À peine le nouveau gouvernement mené par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, installé, le secteur privé est appelé à se mettre à contribution. Ainsi, le ministre des Finances et du Développement économique, Vishnu Lutchmeenaraidoo, a transmis un premier message à peine voilé aux membres du Joint Economic Council (JEC) au sujet de la compensation salariale, qui doit être payée à compter du 1er janvier prochain. Le gouvernement a exprimé le souhait que le secteur privé fasse un effort supplémentaire quant au quantum de compensation salariale décidé lors des dernières consultations tripartites tenues à la veille des élections générales du 10 décembre.
Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien à la mi-journée dans des milieux concordants indiquent que le montant privilégié à l’hôtel du gouvernement est que le plancher de Rs 400 soit relevé à Rs 600. La fourchette de la compensation décidée par le précédent gouvernement Ramgoolam était de Rs 400 à Rs 800. Le coût de cette compensation était de quelque Rs 3 milliards pour le secteur privé. Néanmoins, aucune des sources officielles approchées n’a voulu confirmer ou infirmer ce détail tout en confirmant le voeu exprimé par le gouvernement d’une révision du minimum de Rs 400 pour les salariés touchant moins de Rs 10 000 par mois.
Depuis hier, les consultations entre les responsables des différents secteurs économiques ont connu une accélération en vue de décider de la marche à suivre face à cette demande officielle du gouvernement au lendemain de son entrée en fonctions. Les représentants du secteur privé, interrogés par Le Mauricien, évitaient de se prononcer directement sur cette révision du barème de la compensation salariale.
« We will discuss and explain our position. Il faut en discuter. It’s all a question of balancing act », a déclaré une source autorisée du secteur privé sans entrer dans les détails. En tout cas, cette question de la révision de la compensation salariale devait faire l’objet cet après-midi d’une séance de travail à l’hôtel du gouvernement sous la présidence du Grand Argentier avant que la version revue et corrigée de The Additional Remuneration Bill avec le nouveau barème, soit présentée à l’Assemblée nationale pour adoption dès la semaine prochaine.
Les deux partenaires sociaux, le gouvernement et le secteur privé, qui se rencontrent pour la première fois cet après-midi, en l’absence des représentants des syndicats, devront parvenir à tout prix à un accord vu que le temps presse. Et ce ne sera pas la première fois que le secteur privé est mis sous pression depuis la proclamation de la victoire électorale de l’Alliance Lepep. Dès samedi, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, et le ministre des Finances ont signé un communiqué enjoignant l’industrie sucrière à payer à tous les grévistes les huit jours d’action syndicale à la veille des dernières élections générales. À ce jour, la position du gouvernement sur cette question est qu’une demande a été formulée et que l’hôtel du gouvernement s’attend à voir une traduction dans les faits sans nul autre procès.