L’Assemblée des délégués du MMM qui était prévue, hier, a, finalement, été renvoyée à dimanche prochain, 15 mars, en raison des intempéries. Ces assises de l’instance suprême mauve vont se tenir, pour la première fois, sous la nouvelle direction. Le MMM qui vient de perdre, cette semaine, trois de ses députés, en l’occurrence, Jean-Claude Barbier, Joe Lesjongard et Raffick Sorefan, s’emploie, on le sait, à sortir de la crise qui le secoue.
Ajay Gunness, secrétaire général du MMM, réitère qu’il n’est «jamais plaisant» de voir partir des camarades de parti. Ce dernier insiste, néanmoins, sur le fait que le MMM est «un parti discipliné» et qu’il incombe, en conséquence, à chaque membre de «respecter le voeu de la majorité».
L’officiel mauve fait, en outre, la différence entre, d’une part, Jean-Claude Barbier qui a toujours été un militant du MMM pendant de longues années et les deux autres députés démissionnaires MMM, Joe Lesjongard et Raffick Sorefan.
Ajay Gunness rappelle, sous ce rapport, que le député Lesjongard a, d’abord, été président du MSM avant de se joindre au MMM alors que son collègue Sorefan a débuté en politique en tant que maire du PTr pour se joindre, par la suite, aux mauves.
Aussi, pour le secrétaire général du MMM, hormis Jean-Claude Barbier, les deux autres députés démissionnaires participaient pour la toute première fois à des élections internes pour le renouvellement des instances mauves. «Se peut-il qu’ils aient mal accepté ‘l’outcome’ de ces élections internes?», fait remarquer Ajay Gunness.
Si le nouveau secrétaire général du MMM prend ainsi soin de ne pas attaquer inutilement de front les trois députés démissionnaires, indistinctement, une étoile montante mauve, en l’occurrence, Reza Uteem, récemment propulsé au nombre des quatre nouveaux «deputy-leaders» s’est, lui, permis, hier, dans une déclaration à la presse, de qualifier ses trois collègues députés démissionnaires de n’être tous que des «roder bout!»
«Quel ‘bout’ quand j’ai déjà refusé le gâteau?»
Interrogé à ce propos, Jean-Claude Barbier assure que c’est mal le connaître que de croire que sa décision de démissionner du MMM ne serait qu’une question de «al rod enn bout!» Le député du Numéro 1 soutient, à ce propos, qu’il a, en fait, refusé, plus d’une fois, dans le passé, non pas un «bout mais tout le gâteau avec la cerise qui va avec!»
Mis au parfum du commentaire du député Uteem, un militant de longue date du MMM regrette ce qu’il estime être «l’arrogance» du propos du nouveau «deputy-leader». Ce dernier ne manque pas d’estimer que Barbier, «un militant qui a débuté à la base avant de gravir progressivement les échelons», aurait, tout aussi, pu rendre au jeune Uteem la monnaie de sa pièce en questionnant, par exemple, la vitesse Grand V à laquelle il a accédé à d’aussi hautes fonctions au sein du parti mauve…
«Ne serait-ce que dans le cas du camarade Barbier, c’est, forcément, triste de le voir partir», commente, pour sa part, un ancien dirigeant du MMM. Ce dernier explique que si effectivement certains ont, de tout temps, choisi de partir pour des questions d’intérêt personnel, l’on ne peut, quand même, conclure que tous ceux qui, un jour ou l’autre, ont choisi de quitter le MMM sont tous  des «roder bout!».
«Pas plus tard qu’il y a trois mois, il était assez bon pour mériter un ticket qui aurait, tout aussi, pu être attribué à bien d’autres candidats probables et voilà qu’aujourd’hui on décrète qu’il n’est qu’un roder bout!», s’indigne l’ancien dirigeant mauve.
Quoi qu’il en soit, Ajay Gunness insiste que le MMM est «un parti discipliné» et qu’en substance, toute divergence de vue avec celles, officielles, du parti doit être discutée dans le cadre des instances officielles. Notamment, au niveau de l’assemblée des délégués du MMM, instance suprême de ce parti. «Faut-il encore que les militants de base jouent le jeu», commente, à ce propos, un militant de longue date.