C’est le « happening » du moment. Après le passage de Sophia, robot humanoïde de Hanson Robotics l’année dernière, présenté lors du World AI Show, Maurice accueille Pepper, un autre robot humanoïde, signé cette fois SoftBank Robotics. Ce robot fonctionne de manière autonome en utilisant l’intelligence artificielle, allant jusqu’à reconnaître les visages et nos différentes émotions. Présenté hier matin à l’hôtel Le Méridien et à Ébène, Pepper est déjà utilisé dans plusieurs pays à travers le monde, notamment dans les entreprises. Sa présentation aura été rendue possible grâce à Oracle Impact Event, Oracle étant en effet considérée comme un acteur important dans le domaine de l’intelligence artificielle et de l’analyse.

« Nous vivons dans une ère de “digital transformation” qui bouleverse complètement notre vie à travers l’utilisation de la technologie dans notre vie de tous les jours. L’intelligence artificielle et la robotique sont devenues des éléments clés aujourd’hui pour améliorer et faciliter la vie des gens, que ce soit dans le domaine social ou au sein des entreprises. La venue de Pepper à Maurice est symbolique et démontre l’importance de l’intelligence artificielle », a soutenu Avinash Ramtohul, managing director d’Oracle, en marge de l’organisation de la conférence, lundi après-midi à l’hôtel Le Méridien.

Selon lui, les entreprises sont « conscientes de cette réalité et réagissent à cet environnement changeant » en tenant en compte les attentes du consommateur qui, dit-il, « ne sont plus les mêmes ». De ce fait, « il faut être plus agile et placer la robotisation à un autre niveau ». Et de faire ressortir qu’Oracle est « un acteur important dans le domaine de l’intelligence artificielle à travers le monde et y réalise plusieurs activités », sans oublier de mentionner la recherche et le développement afin de venir avec des solutions. Le fait que Pepper soit à Maurice, selon Avinash Ramtohul, démontre de quelle manière Oracle s’est engagée dans le domaine de l’intelligence artificielle et le rôle de l’entreprise.

Pepper, dont sera fait une démonstration cet après-midi à l’Artificial Intelligence Café, en partenariat avec Prime Café, à Ébène, est haut de 1m20 et donnera un aperçu de ses talents aux clients du café, dès le moment où ils arrivent jusqu’à ce qu’ils partent, incluant la prise de commande à travers une plateforme d’intelligence artificielle connue comme l’Oracle Digital Assistant. Avinash Ramtohul rassure toutefois à l’effet que les robots « ne viendront pas remplacer l’humain » mais qu’ils seront « complémentaires » : « Les gens seront appelés à de nouveaux emplois car, d’ici 2035, les recherches ont démontré que plusieurs emplois disparaîtront. Il faudra des emplois à valeur ajoutée. » Le directeur d’Oracle fait ressortir qu’il « ne faut pas avoir peur de l’intelligence artificielle car elle fera partie de notre existence, tout comme le téléphone portable ».

Selon Scott Giles, directeur de Deftech, qui a apporté Pepper, « l’Afrique a du retard par rapport à la Chine en ce qu’il s’agit de l’intelligence artificielle », considérant en effet l’absence d’industries utilisant cette technologie sur le continent. « L’Afrique n’a jamais participé dans la révolution industrielle. Elle ne fait qu’adopter, mais nous avons maintenant la chance de pouvoir participer dans la 4e révolution. Mais comment pouvons-nous créer notre propre robot si nous n’en avons jamais vu un ? », dit-il.

Scott Giles se rend dans différentes écoles pour présenter Pepper. En ce moment, le robot est présent dans deux banques en Afrique du Sud, et ce sur une base pilote, de même que dans des compagnies de télécommunications. « Nous devons pouvoir servir de nos employés de manière efficiente », ajoute-t-il, d’où l’importance de Pepper. Scott Giles dit son souhait que des applications locales soient développées pour Pepper, « et non des applications françaises ».

« L’intelligence artificielle peut faire tiquer les gens. Aussi une bonne éducation est essentielle pour qu’ils comprennent que les robots sont faits pour être complémentaires. (…) Ce n’est qu’à travers l’éducation que les Africains arriveront à participer à cette 4e révolution industrielle », dit encore Scott Giles, avant de conseiller aux jeunes de se tourner vers le “Coding”, la robotique et le “Computational Thinking”, et d’oublier les matières traditionnelles « qui ne serviront guère aux jeunes dans un monde dominé par la technologie de l’information et la communication ». Dans son analyse, Scott Giles avance avoir remarqué que les étrangers « sont toujours au premier plan lorsqu’il s’agit de trouver une solution pour l’Afrique alors que travail aurait dû être fait par les Africains » eux-mêmes. « Nous devons accorder une chance à tous les enfants africains pour qu’ils puissent par eux-mêmes trouver des solutions à leurs problèmes. »

En ce moment, cinq exemplaires de Pepper se trouvent en Afrique du Sud, et des milliers d’autres à travers le monde, notamment au Royaume-Uni, où le robot est très présent. À noter que Pepper a été conçu pour parler avec les humains et qu’il possède un écran tactile sur son torse, lequel affiche des messages pour seconder la parole. Le petit robot a débuté sa « carrière » dans le « Retail and Food Service ».