Kisnah Ramma est l’un des rares à faire rebondir et glisser les deux baguettes sur les cordes du santoor. Cet instrument traditionnel de la musique indienne est méconnu chez nous. Il possède une puissance quasi mystique pour faire ressentir le rythme et la vibration. Le vocaliste et professeur de musique conduit Scope à la découverte du santoor.
Depuis qu’il est tombé sous le charme de la douceur de cette sonorité propre au santoor, Kisnah Ramma, 64 ans, ne cesse d’assouvir sa curiosité concernant cet instrument à cordes. La richesse de ces tonalités très vivantes lui est venue à l’oreille pour la première fois dans les années 8, lors d’une prestation de plusieurs artistes indiens invités par le Mahatma Gandhi Institute. Plus de trente ans ont passé sans qu’il ne cesse d’être toujours aussi “surpris et étonné” par cette découverte musicale.
Kisnah Ramma est l’un des rares à manier et posséder un santoor à Maurice, instrument connu pour être “très sensible et délicat”. “Ce n’est pas évident d’en jouer, même s’il peut paraître d’un abord facile. Le santoor demande beaucoup de temps et de pratique. Il suffit d’essayer d’accorder ensemble douze guitares pour comprendre la complexité de cet instrument. Soixante-douze ou cent cordes à accorder, ce n’est pas une mince affaire quand il n’y a pas une structure en acier comme pour le piano pour les maintenir en place.” Le santoor demande un apprentissage rigoureux, beaucoup de patience et de pratique, et surtout une maîtrise et une grande connaissance de la musique.