La publication imminente du Integrated Electricity Plan pour la période couvrant 2013 à 2022 par le Central Electricity Board viendra relancer tout le débat autour du projet de la centrale thermique à charbon de CT Power à Pointe-aux-Caves, Albion. La mise en opération de cette centrale de 100 MW au cours des années à venir est considérée dans ce nouveau plan du CEB comme une condition sine qua non pour satisfaire la demande croissante en électricité à l’avenir. Ce plan qui se décline en 178 pages établit le programme d’investissements dans le secteur de l’électricité, soit Rs 18 milliards, pour les dix prochaines années et souligne l’importance de l’exploitation plus rationnelle et optimale des sources d’énergie nouvelles et renouvelables sous le projet de Maurice Île Durable (MID).
Dans les milieux autorisés du CEB, l’on fait ressortir que l’élaboration de cet Integrated Electricity Plan 2013 – 2022 s’impose vu que le précédent plan triennal est arrivé à terme l’année dernière. Ils ajoutent que les principes directeurs de ce plan s’articulent autour du fait que le CEB continuera à opérer en tant que « competitive organisation for the benefits of the country » et que l’électricité sera disponible « at the lowest possible cost ». De plus, l’organisation poursuivra sa mission de maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande.
Pour les dix prochaines années, le plan intégré du CEB mise sur un scénario de croissance conservateur en raison des conditions économiques sur le front international, soit une augmentation de 78 GWh par an dans la demande d’énergie électrique au lieu des 80 GWh enregistrés au cours de la précédente décennie, pour atteindre 3 196 GWh en 2022. Par contre, avec un High Case Scenario, la croissance annuelle dans la demande d’énergie sera le double, soit 160 GWh.
À la fin de cette période de dix ans, le CEB prévoit que la pointe en demande d’énergie électrique devra être de 574 MW sous le Base Case Scenario et de 702 MW avec une croissance accélérée (voir tableau complet de l’évolution de la situation plus loin). De ce fait, il faudra s’attendre à une augmentation annuelle de 14,4 MW pour la période 2013 à 2022 dans le Base Case Scenario.
L’Integrated Energy Plan du CEB comprend également un plan à court terme en cinq volets, connu conne la Generation Plant Addition, : la mise à exécution prioritaire du projet de CT Power, présenté dans le plan comme le « next major plant addition » avec une capacité de 100 MW en 2015/16 au plus tard ; l’entrée en opération de la centrale hydroélectrique de Midlands avec une capacité de 350 kW au plus tard cette année ; la mise sur réseau à partir de 2014 de l’énergie électrique générée par le Curepipe Point (Plaine-Sophie) Wind Farm d’une « installed capacity » de 29,4 MW ; le démarrage d’un projet de parc photovoltaïque de 10 MW par le CEB à partir de 2014 ; et d (un 15 Medium Voltage PV Farm de 15 MW, qui est encore à l’étude au CEB.
Avec la réalisation du projet de CT Power à Albion d’ici 2016, le CEB mise également sur l’entrée en opération de deux autres centrales de 50 MW chacune entre 2017 et 2021 pour faire face à la demande au cours de cette période. « With the coming into operation of new power plants, the old, and less efficient, Pielstick engines at St Louis Power Station will be progressively retired », fait-on comprendre au CEB dans la conjoncture.
À moyen et long termes, le CEB n’écarte pas la possibilité de se lancer dans l’utilisation du Liquefied Natural Gas (LNG) en tant que substitut aux sources d’énergie fossile avec un site déjà identifié dans la région de Bain-des-Dames. Des consultants pourraient être recrutés pour étudier cette option.
L’Integrated Energy Plan fait état de l’intention du CEB de solliciter l’assistance technique de l’International Atomic Energy Agency pour des recherches préliminaires au sujet de l’introduction de la Nuclear Technology à Maurice. Le plan note que « as implausible as it may appear, nuclear technology is a generation option to substitute gossil-fuels-based generation in Mauritius ».
Avec le Base Case Scenario d’une augmentation de la croissance de 3,43 % par an, le CEB projette des investissements de Rs 18 milliards au cours des dix prochaines années dans la production d’énergie électrique. Une enveloppe de Rs 5 milliards devra être réservée aux projets dans le domaine des sources d’énergie nouvelles et renouvelables. D’autre part, 70 % des investissements prévus devront être générés du privé avec les 30 % sur le compte du CEB.
Au chapitre des tarifs d’électricité, l’Integrated Electricity Plan propose un réalignement des structures tarifaires en vigueur vers un « cost-reflective tariff model » dans le court terme tout en étant « revenue-neutral » dans un premier temps.