Une enquête judiciaire a été instituée en Cour de district de Port-Louis hier après-midi pour faire la lumière sur les circonstances entourant la mort de 11 personnes dans le sillage des inondations du 30 mars 2013 à Port-Louis. Quelque 121 personnes ont été assignées à comparaître en tant que témoins lors des travaux de cette instance, instruite par le DPP, agissant en vertu des sections 111 et 112 de la District and Intermediate Courts (Criminal Jurisdiction) Act. Il est à souligner qu’il n’y a pas, devant une telle enquête judiciaire, ni d’accusation ni de partie de la défense.
Rappelons que les personnes suivantes ont trouvé la mort lors des inondations : Sylvie et Jeffrey Wright (mère et fils), Amrish et Trishul Tewari (deux frères), Keshav Ramdharry, Vikash Koosye, Vincent Lai, Ravidranath Bhobany, Stevenson Henriette, Retnon Sithanen et Christelle Moorghen.
Les deux premières victimes faisaient partie de la famille propriétaire du premier lieu de ravitaillement qui se trouvait dans le tunnel alors que les quatre personnes suivantes s’occupaient, elles, du deuxième point de vente, dont le responsable était Keshav Ramdhary.
Retnon Sithanen se trouvait chez lui, rue Sookdeo Bissondoyal, lorsqu’il a été emporté dans un éboulement à l’arrière de sa maison. Son cadavre a été retrouvé un kilomètre plus loin. Stevenson Henriette, lui, occupait une maison de la NHDC, à Baie-du-Tombeau. Le corps de cet éboueur de 32 ans a été retrouvé sous le pont de la succursale de KFC, à La Chaussée.
Le cadavre de Fan Lan Wong Tai Chong Lai, plus connu sous le nom de Vincent Lai, a pour sa part été repêché le lendemain des pluies dans les eaux boueuses de l’aire de stationnement du Harbour Front. L’homme, qui habitait Coromandel, travaillait dans le magasin familial, qui se trouve dans le même bâtiment, et cherchait à regagner sa voiture lorsqu’il s’est retrouvé piégé par les eaux. Idem pour Ravindranath Bhobany, qui habitait Rivière-du-Rempart et qui, lui, travaillait à la Barclays Bank. Quant à Christelle Moorghen, une habitante de Canal Dayot, elle a été prise d’un malaise au plus fort des inondations alors qu’elle se trouvait chez elle. La circulation étant alors impraticable, il était impossible de la transporter à l’hôpital ou de faire appel au SAMU.
Parmi les témoins se trouvent des officiers responsables de la Caudan Security Services, mais aussi de la State Property Development Company (SPDC), de la Road Development Authority (RDA), de General Construction et du Mauritius Turf Club (MTC), entre autres. Seront également présents des proches des victimes ainsi que des personnes qui se trouvaient avec ces dernières au moment du drame.