La mentalité mesquine ne cesse de nous étonner et de dépasser l’entendement humain. L’hypocrisie pervertit l’acte de foi et met en péril l’harmonie sociale.
Le gouvernement cherche à comprendre. Il met en place des mesures d’accompagnement et des comités d’urgence pour la reconstruction du pays. À aucun moment, il remet en question la compétence ou l’expertise de certaines personnes qui sont responsables des aspects techniques qui ont provoqué le drame humain. Doit-on attendre encore longtemps les conclusions de l’enquête de la police pour que des têtes tombent ?
L’opposition pour sa part mise sur la détresse des familles victimes et des sinistrés pour renforcer ses stratégies sur l’échiquier politique. Pourquoi n’a-t-elle pas essayé de voler au secours des personnes sur lesquelles se sont abattues le terrible désastre ? Pourquoi retourner le couteau dans la plaie quand on peut minimiser l’intensité de la douleur ? On parle tout bas alors qu’on peut clamer haut et fort à qui est imputée la faute : la méprise des risques, l’arrogance politique et la réputation orgueilleuse.
La nation mauricienne est reconnue pour sa légendaire solidarité et sa proverbiale générosité. Toutes les composantes de la société mettent la main à la pâte pour apporter un bol d’oxygène aux sinistrés. Un geste patriotique qui traduit la symbolicité du drapeau quadricolore de la République de Maurice. Toute la machinerie humaine est en branle pour un coup de neuf. Le pays ne mérite pas de s’endormir à l’heure d’une calamité qui pourrait entraîner des dommages collatéraux. Les épidémies et autres contaminations ne sont pas à écarter.
Le gouvernement et l’opposition doivent avant tout s’unir pour reconstruire le pays. Ils ne doivent pas se regarder en chiens de faïence pour tout détruire en tirant un capital politique des inondations meurtrières du samedi 30 mars. Les onze personnes qui ont péri dans cette tragédie sont la conséquence d’une chaîne d’instances décisionnelles appauvries d’expertise appropriée. On se tire dans les pattes, on se renvoie la balle mais on assume pas sa responsabilité. Nous avons un cran de retard sur les technologies pointues des pays voisins. Il faut combler les lacunes.
Le Premier ministre, qui tente tant bien que mal de colmater son navire inondé de critiques, rassure la population avec son discours mi-figue, mi-raisin. L’opposition réclame la bonne gouvernance, fustige le laxisme des autorités et dénonce la démagogie du régime en place. Mais l’opposition n’est-elle pas un partenaire national dans les avancées et la reconstruction socio-économiques de Maurice ? Un brin de réflexion, une marge de manoeuvre réfléchie et une vision de vivabilité à long terme pourraient minimiser les dégâts matériels et les pertes humaines. Nous demandons l’unisson pour consolider la démocratie. « United we stand, divided we fall. »
Le Caudan Waterfront à Port-Louis, qui projetait l’image esthétique et l’art conceptuel, nous laisse désormais d’atroces souvenirs impérissables. Toute l’architecture est réduite à ce qu’il convient d’appeler l’incompétence meurtrière. On parle d’accumulations d’eau mais on ne prévoit pas une bonne canalisation pour l’évacuation des eaux de pluie. La question qui revient sur les lèvres : la part de responsabilité des experts à l’heure des décisions techniques ? Les funérailles des victimes ont eu lieu avec un goût amer à la bouche et de l’amertume dans le coeur. Espérons que la leçon est à prendre avec une certaine mesure de conscience professionnelle.             
Le gouvernement a un contrat à remplir : valider la pertinence des décisions. L’opposition est supposée de veiller au grain mais pas de cautionner pour ensuite critiquer. Une mission dans un consensus général pour des solutions durables. À bas l’amateurisme, chapeau bas au professionnalisme.