Dans le cadre de la marche du samedi 10, marquant le passage du virtuel au réel de “Wanted : 15 000 jeunes pour sauver notre avenir”, ses principaux membres se sont rencontrés et concertés cette semaine pour décider de leurs actions futures et immédiates. De ce fait, le mouvement sera désormais connu comme le Kolektif Azir Moris.
Dès le week-end prochain, les principaux animateurs du Kolektif Azir Moris, encadrés de « professionnels et de bénévoles », « descendront sur le terrain, en vue d’aller vers les Mauriciens, surtout ceux se trouvant dans les poches de pauvreté du pays ». Première halte : les banlieues de la capitale, dont « Roche-Bois et des quartiers du nord comme Cité La Limier », précisent Nilen Vencadasmy et Jameel Peerally. « Notre objectif premier, ajoutent-ils, c’est d’aller vers les Mauriciens. Aller à leur rencontre et les écouter !»
« Pas de “canvassing”, comme le font nos politiques », tiennent à souligner nos deux interlocuteurs, soucieux de bien faire ressortir que leur action se démarque de celles qu’ils dénoncent. « C’est important que le peuple comprenne cela. Nous allons vers les Mauriciens, ceux vivant dans les poches de pauvreté de notre pays, pour rendre compte de la situation dans laquelle ils vivent. Nous élaborons actuellement une liste de ces endroits. Nous ne descendons pas sur le terrain pour quémander des votes ! »
Mission : « Écouter ces Mauriciens qui vivent dans des conditions précaires, voire très difficiles. Nous savons, de manière générale et dans les grandes lignes, les problèmes qu’ils rencontrent. » « Mais là, souligne Jameel Peerally, nous voulons aller dans les détails, sonder le fond des choses et relever les différentes problématiques de ces personnes. Les recenser. Les lister. Rendre compte de leurs souffrances et de ce dont ils ont cruellement besoin. »
Cette étape terminée, les animateurs du Kolektif Azir Moris comptent « faire un relevé de tous ces problématiques sous la forme d’un document, soit en écrit, soit en faisant un film document que nous réaliserons avec l’aide des professionnels de l’image qui vont nous accompagner », explique Nilen Vencadasmy. Ce document servira d’appui « pour faire état des problèmes qui rongent une grande frange de la population mauricienne ».
Le Kolektif Azir Moris envisage d’« envoyer le document aux autorités concernées, dont au Prime Minister’s Office (PMO), dans un souci d’attirer l’attention de ceux étant au pouvoir ». Ce document, nous revient-il, sera aussi remis à différents partenaires : « media, ONG, partenaires pouvant donner un coup de main dans ce combat que nous allons tous mener ensemble ».
« Avec le soutien de professionnels qui, nous le souhaitons, viennent nous rejoindre et mettre à profit leurs compétences et savoir-faire, nous allons élaborer des débuts de réponses et de solutions aux problèmes identifiés. Et ces éléments seront inclus dans le document », explique Jameel Peerally.   « Nous n’avons pas de solutions magiques ni de solutions tout prêt à offrir. Nous allons évidemment discuter ensemble de ce qui semble le plus adéquat, le plus efficace et le plus raisonnable pour venir à bout de ces problèmes. Et, dans le cas où les autorités ne prendront pas en ligne de compte nos suggestions, nous ferons pression… Nou va azir ! »
De ce rôle de “chien de garde” ou de “groupe de pression social”, le Kolektif Azir Moris compte bien le remplir pleinement. « Kan nou dir nou pou azir, se nou pou konsyantiz lepep Moris lor lampler problem, ki gouvernma pa le fer narien byen ki solysion existe ek nou va redesann dan lari pou denons sa ! »
Durant les six prochains week-ends, les animateurs vont consacrer leur temps libre « aux Mauriciens des quatre coins de l’île ». Nilen Vencadasmy indique : « Nous sommes conscients que le temps va nous faire défaut. Nous avons un travail colossal à abattre en très peu de temps ! » En effet, relève-t-il, « nous avons prévu une mobilisation populaire dans quelques semaines. En parallèle, il nous faut préparer le peuple, lui rendre compte de notre démarche et de nos actions pour qu’il soit à nos côtés lors des prochaines activités ».
Nilen Vencadasmy précise : « Dans le sillage de la marche du 10 septembre, nous avons eu beaucoup de critiques concernant la composition de la foule… Nous sommes ouverts aux critiques et nous allons concentrer nos efforts afin que toute l’île Maurice se réconcilie sous une même bannière. »
Durant ces prochaines semaines, ajoute l’animateur, « il y aura le jugement du Privy Council concernant la déclaration de l’appartenance ethnique comptant ou pas aux élections générales. Je ferai personnellement le voyage. Au collectif, nous comptons faire coïncider la prochaine mobilisation avec les retombées de cette affaire. »