Nouveau bras de fer entre les syndicalistes et l’hôtel Saint Géran. En cause : les panneaux d’interdiction d’accès à la plage installés depuis quelques jours par l’hôtel Saint Géran. Lors d’une manifestation qui devait se tenir sur la plage à Belle-Mare, plus précisément devant l’hôtel Saint Géran la semaine dernière, les membres de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU) ont été surpris de constater que des panneaux leur interdisaient l’accès à la plage. Des policiers et officiers de la sécurité de l’hôtel montaient la garde. Pour la FTU, “l’hôtel n’a pas le droit d’interdire l’accès à la plage. La plage appartient à tout le monde et de surcroît aux Mauriciens. Nous ne pouvons accepter que des étrangers viennent nous en interdire l’accès”. La direction du Saint Géran explique, elle, que “ces panneaux ont été installés pour indiquer au public que notre propriété est privée”. Le ministre des Collectivités locales, Hervé Aimé, s’est rendu sur les lieux. Il a indiqué qu’à la lumière d’une enquête qui sera effectuée, des sanctions, si nécessaires, seront prises. Déjà, la Beach Authority rappelle que l’accès à la plage est un droit de tout citoyen.
C’est dans le cadre de leur manifestation prévue le 13 juin à Belle-Mare que les ex-employés du Saint Géran ont découvert avec stupeur que la route menant à la plage devant l’établissement hôtelier avait été barrée. Des panneaux indiquant qu’il s’agissait d’un domaine privé et que l’accès en était interdit avaient été installés le long de la route et des policiers, ainsi que des agents de sécurité, surveillaient la zone empêchant ainsi les manifestants de se rendre à la plage pour faire leur manifestation. Estimant que leur droit est ainsi lésé car la plage relève du domaine public et qu’il n’existe aucune loi interdisant l’accès à la plage à quiconque, les manifestants ont emprunté un autre chemin pour se rendre à la plage de Belle-Mare. Cependant, ils devaient constater la construction de nombreux bâtiments, dont un donnant directement dans l’eau. Remontés par ces découvertes, les protestataires ont alerté les autorités, dont le ministre des Collectivités locales. “Pa kapav étranzé pe vinn proprieter pei la. Bann lotorité la bizin reazir fas a sa sitiasion”, estime Atma Shanto, président de la FTU.
Hervé Aimé s’est ainsi rendu sur les lieux la semaine dernière pour un constat de visu. Visiblement étonné lui aussi, il a réclamé une enquête en vue de voir si un permis a été obtenu auprès des autorités compétentes pour pouvoir effectuer ces travaux.
“La plage relève du domaine public”
En ce qu’il s’agit des panneaux d’interdiction d’accès à la plage, la Beach Authority rappelle qu’il sont illégaux. “Personne n’a le droit d’interdire l’accès à la plage. Que ce soit devant un hôtel ou un campement, qu’il s’agisse de terrain privé, la plage relève du domaine public. Tout le monde doit pouvoir circuler. Les pique-niques sont interdits devant les hôtels ou campements, mais tout le monde peut marcher, ou nager devant”, fait ressortir le General Manager de la BA, Subash Seeruttun.
Du côté de l’hôtel, on souligne que ces panneaux ont été installés à titre indicatif pour que le public sache que le Saint Géran est une propriété privée. “Ces panneaux ont été installés pour éduquer les gens car nous avons, à plusieurs reprises, des gens qui entrent sur notre propriété. Tout ceci n’est qu’un rappel”, indique Charles de Foucault, directeur de l’établissement hôtelier. Il fait ressortir que l’hôtel détient un plan cadastral qui donne les droits de propriétés au Saint Géran. “Si quelqu’un peut nous montrer un plan différent, nous l’attendons”, dit-il. Concernant les constructions notées par les manifestants, Charles de Foucault soutient que “ces constructions ont toujours été là. Nous n’avons rien entrepris”. Cependant, il concède que depuis quelques jours, l’hôtel a reçu la visite des autorités et même des notices. Il n’en dira pas plus.
Auprès du District Council, on apprend que des officiers ont été faire un constat de visu et qu’en début de semaine, un rapport sera soumis. Entre-temps, le ministre Hervé Aimé a assuré qu’à la lumière d’une enquête qui sera effectuée par les officiers de son ministère et également par rapport aux conclusions d’un relevé des surveyors du ministère des Terres et Logement, des sanctions si nécessaires seront prises.