L’enquête judiciaire sur les inondations du 30 mars 2013, qui ont fait 11 victimes, s’est poursuivie hier avec l’audition du directeur adjoint de la Météo, Rajan Mungra. Ce dernier devait indiquer que les prévisionnistes ne s’attendaient pas à de telles averses provoquant ces inondations meurtrières, ajoutant qu’il n’y avait toujours pas de marche à suivre concernant les “flash floods”.
L’enquête judiciaire, présidée par la magistrate Ida Dookhy-Ramburrun, a vu le témoignage du directeur adjoint de la Météo, Rajan Mungra. Celui-ci a ainsi déclaré en Cour qu’il n’y avait pas de procédure prévue concernant les “flash-foods”, qui ont causé la mort de 11 personnes dans la capitale le samedi 30 mars 2013. Selon lui, il revenait au directeur de donner ses instructions afin que des initiatives soient prises. Or, ce jour-là, ce dernier est arrivé d’urgence à la station Météo à 14h.
Rajan Mungra a par ailleurs présenté en Cour des cartes synoptiques concernant le jour du drame. Il en découle que, vers 10h du matin, le ciel était clair et que ce n’est que vers midi que les images satellitaires ont montré une forte concentration de nuages se développant près du plateau central et sur la côte Sud–Sud-Ouest. Questionné par la poursuite sur le fait qu’aucun avertissement n’ait été émis avant 13h alors que la station Météo avait pris connaissance de développements importants de nuages sur l’île, Rajan Mungra devait répondre que la station météorologique ne pouvait émettre d’avertissement pour le public tant qu’elle n’avait pas reçu suffisamment d’informations. Et d’ajouter que la station ne s’attendait pas à de telles averses ce samedi 30 mars. L’idéal, concède-t-il cependant, aurait été d’informer le public pour que des mesures de précautions soient prises. Le directeur adjoint devait par ailleurs soutenir qu’une fois l’acquisition d’un nouvel équipement, en 2015, les prévisionnistes seront plus en mesure de faire face à une telle situation. « Le nouveau radar qui sera installé nous permettra de couvrir un espace bien plus large et nous serons plus en mesure d’entrevoir la violence des averses en examinant de plus près les nuages », a-t-il affirmé.
Rajan Mungra s’est par la suite penché sur le changement de climat et du fait que le “pattern of rainfall” à Maurice a changé. Il devait soutenir que les pluies d’été prévues en décembre et en février, où une forte pluviométrie est ressentie, ne viendraient pas à temps. C’est en mars, dorénavant, que les fortes pluies se font ressentir.