Le tronçon Ripailles/Valton est une zone « extrêmement dangereuse ». Ce sont les premières conclusions des experts sud-africains de la firme ARQ Engineering Solutions qui sont à Maurice actuellement pour l’analyse de la situation après l’éboulement survenu dans la soirée du 23 juin provoquant depuis la fermeture de cet axe. Il faudra ainsi attendre les résultats des différents tests qu’effectuent les représentants de ARQ Engineering Solutions depuis leur arrivée jeudi pour connaître la fiabilité de ce tronçon montagneux de 5 km. Si les autorités sont optimistes quant à sa réouverture, d’autres fissures ont été décelées sur le même talus défiguré. Parallèlement, d’autres problèmes ont été notés, un peu plus bas sur le tronçon, cette fois sur le flanc droit de la route en construction. Il faudra, par ailleurs, attendre le rapport intérimaire des Sud-Africains concernant la route Terre-Rouge/Verdun, qui devait être soumis à la fin du mois dernier, mais qui sera finalement rendu dans six semaines pour connaître les mesures qui garantiront la sécurité sur l’autoroute M3. En attendant, le tronçon Ripailles/Valton reste fermée à la circulation.
A priori, le tronçon Ripailles/Valton n’ouvrira pas de sitôt. Du moins pas avant que les autorités n’aient obtenu la garantie que cette route est praticable. Or, selon un premier constat effectué par les géologues et géotechniciens de ARQ Engineering Solutions, le flanc gauche de cette route montagneuse — où des éboulements ont été provoqués à la suite des dernières grosses averses — est sujet à d’autres risques. Des fissures, en amont du talus défiguré dans la nuit de 23 juin dernier, ont été notées. Ce qui fait dire aux experts sud-africains qu’il est nécessaire de faire des tests approfondis afin d’évaluer la stabilité et l’étanchéité de cette partie de la montagne. Mais, déjà, le ministre des Infrastructres publiques, Nando Bodha, qui était sur place vendredi dernier pour une visite du site, fait comprendre que, « cette zone Ripailles/Valton est extrêmement dangereuse ». Comme Week-End l’a fait ressortir la semaine dernière, Nando Bodha estime que les conséquences de l’éboulement du 23 mars auraient pu être dramatiques si l’avalanche s’était produite durant la journée, aux heures d’ouvertures de ce tronçon. Le ministre soutient, toutefois, que c’est uniquement ce tronçon de 5 km qui pose problème sur l’autoroute Terre-Rouge/Verdun. « Le long des 26 km de Terre-Rouge/Verdun, qui va donc de Terre-Rouge à Phoenix, la route est fiable entre le rond-point de Terre-Rouge et celui de Crève-Coeur et, de l’autre côté, du rond-point de Ripailles à Phoenix. Mais le tronçon de Ripailles/Valton est dangereux et c’est compliqué d’y travailler », dit-il. L’éboulement du 23 juin a nécessité pas moins de 300 chargements pour enlever la boue et les détritus s’étendant sur 50 mètres et recouvrant d’une profondeur de 20 mètres et d’une hauteur de 25 mètres les trois voies de l’autoroute M3.
Des risques de glissements de terrain sur le flanc droit également
Si la route est dégagée, les talus la surplombant devront être minutieusement examinés, font comprendre les experts sud-africains, indiquant qu’il sera ainsi nécessaire d’étudier les moindres fissures et signes de mouvement du sol. Pour évaluer la capacité hydrologique de cette partie de la montagne, les autorités envisagent d’avoir recours à une étude infrarouge. Ce, en raison des suspicions des autorités sur le fait que le niveau d’eau monte très vite dans cette zone et que les nappes phréatiques traverseraient par un tunnel non loin de la région. Les recommandations des experts sud-africains sont attendues à la fin de la semaine prochaine et, suivant leur rapport, les autorités décideront de la marche à suivre. Pour l’heure, il n’est pas question de rouvrir la route. « Nous ne prendrons aucun risque, nous ne voulons pas que qui que ce soit ait quelque chose sur la conscience », a expliqué Nando Bodha.
Entre-temps d’autres problèmes ont été notés, toujours sur le même tronçon, un peu plus bas. Cette fois sur le flanc droit où des travaux de construction sont en cours. Quatre zones sont concernées , notamment la D4, D5,  D6, et D7. A la hauteur de D6, un important glissement a été noté par les ingénieurs lors des travaux de fouille. Si bien qu’il ressort que ce talus a avancé, en deux mois, de 1m50 vers l’actuelle route. Les ingénieurs craignent la survenue d’un nouveau glissement sur cette partie, très étanche et où le sol est instable. L’avis des experts sud-africains sera à nouveau sollicité, apprend-on.