Au cours de la période couvrant 2012 à 2015, la production vivrière a enregistré une nette régression. Ainsi, en 2015, la communauté agricole avait produit 83 004 tonnes de légumes, excluant les fruits, représentant la production la plus faible avec 96 790 en 2012. Pourtant, les schemes et les programmes de subvention en vue de donner « a significant boost to both crop and livestock sector » n’ont pas manqué. De janvier 2013 à juin 2016, le gouvernement avait budgétisé Rs 278,8 millions pour encadrer les efforts des planteurs. Toutefois, moins de la moitié de ces allocations a été déboursée.
Le volet du rapport de l’Audit intitulé Boosting Food Crop Production se concentre sur la production de pomme de terre, d’oignon et d’ail, et la performance n’est guère encourageante. Le niveau d’autosuffisance a connu une baisse dramatique pour la pomme de terre qui passe de 95% en 2012 à 58% en 2015, celui des oignons de 49% à 39% au cours de la même période et la production locale de l’ail stagnant à 5%. En plus, cette production reste en deçà des objectifs définis par les autorités.
 « This was contrary to the objective set by the Government in the FSSP 2013-2015 which was to increase self-sufficiency of onion and garlic to 50 and 10 per cent respectively. As far as potato was concerned, no self-sufficiency target was set », rappelle le rapport de l’Audit. En principe, la production de la pomme de terre devait augmenter de quelque 5 000 tonnes additionnelles. Mais entre 2012 et 2015, elle a chuté de 20%, de 20 442 tonnes à 16 427 tonnes. Un des facteurs expliquant cette baisse est la réduction de superficie sous culture de 876 hectares à 707 hectares.
 En vue de satisfaire la demande annuelle de quelque 30 000 tonnes pour ce féculent, le gouvernement a dû avoir recours à des importations de 14 065 tonnes coûtant Rs 384,5 millions en 2015, alors qu’en 2013, 8 472 tonnes avaient été importées.
 Le tableau n’est guère différent pour la culture d’oignon. Le production target de 8 000 tonnes pour 2015, équivalent à 50% de la consommation locale, n’a pu être atteint car la récolte n’avait donné que 6 898 tonnes. « Government recognised that the accompanying measures provided to planters, such as OSPS and the curing facilities during 2008-2011 did not assist fully in increasing the volume of production. Moreover, unavailability of land and insufficient financial support for the purchase of light machinery to mechanise onion production constrained the expansion of this sector », reconnaît l’Audit.
 Pour remédier à ce manque, les importations d’oignon ont augmenté de 14% entre 2012 et 2015, soit 10 942 tonnes en 2014 et 10 859 tonnes en 2015, avec la facture passant de Rs 129 millions en 2012 à Rs 223 millions en 2015.
 Performance en dents de scie pour l’ail. En 2015, la production n’a été que de 85 tonnes, notamment le plus bas niveau de ces cinq dernières années, alors que l’objectif était de 200 tonnes. 2014 avait vu un sursaut avec une production de 162 tonnes. Quasiment, chaque année, Maurice doit importer une moyenne de l’ordre de 1 600 tonnes d’ail.
 Un des facteurs déterminant dans le domaine agricole reste la disponibilité de terre à cultiver. À titre d’exemple, le rapport de l’Audit met en avant le fait que « in previous years, any increase in land harvested had a direct impact on production. In 2011, potato production increased by 45 per cent, that is, from 14,868 tonnes in 2008 to 21,561 tonnes in 2011, partly as a result of an increase in area under potato cultivation from 648 hectares in 2008 to 1,010 hectares in 2011 ». Or, de 2012 à 2015, la superficie plantée en pomme de terre a régressé de 876 hectares à 597, avec un rendement stagnant à 23 tonnes à l’hectare.
 Dans cette perspective, le MSPA Deal sur les 2 000 arpents de décembre 2008 assume toute son importance. L’accord initial entre le gouvernement et l’industrie sucrière avait prévu un millier d’arpents pour le secteur agricole, dont 727 consacrés à la culture vivrière. Ce chiffre fut porté à 1 200 arpents en mars 2013. Mais en juin de l’année dernière, le gouvernement n’avait obtenu que 722 arpents, dont 536 pour les besoins de la production vivrière.
 « The delay in obtaining land for onward distribution to planters, among other factors, is having a negative impact on production. We were made to understand that, all the MSPA land earmarked for agricultural purposes would be obtained by the end of December 2017 », concède l’Audit en guise de consolation.