Grâce à une subvention de l’Union européenne, obtenue à travers le Decentralised Cooperation Programme (DCP), depuis le début de l’année, les adhérents du Centre Joie de Vivre, une institution oeuvrant à l’intégration sociale des handicapés physiques et mentaux dans l’Est, bénéficient de quelques faits nouveaux au centre.
Dorénavant, le Centre Joie de Vivre est en mesure d’employer un médecin, une ergothérapeute et une psychologue pour veiller au mieux-être de ses adhérents. Mais, en quoi consiste le DCP ? Comment est-ce que les adhérents vivent-elles ces nouvelles facilités ?
Au neuvième étage du bâtiment Emmanuel Anquetil, à Port-Louis, où se situe l’unité de coordination du DCP, le Programme Coordinator Sandrasagarren Naidu explique :
« En 2000, à Cotonou, l’Union européenne a signé un accord avec les pays du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) en vue de mener des actions concrètes dans chacun de ces pays individuellement en faveur de l’allégement de la pauvreté ; d’où l’idée de la création de l’unité du DCP à Maurice ».
L’unité du DCP travaille de concert avec la délégation de l’Union européenne présente à Maurice, mais elle est placée sous l’égide du ministère des Finances mauricien.
Dans l’optique de l’exécution du programme, dont l’objectif est d’alléger la pauvreté, de juillet 2012 à décembre 2012, le bureau du DCP s’est engagé dans une campagne d’information à ce sujet sur son réseau informatique et à travers la presse. Le bureau du DCP a ainsi invité les ONG à lui soumettre individuellement un projet spécifique que chacune d’entre elles souhaiterait mettre en pratique en faveur de sa clientèle dans son combat contre la pauvreté. Au cas où le projet spécifique en question reçoit l’approbation dudit bureau, celui-ci devient automatiquement éligible pour une subvention de l’ordre de 75 % par rapport à son coût initial. Entendu que la subvention ne serait effective que pour la période s’étendant de janvier 2013 à décembre 2013. Finalement, 65 associations bénévoles se verront qualifiées pour recevoir cette subvention.
Au nombre de ces associations figure celle qui chapeaute le Centre Joie de Vivre et dont le projet dûment approuvé fait maintenant partie du quotidien dans les rouages du centre. Le projet initial étant évalué à Rs 600 000, le centre s’est vu attribuer une somme de Rs 400 000, la somme restante représentant sa contribution personnelle par rapport à ses parrainages traditionnels.
En bref, le Centre Joie de Vivre, implanté à Poste-de-Flacq, est un lieu de ressourcement au quotidien pour 45 handicapés physiques et mentaux des deux sexes. Le plus jeune a cinq ans et le plus âgé 50 ans.
Écoute
Voici les nouvelles choses qui y ont été introduites depuis le début de l’année :
– Le Dr Arnaud Dominique l’Omelette, un généraliste, y vient chaque lundi. « Je m’intéresse surtout à ausculter les adhérents du point de vue de la neurologie et de la locomotion puisqu’ils sont des infirmes. N’empêche que, si quelqu’un est souffrant, je lui fais sur place une consultation avant de lui prescrire les médicaments appropriés pour qu’il trouve le chemin de la guérison », nous dit-il.
– Une ergothérapeute, Preetisha Chutturdharry, y vient trois fois la semaine pour exercer ses compétences vis-à-vis des adhérents : « Je m’y occupe surtout de ceux qui sont atteints d’un handicap sévère comme la dystrophie musculaire. J’essaie de leur transmettre quelques stratégies de mouvement afin qu’ils puissent devenir autonomes pour éventuellement s’intégrer dans la société. C’est un travail qui demande à la fois beaucoup de patience et de persévérance, mais, comme le dit le proverbe, petit à petit l’oiseau fait son nid… »
– Une psychologue, Lokshana Jaggeshar, y est à l’écoute des adhérents en ce qui concerne leurs problèmes d’ordre psychologique. En outre, elle est d’une aide précieuse pour la direction de l’institution quand il s’agit de préparer les dossiers des adhérents en tenant compte des différents types d’infirmité individuellement. Elle y donne également des cours sur des sujets sensibles tels que la sexualité, la vie en société, etc.
– Dorénavant, à l’heure du déjeuner, un repas chaud est servi à tous les adhérents. Ce repas est préparé sur place par une cuisinière professionnelle et sous la supervision de la directrice de l’institution, Christine Chenel.
Évaluation
Chaque mois, une réunion commune a lieu entre toutes les parties concernées, à savoir les professionnels cités plus haut, la direction de l’institution et un représentant des parents pour un travail d’évaluation au sujet du progrès qui aura été accompli par les adhérents durant la période écoulée.
Lors de notre visite au centre, nous avons eu l’opportunité de converser avec quelques adhérents. Ceux-ci se disent pleinement satisfaits des avantages dont ils bénéficient depuis le début de cette année et souhaitent que cela continue ainsi d’année en année… Paroles de la directrice, Mme Chenel : « Avant que ne se termine l’accord qui nous lie avec le DCP, nous allons essayer de trouver d’autres sources de financement pour pouvoir continuer dans la même direction et, pour l’heure, nous ne pouvons que souhaiter que notre appel sera entendu par les personnes qui se trouveront derrière les portes auxquelles nous allons frapper. »