Avec les travaux complexes du tout-à-l’égout dans la région des Plaines Wilhems initiés depuis 2008 par la WMA, le réseau routier, dans certains faubourgs de Quatre-Bornes et Rose-Hill, représente non seulement un « eyesore » mais constitue aussi un véritable parcours du combattant pour les usagers. Les inévitables modifications et déviations entraînent nombre de répercussions sur la circulation sur les tronçons concernés. L’enjeu de ces opérations est cependant de taille en ce qu’il s’agit de l’écologie avec le réseau d’assainissement permettant la collecte, l’acheminement et le traitement des eaux usées avant leur rejet dans le milieu naturel. Mais entretemps, le quotidien des automobilistes prend l’allure d’un véritable cauchemar.
L’image des opérateurs de taxis et de voitures de maître, tentant laborieusement de se frayer un passage sur des routes devenues quasi impraticables – et dans d’épais nuages de poussière –, semble être familière sur plusieurs tronçons situés dans le lot 2 du Plaines Wilhems Sewerage Project et ceux des phases 1A et 1B. Face à ce calvaire qui s’éternise, les automobilistes sont visiblement bousculés. « Kot zot finn fouille, inn zis rebouse-li apre. Simin la inn vinn zig-zag ! Depi trwa ans, plisier fwa mo finn sanz amortiser. Sispension pe bizin sanze tou le de mwa », s’indigne Weich Rumjan, taximan et représentant des opérateurs de Rose-Hill auprès de la Taxi Proprietors Union.
Outre les routes exécrables, les automobilistes sont quotidiennement confrontés au supplice des embouteillages et sont engagés dans des labyrinthes interminables compte tenu des déviations routières, qui donnent souvent le tournis. Ces travaux complexes, réalisés dans des milieux urbains denses, ont en effet des impacts directs et inévitables sur la circulation. « Les responsables du projet auraient dû initier des consultations avec les opérateurs et autres usagers pour nous faciliter la tache en ce qui concerne le système de déviation. Nous devons pratiquement rouler deux kilomètres de plus que notre itinéraire initial pour desservir les régions de Camp-Levieux et Plaisance. Nous perdons énormément de temps et nous subissons les embouteillages. Avec les dommages causés sur ma voiture et les kilomètres que je roule en plus, mes profits sont en baisse. J’ai calculé un manque à gagner de Rs 20 000 à Rs 25 000 depuis le début des travaux, en 2008. Kuma dir nou pe zis rann service aster… » peste Weich Rumjan.
Lacunes dans l’infrastructure routière
Pire : lorsque des travaux sont initiés dans la propre rue de certains automobilistes, ces derniers se voient obligés de garer leur véhicule dans les rues avoisinantes. Au risque de se le faire voler. Devant ces inconvénients majeurs, qui viennent grandement perturber le quotidien des riverains, c’est la grogne générale. « Kan ou kit ou lakaz ou ale gramatin sime la bon. Kan ou revini kan inn fer nwar, ou truv li “No Entry”. Nepli koner ki pou fer ar sa… » soupire un habitant de Quatre-Bornes, pour qui la pollution sonore, les chemins boueux et la poussière encombrent les parages de sa maison.
De son côté, le président de l’association Prévention routière avant tout (PRAT), Alain Jeannot, fait part de ses nombreuses appréhensions quant à la sécurité routière dans les régions concernées par les travaux d’excavations. L’homme relève plusieurs lacunes dans l’infrastructure routière découlant de ces travaux. « Les grosses machines utilisées pour les fouilles effacent carrément les lignes de démarcations pour déterminer la priorité des routes. Les automobilistes habitant la région peuvent tant bien que mal trouver leurs repères, mais pour ceux empruntant rarement ces tronçons, ces lacunes peuvent s’avérer très dangereuses ! » fait ressortir Alain Jeannot, qui ne manque pas de souligner que plusieurs rues ne sont pas remises à niveau après avoir subi des travaux importants. « D’autre part, les gravats laissés sur les routes affectent la conduite et peuvent être une véritable source de danger pour les deux-roues. L’on comprend la nécessité du développement écologique pour le bien être national, mais l’aspect de la sécurité routière doit également être pris en considération ! » poursuit Alain Jeannot, avant de conclure que les automobilistes n’ont plus qu’à prendre leur mal en patience.
