Amiirah Atiya Noor Aubdool a 12 ans. Cette étudiante qui fréquentait l’établissement scolaire Muslim Girls a fugué pour la troisième fois le 15 mai dernier et n’a, depuis, plus donné signe de vie. Son père, Mamad Aubdool, âgé de 54 ans, ne sait plus à quel saint se vouer et implore sa fille de regagner le toit familial. Selon lui, c’est le petit ami de sa fille, un adulte, qui a entraîné sa fille « sur un mauvais chemin », a-t-il déclaré à Week-End.
« Si tu lis cet article, reviens à la maison. Ce chemin que tu as décidé de prendre te conduira à la mort. Reviens à la maison ». C’est le cri du coeur lancé par Mamad Aubdool à sa fille Amiirah. La famille Aubdool est sans nouvelles d’elle depuis déjà six longues semaines et ne sait plus à quelle porte frapper. Vendredi, lorsque Week-End l’a interrogé Mamad Aubdool lâchait sans ambages: « Je ne sais même plus si ma fille est morte ou si elle est encore en vie. C’est pour vous dire à quel point je crains pour sa vie. Si elle est encore vivante, elle court un grand danger », insiste-t-il.
Etudiante en forme II, Amiirah avait un bel avenir devant elle. Mais elle a décidé, selon son père, de s’amouracher d’un homme, majeur de surcroît. Et depuis, la famille toute entière vit un véritable cauchemar. Amiirah fugue une première fois le 13 février. La police devait la retrouver une première fois après une semaine environ. Des suites de sa première fugue, Amiirah est admise à l’hôpital Brown Sequard pendant 13 jours. « Child Development Unit ti trouver so latet ti impe fatiguer lerla », précise Mamad Aubdool.
Mais les déboires de la famille ne s’arrêtent pas là. Amiirah fugue une deuxième fois le 27 avril dernier. Sa fugue ne durera également pas longtemps. Mais elle récidive une troisième fois le 15 mai. Et depuis, c’est l’angoisse. Mamad Aubdool lance un appel pressant à la population : « Si quelqu’un voit ma fille, qu’il contacte la police au plus vite. Si quelqu’un a des informations à l’effet que des personnes hébergent ou cachent ma fille, il faut dénoncer au plus vite. » Il affirme avoir eu des informations à l’effet qu’elle se cachait chez son petit ami et avait été sur place afin de vérifier ces informations. « Seki finn arriver lerla, li simple. Ena dimunn ki finn vinn bat moi. Mo koner ki sa zom ki mo tifi trouver la ki finn avoy dimunn pu bat moi. Mo finn gayn menaces verbales ek par SMS aussi. Mo finn denonce tout sa la ar la polis », a-t-il dit. Mais jusqu’à présent, aucun résultat probant…
Mamad réitère les conseils qu’il aura donnés à sa fille tant qu’elle vivait sous son toit : « Tous ces conseils, souviens t’en Amiirah. Je t’ai donné ces conseils pour ton bien. Réfléchis à mes conseils. Tout hors-la-loi a des comptes à rendre à la justice. Si tu persistes sur cette voie, ta vie sera en danger, si ce n’est pas déjà le cas. »
Mamad Aubdool lance aussi un appel pressant au ministre des Droits des Enfants, Sheila Bapoo, ainsi qu’aux membres de la CDU: « Il y a beaucoup de cas qui ne sont pas rapportés à la police. Il vaut mieux prévenir que guérir. Il faut durcir les lois afin de protéger les enfants et les mineurs, et sanctionner beaucoup plus sévèrement tous ceux qui font du mal ou qui portent atteinte à l’intégrité des enfants. Je pose aussi la question suivante: pourquoi les enfants et les mineurs victimes ne sont pas soutenus en cour par la présence de l’Ombudsperson for Children à leurs côtés ou d’un membre de la CDU? Ne serait-ce que de se sentir soutenu durant une aussi dure épreuve est un réconfort… »
En attendant anxieusement des nouvelles de sa fille, Mamad ne cesse de faire le pied-de-grue aux Casernes centrales, à l’affut de toute information émanant de la part de la police…