• Barlen Vyapoory (président de la République par intérim) : « Personne n’est responsable : c’est le changement climatique qui est en cause »

Après le Premier ministre l’an dernier, c’était au tour du président de la République par intérim, Barlen Vyapoory, d’être présent hier au Caudan aux côtés des parents des victimes des inondations meurtrières du 30 mars 2013, le temps d’une prière et d’un moment de recueillement.

Plusieurs des parents des 11 victimes ont profité de l’occasion pour lancer un énième appel au gouvernement. « Nous avons à peine de quoi survivre. Si l’État nous donnait une aide sociale régulière, elle serait la bienvenue », disent-ils.

Les proches et parents des 11 victimes des inondations meurtrières qui ont frappé Port-Louis, ce tragique samedi 30 mars 2013, soutiennent que « nous ne demandons pas une somme astronomique ».

Ils ajoutent : « Juste de quoi subsister et suppléer nos pensions. Nou pa resi zwenn le de bout… Nou ena zanfan ki pe grandi. Zordi zour na pa kouma avan. Ils ont des besoins différents et nous ne pouvons y subvenir à tous. »

Sylvia et Jeffrey Wright, Keshav Ramdharri, les frères Amrish et Trishul Tewary, leur cousin, Vikesh Khoosye, Simon Henriette, Rabindranath Bhobany, Vincent Lai Kin Wong Tat Chong et Retnon Navin Sithanen sont les Mauriciens qui ont péri dans ces terribles “flashs floods”.

Une petite cérémonie de prières et de recueillement s’est tenue hier à la stèle commémorative, sise auprès de l’entrée sud du tunnel menant au Caudan. S’agissant de la compensation de Rs 300 000, offerte à un certain moment par l’État, ces parents font expliquent : « Nous n’avons pas tout dépensé d’un seul coup, mais c’est l’argent que nous utilisons pour justement subvenir aux besoins des familles. Mais cet argent est dépensé, il ne dure pas éternellement. »

D’où leur appel : « Nous implorons le gouvernement de nous donner une petite aide sociale. Juste de quoi faire vivre décemment nos familles. »

L’an dernier, Pravind Jugnauth avait souhaité être présent aux côtés des familles des 11 victimes des inondations de 2013. Cette année, c’est Barlen Vyapoory qui était au Caudan. « Depuis quelques années, Maurice a été frappée par plusieurs “flashs floods” et cyclones violents. Nous n’avions jamais été préparés à ça ! C’est le changement climatique qui veut cela. Personne n’est fautif dedans », a-t-il dit, rappelant aux parents que « je suis de tout cœur avec vous dans cette souffrance ».

Le président de la République par intérim leur a également lancé une invitation. « C’est une initiative que nous saluons », a déclaré Alan Wright, porte-parole des parents.

Par ailleurs, interrogés sur l’affaire qui est actuellement en cour, ces proches et parents ont souhaité que « l’on nous donne des indications précises ». Ils poursuivent : « On n’en peut plus avec ces renvois successifs. Nous avons besoin de faire notre deuil et d’avancer dans la vie. Qu’on en finisse au plus vite ! »

Ils ont également fait part de leur souhait « de clôturer l’espace, où se trouve la stèle commémorative, et d’avoir un service d’entretien régulier ». Une requête en ce sens a été faite au Lord-Maire, Daniel Laurent, également présent à la cérémonie hier.


 

Les écoles primaires publiques sensibilisées

« L’Ombudsperson for the Children, Rita Venkatasamy, a sollicité mon concours depuis l’an dernier », explique Alan Wright. Il ajoute : « Elle a souhaité que l’on démarre une série d’interventions destinées à conscientiser élèves et enseignants sur l’importance de ne pas jeter les ordures n’importe où. » En effet, dans le cadre d’une “anti-littering campaign”, Alan Wright a animé une série de causeries et d’ateliers de travail « avec des enseignants des écoles primaires ».

À leur tour, dit-il, ils ont conscientisé leurs élèves, qui, eux, en ont parlé à leurs parents. Pour notre interlocuteur, « il est clair que nous devons éduquer convenablement nos plus jeunes pour que, en grandissant, ils développent les bons gestes et les bons réflexes ». Alan Wright indique que « je sais que les écoles primaires publiques ont été touchées par ce programme ». Il poursuit : « En revanche, je ne sais si les institutions du privé et confessionnelles en ont fait de même… » Alan Wright a aussi animé des sessions « dans des centres communautaires, des réunions politiques, et autres… « Je le fais à chaque fois qu’il y a la demande », dit-il.