L’Indian Ocean Dental School and Hospital (ex-Mauras College of Dentistery), située à Arsenal, est confrontée à de nouveaux problèmes financiers entravant le bon déroulement des cours. Des employés n’ayant pas obtenu leurs salaires depuis plusieurs mois ont exprimé leur colère vendredi dernier en refusant de travailler. Les 13 étudiants sont alors rentrés chez eux plus tôt que prévu et, depuis ce jour-là, ils n’ont pas eu de cours. Ils sauront lundi matin, lors d’une réunion convoquée par la direction, si l’école continuera à fonctionner. La TEC suit cette affaire de près et a averti les responsables de l’établissement qu’elle sera intransigeante sur le respect des procédures.
Sur une feuille de papier collée sur la porte d’entrée de l’Indian Ocean Dental School and Hospital était inscrit hier matin : « This is to inform general public that the college is closed till further notice. » Pendant ce temps, un chien garde sagement l’entrée du bâtiment. Un employé présent nous a confirmé l’arrêt des cours, mais n’est pas autorisé à en donner les raisons. « There are some salary problems », a néanmoins confié ce ressortissant indien après hésitation.
D’habitude, les cours ont lieu du lundi au samedi et tôt, samedi dernier, les étudiants (dix en “internship” et les autres en quatrième année de formation) ont reçu un message les informant qu’il n’y avait pas cours ce jour-là et qu’ils seront avisés de la reprise. Ces aspirants-dentistes ainsi que leurs parents ont été convoqués à une réunion prévue lundi avec la direction de l’établissement. « La personne qui nous a appelés ce matin (Ndlr : hier) nous a dit de régler lundi les frais pour la prochaine année universitaire », révèle un élève. Ces jeunes sont arrivés presque au bout de leurs cinq années d’études et ne souhaitent pas affronter des changements majeurs qui auraient des conséquences fâcheuses sur cette formation professionnelle.
Outre le refus vendredi dernier d’un groupe d’employés de travailler, six ressortissants indiens occupant des postes à responsabilités au sein de l’Indian Ocean Dental School ont dénoncé, dans une lettre envoyée la semaine dernière aux Premiers ministres mauricien et indien, le non-paiement de leurs salaires sur une très longue période. Parmi eux se trouvent un chirurgien-dentiste, trois chargés de cours, un Dental Technician, un ancien chargé de cours et un ancien Administrative Officer. La direction de l’école leur doit plus de Rs 2 M.
Ces six employés racontent qu’Anup Mohan Johri, Chairman et directeur de R. F Gandhi A. K. T Ltd (propriétaire de cette école dentaire), depuis son entrée en fonction en 2013, ne rate jamais une occasion de parler de problèmes financiers de la compagnie au personnel. Il affirme à chaque fois que ces problèmes « will be resolved very soon ». Ils lui ont fait confiance après ces paroles rassurantes, disent-ils, en travaillant ces deux dernières années « professionnally and diligently », même s’il y avait du retard dans leurs salaires.
Cependant, la période prolongée de non-paiement des salaires les a cette fois-ci fait réagir. Ces personnes racontent avec force détails dans cette lettre en date du 9 octobre, les démarches vainement entreprises auprès d’Anup Mohan Johri pour obtenir leurs dûs. « On various occasion we have requested M. Johri to clear our dues but all our prayers fell on deaf ears. Now, it has been 1 year for some staff and 4-5 months for other staff that our salaries have not been paid by him », témoignent les signataires. Ils n’ont eu aucune réponse positive à leurs nombreuses lettres de rappel à M. Johri. Ils ajoutent que certains ont déjà « cry in front of him » parce qu’ils n’ont plus d’argent pour se nourrir. Le directeur leur donne alors « a subsistance sum ».
Ces employés soulignent aussi leurs responsabilités familiales : certains d’entre eux sont en effet mariés et ont des enfants à charge tandis que d’autres doivent rembourser des prêts bancaires ou subvenir aux besoins de leurs parents, en Inde. « Our parents are dependent on our salaries for survival. » Ils ont accepté de venir travailler à Maurice, expliquent-ils, parce que le pays présentait de bonnes perspectives professionnelles et, en outre, ils étaient sûrs d’avoir un « safe and secure future » pour eux et leurs familles. « We never thought that coming here and working here, for the betterment of the students and health of the patients ot this beautiful country would put our lif and our family into this big crisis », ajoutent ces employés de l’Indian Ocean Dental School dans cette correspondance.
Ils font part aussi de leur déception par rapport à la réponse négative obtenue au bureau du Travail. Les officiers de ce département leur ont dit que leur contrat d’embauche n’est pas couvert par la législation du travail. « We are so financially broke and demoralised », disent ces professionnels en lançant un appel au Premier ministre pour les aider « to come out of this critical situation ». Ils terminent leur lettre en disant que l’environnement qui prévaut dans cette école dentaire, à Arsenal, ne répond pas aux conditions nécessaires pour faire de Maurice un « Educational hub », comme c’est prévu par le gouvernement.
Les signataires ont envoyé une copie de leur plainte à pas moins de 14 autorités à Maurice et en Inde, dont la présidente de la République à Maurice, le High Commissioner of India, les ministres des Affaires étrangères, la ministre de l’Éducation à Maurice, les ministres des Finances, le directeur de la Tertiary Education Commission, le Board of Investment, l’ICAC et le Registrar of Dental Council of Mauritius.
Le Mauricien a essayé d’obtenir une réaction du directeur de R.F Gandhi A.K.T durant la journée d’hier, mais nous n’avons pu le joindre personnellement. La personne qui a répondu à nos appels sur le fixe et le mobile de M. Anup Mohan Johri nous a toutefois promis qu’elle lui transmettrait nos messages.