À l’initiative du groupe Abaim, une association des pratiquants du séga typique a été lancée hier. Cette démarche vise à préserver et disséminer cet héritage culturel dans sa forme authentique. L’association entend discuter avec les autorités pour faciliter la collecte du patrimoine oral et pour une meilleure diffusion de la musique, entre autres.
Inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco depuis 2014, le séga typique mérite d’être préservé dans sa forme authentique. C’est dans cette optique qu’une association des pratiquants a été lancée hier au Jardin de la Compagnie. Pour l’occasion, la ravanne a résonné dans la capitale tandis que des anciens – dont Serge Lebrasse, Marclaine Antoine et Josiane Cassambo – avaient fait le déplacement.
Pour Alain Muneean, la nécessité de préserver et de disséminer le séga typique dans sa forme authentique se fait sentir, ajoutant qu’un seul groupe ne pourrait y parvenir. D’où l’idée d’un regroupement. « L’apport de nouveaux instruments et de nouveaux rythmes risque de dénaturer le séga typique. Il est donc important qu’il y ait une association permettant le partage et la recherche en commun. À la longue, cela pourrait aussi aider à la mise en place d’une troupe nationale », dit Alain Muneean.
Dans un premier temps, deux options ont été identifiées pour atteindre les objectifs. En premier lieu, la diffusion du séga typique à la radio et à la télévision. « Il faudrait peut-être envisager un système de quota. » Ensuite, le regroupement, soit développer un système de collection du patrimoine oral lié au séga typique. « Il y a un travail qui a déjà été fait et beaucoup reste encore à faire. Il y a des morceaux qu’on a pu retrouver. Pour d’autres, il n’en reste que des bribes, il faut donc les conserver. »
L’association compte aller à travers l’île pour être à l’écoute, chercher et collecter ce qui reste encore du patrimoine oral. « Nous espérons obtenir la collaboration des autorités pour cela. L’association se veut être un interlocuteur auprès des autorités et de l’Unesco. » De son côté, l’Abaim compte une école de ravanne, qui existe depuis 30 ans. « L’école est toujours remplie, mais à un certain moment, il faudra une structure formelle. »
Prenant également la parole à cette occasion, Serge Lebrasse a confié avoir pris goût au séga typique en côtoyant Fanfan. Il a salué cette initiative et souhaite que les générations à venir « sachent préserver cette richesse culturelle ». De son côté, Marclaine Antoine a plaidé pour une meilleure considération des artistes. « C’est bien de danser et d’applaudir quand un artiste se produit, mais l’artiste doit aussi faire rouler sa cuisine. L’artiste a besoin d’un statut », a-t-il déclaré.
Des artistes d’expressions diverses avaient également fait le déplacement au Jardin de la Compagnie hier pour exprimer leur solidarité avec ce mouvement. Des sculpteurs et des peintres – dont Nirmala Luckeenarain, Gilberte Natchoo et Fabien Cango – ont réalisé des peintures sur une ravanne sur place. Des tableaux ont aussi été offerts aux doyens.