Le père Jean-Claude Véder participe les 14 et 15 octobre à un colloque international sur « Les minorités et la question ethnique » à l’Université Catholique de Lyon. Ce colloque international est le troisième d’une série, mais le prêtre de Saint-Patrick y participe pour la première fois sur le thème, qui lui est cher, de la créolisation et de l’interculturalité.
Ce colloque a adopté une approche pluridisciplinaire, autour de thèmes tels que le statut des communautés et des groupes culturels, les clivages intercommunautaires, les catégorisations ethniques et l’aménagement de politiques publiques, la fragmentation étatique, les politiques interculturelles de gouvernance ou encore la diversité ethnique et le métissage, et la justice ethnoculturelle. Les organisateurs du colloque soulignent que la gestion de ces questions diffère d’un État à un autre et que la création de certains états a par exemple conduit à l’apparition de populations transfrontalières.
Face à ces différents thèmes, les organisateurs entendent répondre à la question : comment, devant une telle diversité, assurer un vouloir vivre collectif et construire une nouvelle citoyenneté dans le respect de ladite diversité ? Les communications présenteront des cas des pays du Proche-Orient, d’Asie Centrale, du continent africain avec notamment le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burundi et l’Afrique du Sud, et d’ailleurs Chypre, Israël, la Syrie, etc.
Le Dr Véder représente l’Île Maurice et l’Institut Cardinal Jean Margéot (ICJM). Rappelons qu’il fait ses recherches en théologie sur l’interculturalité mauricienne, ayant publié son doctorat en 2005 sous le titre « Dire Dieu jusqu’à le célébrer ensemble ». Il démontre dans cette thèse que l’identité culturelle de toute personne, particulièrement à Maurice, est interculturelle. Estimant qu’il n’existe pas d’individu muni d’une seule et unique culture, il présente l’expérience mauricienne comme une figure de l’universel.
À Lyon, Jean-Claude Véder s’exprimera dans 15 jours sous le titre « Les Créoles de l’Île Maurice : chance pour une interculturalité enrichissante ». En s’appuyant sur le processus de créolisation d’Édouard Glissant avec une identification au phénomène de la mondialisation, Jean-Claude Véder présente la créolisation comme une source de créativité, regrettant qu’on ait à Maurice, enfermé les Créoles dans un groupe. Aussi, souligne-t-il, l’ouverture de cette communauté vers les autres par sa nature métissée. Il nous invite à redécouvrir les vertus de la créolisation comme une chance de vivre l’interculturalité mauricienne.