Nouvelle étape à St-Jean
Les recoupements d’informations effectués à la Wastewater Management Authority (WMA) indiquent qu’à ce stade, aucun problème majeur n’a été relevé et que la circulation, du moins à Quatre-Bornes, demeure fluide malgré les travaux. « Les automobilistes ont coopéré. Il faut aussi comprendre que nous ne pouvons rien faire d’autre que de respecter les étapes. Nous ne pouvons faire de réasphaltage sans que la route ne soit complètement tassée », explique un préposé de l’organisme.
Par ailleurs, les travaux de tout-à-l’égout à Quatre-Bornes ont atteint une nouvelle étape avec des excavations ayant débuté depuis hier sur le côté droit de la route St-Jean, de sa jonction avec l’avenue Surat jusqu’à celle de l’avenue Draper, en direction de La Louise. De ce fait, une voie restera fermée sur ce tronçon pour une durée d’environ six semaines. Selon un haut cadre de la WMA, les autorités ont tout mis en oeuvre pour minimiser l’impact sur la circulation routière et s’attendent à ce que les usagers de la route poursuivent cette collaboration à l’exécution de ce projet d’intérêt national. « Les contracteurs avaient deux options : soit de travailler des deux côtés de la route, soit de travailler au milieu de la route, causant ainsi la fermeture complète de l’avenue St-Jean. La WMA a fait le choix stratégique d’effectuer des fouilles des deux côtés de la route afin de ne pas perturber la circulation », explique-t-il. Ainsi, les travaux d’excavations sur la route St-Jean, qui ont débuté en mars 2012 de l’avenue Surat jusqu’au marché de Quatre-Bornes – en allant vers La Louise –, se poursuivront désormais sur le côté droit. Les travaux comprendront la pose de 280 mètres de tuyaux de 200 mm de diamètre et l’aménagement de sept regards (manholes). Ils seront effectués en deux temps. Lors de la première étape, les fouilles s’effectueront pendant trois semaines sur la route St-Jean de sa jonction avec l’avenue Surat jusqu’à celle de l’avenue Poivre.
La phase 1A achevée en 2014
Dans un deuxième temps, les fouilles se poursuivront sur la route St-Jean de sa jonction avec l’avenue Poivre jusqu’à celle de l’avenue Draper pour une durée de trois semaines. Les travaux de tout-à-l’égout dans le cadre du Lot 2 sont complétés à 85 %. Le projet, au coût d’environ Rs 2,3 milliards, permettra de raccorder au réseau collectif d’assainissement, sur une superficie de 665 hectares, environ 13 000 foyers dans les régions de Quatre-Bornes, Sodnac et Belle-Rose. À ce jour, environ 83 kilomètres de réseaux d’égouts ont été aménagés dans les régions susmentionnées. Les travaux de branchement d’égouts ont été complétés sur environ 8 500 foyers, parmi lesquels 4 500 sont opérationnels. Environ 2 134 regards ont également été aménagés alors que 35 km de conduites d’eau de la CWA ont déjà été installées. Pour le Lot 2, les travaux sont échelonnés sur une période de quatre ans.
Le PWSP est constitué de deux autres phases (1A et 1B). Au coût de Rs 2,8 milliards, la première phase (1A) – qui a démarré en avril 2010 – consiste en l’installation de 103 km de conduites d’égouts auxquels seront raccordés environ 13 000 foyers et le remplacement de 50 km de conduites d’eau de la CWA. Les travaux couvrent 1 478 hectares dans les régions ouest de Rose-Hill et sud-ouest et centrale de Quatre-Bornes. La phase 1A sera achevée vers la fin 2014. La seconde phase (1B) permettra quant à elle de raccorder environ 4 000 foyers dans les régions de Plaisance, Roches-Brunes et Mont-Roches, à l’ouest de Rose-Hill. Environ 41 km de réseaux d’égouts collecteurs et 10 km de conduites d’eau de la CWA seront installés. Pour un coût d’environ Rs 847 millions, ces travaux ont débuté en juin 2009 et seront complétés en septembre 2012.