Naveena Ramyad, Joanna Bérenger, Alexandre Pougnet, Cindy Clelie et David Sauvage, cinq des six intervenants au débat

« Inondation, quelle stratégie; et gestion de notre littoral, quelle stratégie ? » Ce sont là deux thèmes qui ont été abordés, jeudi, par les représentants de divers partis politiques lors d’un débat organisé par l’ONG Eco Sud au Caudan Arts Centre. Ce fut l’occasion pour eux de faire un état des lieux de la situation et proposer des mesures de protection dans les zones sensibles.

Fabrice David, représentant L’Alliance Nationale, trouve qu’avec le littoral côtier représentant 322 kilomètres, seulement 46 kilomètres, soit 14% du littoral, sont accessibles au public. En sus de cela, une bonne partie de ces plages publiques est rocailleuse. Une perception subsiste dans le public selon laquelle il y a une opacité autour de l’allocation des Pas Géométriques à des promoteurs privés. « Nous, au sein de L’Alliance Nationale, nous allons donner des informations sur ces projets à travers la Freedom of Information Act. Nous avons pris l’engagement d’implémenter cette loi », a-t-il dit. Par ailleurs, le candidat de L’Alliance Nationale a aussi souligné que les Pas Géométriques à Maurice sont calqués sur des plans datant de 1807. Une aberration totale, dit-il, et qu’il faudrait revoir. Et ce lui de poursuivre : « L’état de nos lagons est triste. Nous allons intégrer les ONG dans les prises de position politiques »

Pour sa part, Joanna Bérenger, candidate du MMM, indique que le parti mauve avait ordonné l’arrêt de l’extraction de sable. Le groupe Beachcomber, laisse-t-elle entendre, avait pris la décision d’enlever 800 000 tonnes de sable dans le lagon à des fins de commercialisation. Le gouvernement MMM à l’époque avait commandité un rapport pour stopper le projet, metelle en exergue, tout en ajoutant que ce parti avait également interdit la construction d’un hôtel sur l’île aux DeuxCocos. « Ceci pour vous dire qu’au MMM on n’a pas peur de prendre des décisions stratégiques pour protéger notre environnement. Nous proposons ainsi des centres de traitement des eaux usées pour protéger nos lagons et nappes phréatiques. Nous allons créer des zones marines protégées en collaboration avec les pêcheurs. La Rivers and Canal Act de 1863 sera réactualisée ».

Pour Rajni Lallah, de Lalit, depuis l’an 2000, on avait annoncé la baisse du prix de sucre. Plusieurs gouvernements se sont succédé et il y a eu l’absence d’une politique économique alternative, faitelle ressortir. Résultats, affirme-t-elle, des projets IRS et ERS ont commencé à voir le jour ; en raison d’un manque de vision politique, le littoral du pays est devenu bétonné. En ce sens, elle préconise de remettre la Land Conversion Tax. Et d’ajouter qu’il faudra une réelle volonté au Parlement pour que l’économie et l’écologie fassent cause commune.

Qui plus est, dans le cadre de ce débat, pour Kasmira Banee, de Rezistans ek Alternativ, le littoral du pays est déjà saturé avec les hôtels et bungalows. C’est pourquoi le parti, indique-t-elle, s’est associé au mouvement Aret kokin nou laplaz pour éviter que nos plages soient accaparées par des capitalistes étrangers et locaux. Il faudra mettre un terme à cet accaparement et ce pillage, souligne-t-elle. Alexandre Pougnet, de L’Alliance Lespwar, est d’avis qu’il faut reboiser nos plages. C’est cette végétation qui a permis à l’écosystème de perdurer, fait-il ressortir. Naveena Ramyad de L’Alliance Morisien a affirmé que le gouvernement n’a pas détruit les forêts endémiques ces cinq dernières années. Depuis 2016, 400 000 arbres ont été plantés. Il y a maintenant un plan pour assurer la collecte et la gestion décentes et en 2030 il y aura l’élimination complète de l’utilisation du plastique. Rachèle Bhoyroo et Patrick Yvon ont agi comme modérateurs pour ce débat, qui a aussi vu la participation de David Sauvage et Cindy Clelie de Rezistans ek Alternativ et Lalit.