Rezistans ek Alternativ et le Syndicat des Pêcheurs ont écrit une lettre au Premier ministre Navin Ramgoolam aujourd’hui pour lui demander de reconsidérer la requête de Greenpeace pour permettre au SY Rainbow Warrior d’accoster Port-Louis le 12 octobre. Les militants écologistes mènent actuellement une campagne contre les thoniers senneurs opérant dans l’océan Indien. Le gouvernement n’a pas agréé à cette demande en raison de la position de cette organisation mondiale sur la Marine Protected Area (MPA) aux Chagos.
Pour Ashok Subron de Rezistans ek Alternativ, la décision du gouvernement représente une violation du droit des citoyens d’interagir avec les mouvements étrangers sur un sujet qui les concerne. « Autant nous ne sommes pas d’accord avec la position de Greenpeace sur le MPA, autant nous ne sommes pas d’accord avec l’interdiction du gouvernement. » Il est d’avis que la venue de cette organisation à Maurice aurait pu, au contraire, permettre au mouvement de mieux comprendre les enjeux derrière la création de la MPA aux Chagos. « Cette interdiction est d’autant plus farfelue car le gouvernement autorise les navires de guerre anglais et américain d’accoster Port-Louis, alors qu’ils sont les premiers responsables de l’occupation et de la création de la MPA aux Chagos. »
La vraie raison de cette interdiction, selon Ashok Subron, est de protéger « une poignée de capitalistes qui surexploitent nos ressources marines et la main-d’oeuvre mauricienne dans le seafood hub ». On le sait, une coalition a été mise en place depuis peu, pour contrer l’accord de pêche autorisant 86 bateaux européens de pêcher dans notre zone économique exclusive. Selon les autorités mauriciennes, cet accord est important car il permettra d’alimenter nos usines dans le seafood hub.
Ces bateaux européens pratiquent cependant la pêche à la senne, considérée comme étant néfaste à l’environnement. La coalition qui regroupe Rezistans ek Alternativ, le Syndicat des pêcheurs, le Centre for Alternative Research and Studies, la General Workers Federation et la Professional Seafarers’Union milite contre cet accord. Elle a le soutien de Greenpeace qui milite dans le même sens. L’arrivée des militants écologistes à Maurice devait permettre des sessions de travail sur le sujet.
Ashok Subron fait ressortir que l’interdiction envers Greenpeace relève d’une question purement politique et non administrative. « Nous demandons au Premier ministre de revoir sa position, au nom de la liberté d’expression et de la coopération entre les peuples. »
M. Subron est aussi d’avis qu’il est temps que les Mauriciens sachent ce qui se passe dans le seafood hub. Selon lui, l’interdiction envers Greenpeace relève ainsi d’une « conspiration ».