Ce dimanche 30 mars, cela fera un an que sont décédés Sylvia Wright et son fils Jeffrey, Keshav Ramdharri, les frères Amrish et Trishul Tewary, leur cousin Vikesh Khoosye, Simon Henriette, Rabindranath Bhobany, Vincent Lai Kin Wong Tat Chong, Retnon Navin Sithanen et Christabel Mooghen. Les dix premiers ont péri dans la « flash flood » qui a frappé Port-Louis le samedi 30 mars 2013. Christabel Moorghen, elle, a été emportée par une crise cardiaque après avoir vu des trombes d’eau engloutir sa maison, à Canal Dayot. Un an après, la colère anime toujours les proches et parents de ces 11 victimes. Bien que le procès initié par le DPP démarre le 21 avril prochain, la majorité des parents des victimes du 30 mars 2013 demeurent sceptiques… « Qu’est-ce qui a été fait de concret pour éviter qu’une autre “flash flood” ne fasse d’autres victimes innocentes ? Quelles mesures ont été prises tant par le gouvernement que par les autorités et compagnies concernées pour mettre à jour les failles de gestion et les éventuelles négligences ayant coûté la vie à nos proches ? Rien ! À ce stade, un an après la disparition des nôtres, nous en sommes toujours à la case départ », s’insurgent Allan Wright, Rashna Ramdharri et Vinod Khoosye. D’autres, comme Marie-Hélène Henriette et Véronica Lai, regrettent d’avoir été « relégués aux oubliettes », ajoutant : « Pendant quelques jours, la tragédie qui a frappé nos familles a suscité un élan d’humanité et de solidarité. Mais quelque jours plus tard, nous nous sommes retrouvées seules et, surtout, sans soutien et sans moyens financiers pour subvenir aux besoins du quotidien. Où sont passés les mécènes qui avaient promis de nous aider ? ». La jeune Jenita Bhobany, fille unique de Savita et de feu Rabindranath Bhobany, témoigne, pour sa part, de son courage à reprendre une vie normale : « Il n’y a pas un jour sans que nous pensions et pleurions mon père. Mais ma mère et moi n’avons que nous-mêmes pour nous soutenir. C’est ce qui me donne la force de lui faire un sourire et lui cacher mes larmes. Parce que si je baisse les bras, qui sera là pour elle ? ». Aujourd’hui, samedi 29, une prière interreligieuse sera dite à Grand-Bassin en hommage aux victimes du 30 mars 2013, mais aussi à celles de l’accident de la CNT, à Sorèze, le 3 mai dernier. Demain, un dépôt de gerbes au monument du Caudan Waterfront ponctuera cette tragique journée. Rencontre avec quelques proches et parents des victimes des inondations.