La barre des 20 000 inscrits est sur le point d’être atteinte sur Facebook en ce qui concerne la marche populaire prévue pour ce samedi 10 septembre à Port-Louis. L’initiative du mouvement “Wanted : 15 000 jeunes pour sauver notre avenir” prend plus d’ampleur. Une conférence de presse a été organisée ce matin par les principaux animateurs où il a surtout été question « d’éviter toute récupération politique, de quelque bord que ce soit, car il y a eu des tentatives de récupération ! » De plus, ont souligné les membres de cette plate-forme civile, « nos âmes ne sont pas à vendre ! »
« Les politiques sont priés de ne pas venir nous rejoindre, ce samedi 10 à Port-Louis. » Jameel Peerally est catégorique : « Cette marche est pour les Mauriciens qui souhaitent en finir avec les systèmes de corruption qui engendrent les injustices et discriminations. » Havish Gokool poursuit : « Ceux qui sont conscients qu’ils ont eu la même démarche que nous et qui réalisent que quelque part, en cours de route, ils ont faussé le jeu, peuvent venir, dans un souci de rédemption, si on peut dire. »
Les deux hommes sont rejoints dans leurs déclarations par les autres animateurs de la plate-forme civile que constitue le mouvement “Wanted : 15 000 jeunes pour sauver notre avenir”, qui a pris naissance via Facebook il y a quelques semaines. « Nos âmes ne sont pas à vendre, souligne Nilen Vencadsamy. Le message que nous voulons passer aux politiques, c’est que nous en avons assez de tout le système et les pratiques qui ont corrompu les Mauriciens au fil des années. » Dans un même souffle, il poursuit : « Nous n’avons strictement rien à faire avec quelque parti politique que ce soit. Il faut que cela soit bien clair. Comme l’a fait ressortir Jameel Peerally, nous n’avons pris d’argent de personne et ne sommes affiliés avec aucun autre mouvement que le nôtre. » Sur ce même sujet, il ajoute : « Oui, il y a bien eu des tentatives de récupération politique. Tout comme il y a des commentaires qui contestent notre démarche, et d’autres qui peuvent laisser présager des comportements pouvant amener des dérapages, ce samedi, durant la marche. » Mais, rassure-t-il, « nous savons qui sont ces personnes et nous savons comment nous allons agir, en temps et lieu. »
Nilen Vencadsamy poursuit : « Dans un élan de patriotisme, nous demandons à tous les Mauriciens qui en ont marre de la manière de faire de nos politiques de venir nous rejoindre, ce samedi 10 à 11 h au Centre Social Marie Reine de la Paix, à Port-Louis, pour cette marche. Nou pena ni briani, ni bis ni narien pou ankouraz zot vini. Simplement, nous invitons chaque Mauricien à venir exprimer son ras-le-bol en marchant à nos côtés. »
Noor Adam Essack, auteur du manifeste en 20 points du mouvement, est tout aussi direct : « Nous ne sommes pas là pour faire de la politique. Nous n’avons aucune ambition dans ce sens. Tout ce que nous voulons, c’est de donner l’occasion à un groupe de jeunes qui ont des idées, des projets et des compétences, de pouvoir s’exprimer et se positionner. Je suis un vieux routier, j’ai vécu les grèves, les gaz lacrymogènes etc. Ici, nous n’avons aucune prétention à la violence. Il n’y a aucun Che ni de Paul Bérenger dans nos rangs. Nous ne lançons pas un appel à une révolution, mais à une prise de conscience. Notre démarche, c’est que tout le peuple Mauricien descende dans la rue, samedi, comme un seul homme, uni dans une même voix. »
Nilen Vencadsamy revient à la charge, précisant que « notre message s’adresse à la classe politique. Nous leur disons : ASSEZ ! Ceux qui veulent travailler avec nous pour construire une île Maurice meilleure, sans corruption, fraude, scandales de toutes sortes, sont bienvenus. » « Nous sommes ouverts au dialogue », a rappelé Jameel Peerally. Il a conclu : « Dans toute cette démarche, le but est que le peuple Mauricien sorte gagnant ! »
Rendez-vous est donc pris pour ce samedi 10 septembre à Port-Louis. Le point de rassemblement, à 11 h, est au Centre Social Marie Reine de la Paix. Là, les organisateurs communiqueront le trajet et donneront les consignes aux marcheurs présents. Les animateurs de “Wanted : 15 000 jeunes pour sauver notre avenir” rappellent que « ni violence ni alcool ne seront tolérés. Nous aurons notre propre service de vigilance qui travaillera de pair avec les officiers de police. » À l’issue de la marche qui passera par la Place d’Armes avant de converger vers la Place La Cathédrale, les animateurs comptent « faire passer notre message et nos projets. »