’il existe un désert en matière de réglementation dans ce domaine, a donné l’occasion à Paul Bérenger d’en placer une bien bonne qui a, en plus, eu le mérite d’amuser l’ensemble de l’hémicycle. « Ti éna Roches Noires ? » a-t-il lancé au Premier ministre suppléant, comme une façon d’ironiser sur le fameux vol perpétré au bungalow de Navin Ramgoolam.
Les conditions de service et les agissements du président du CEB, Balraj Narroo, qui, pour ne pas changer, a assisté à la première partie des travaux parlementaires dans la galerie des invités de marque, ont aussi été à l’agenda. Le ministre des Services publics a bien dû reconnaître avoir demandé à celui qui cumule aussi la présidence de la Mauritius Marathi Mandali Federation, de ne plus s’immiscer dans le travail des ingénieurs du CEB.
Pravind Jugnauth a, avec sa question sur le prix du sucre vendu sur le marché local, embarrassé certains dans les rangs de la majorité : il a soutenu que l’augmentation conséquente de cette denrée, quatre fois le prix de 2008, est une des conditions du « deal historique » que le Premier ministre revendique avoir conclu avec les sucriers en décembre 2007. Satish Faugoo a, lui, soutenu que ce prix reflète la tendance du marché et qu’une partie des recettes provenant de la commercialisation du sucre va au paiement de la pension des dockers.
Deux intervenants sur le discours-programme, qui sombre de plus en plus dans l’oubli depuis sa présentation le 16 avril : Cader Sayed-Hossen et Yatin Varma. Deux textes ont, par ailleurs, été adoptés mardi en soirée : le Mauritius Family Planning and Welfare Association (Amendment) Bill et le Foundation Bill.