Près de deux mois depuis l’entrée en vigueur de l’Environment Protection (banning of Plastic Bags) Regulations 2015, interdisant les sacs en plastique à Maurice, la satisfaction est de mise du côté du gouvernement. Le public, après un moment de cafouillage, autant auprès des commerçants que des consommateurs, semble s’adapter à la nouvelle loi. Le ministère de l’Environnement qui avait opté pour une période moratoire compte désormais sévir auprès du public. Déjà, depuis le début de l’année, quelque 20 000 sacs en plastique dont la fabrication, la distribution et la vente sont interdites selon la nouvelle loi, ont été saisis à la douane. Une douzaine d’importateurs qui ont tenté de contourner la loi sont dans le viseur du ministère de l’Environnement.
Après une période d’adaptation effectuée dans la confusion, les Mauriciens ont adopté de nouvelles habitudes. On les voit aujourd’hui à la boutique du coin avec leur sac en tissu, ou au marché avec leur tente bazar. Dans les supermarchés, les produits sont distribués dans des sachets en papier. Les commerçants ont, eux, opté pour la publicité de leur enseigne en offrant, pour de nombreux magasins, des sacs en tissus ou en papier. L’Environment Protection (banning of Plastic Bags) Regulations 2015 entre dans les moeurs. Et au ministère de l’Environnement la satisfaction est de mise. « Nous constatons qu’il y a le respect de la loi. Au départ, cela a été un peu difficile, car les gens avaient une habitude des sacs en plastique, mais au fil des jours, on constate que le sac en plastique n’est pratiquement plus d’usuge », indique un préposé du ministère de l’Environnement. Selon lui, l’effet bénéfique de cette loi a d’ailleurs pu être noté lors des dernières inondations. « Il n’y avait pas de sacs en plastique qui bloquaient les drains », soutient-il, rappelant qu’auparavant quelque 300 millions de sacs en plastique étaient utilisés annuellement à Maurice. « Nous allons voir, dans les six mois à venir, une nette amélioration », dit-il.
50 sacs en plastique bariolés saisis auprès des marchands
En attendant, les autorités continuent d’effectuer des contrôles, notamment auprès des commerçants. Depuis le 1er janvier, la police de l’Environnement sillonne les rues pour traquer les contrevenants. « Nous avons d’abord conscientisé certains marchands qui, en dépit de la loi, avaient toujours des sacs en plastique qu’ils offraient ou vendaient aux gens. Au bout de quelques semaines, nous avons cependant saisi des sacs de ces marchands. Certains avaient trouvé l’astuce : au lieu de sacs en plastique noir ou blanc que la loi interdit de mettre sur le marché, des sacs en plastique bariolés de toutes les couleurs. Nous avons pris des sacs. Une cinquantaine au total », indique un haut gradé de la Police de l’Environnement.
Cependant, une douzaine d’importateurs ont été pris dans les filets des autorités qui ont procédé depuis le début de l’année à la saisie de quelque 20 000 sacs en plastique à la douane. « Ce qui est positif, c’est que sur les 140 importateurs et fabricants, seulement une douzaine ont tenté de contourner la loi. Ce qui signifie que 95% des importateurs sont conscients du danger et respecte la loi », dit le préposé de l’Environnement. Autre constat effectué : « Il n’y a jusqu’ici pas eu de perte d’emploi dans ce secteur. Ceux qui manifestaient contre la loi ont compris qu’il y avait d’autres filons à exploiter. Aujourd’hui, on voit l’émergence des sacs en tissus. Il y a des produits artisanaux qui sont en train d’être fabriqués. Finalement les Mauriciens ont compris la nécessité de cette loi qui vise à sauvegarder l’environnement. »
Survivre
Du côté de la Plastic Manufacturers’ Association (PMA), on fait ressortir que « nous tentons de survivre ». Si généralement en début d’année certaines entreprises recrutent, cette année, il n’y a pas eu de recrutement. « Nous essayons de voir comment évoluent les choses, et surtout, nous attendons l’arrivée de nos matières premières pour pouvoir fabriquer les sacs en plastique biodégradables », explique-t-on. Les importateurs, conscients des amendes qu’ils encourent s’ils allaient contre l’Environment Protection (banning of Plastic Bags) Regulations 2015, disent respecter la loi.
Reste que d’ici le mois de mars, selon nos informations, les autorités seront plus strictes et appliqueront la loi dans son intégralité. A savoir, qu’il est interdit de fabriquer, de distribuer ou de vendre des sacs en plastique avec manches, les sacs noirs avec et sans manches, et les sacs non-biodégradables. Certains types de sacs ne sont pas frappés d’interdiction, notamment les rouleaux de sacs transparents pour les besoins alimentaires, en l’occurrence les fruits de mer frais, les produits réfrigérés, la viande, la volaille, les sacs-poubelle, les sacs d’emballage où les produits sont scellés avant la vente sur le marché local pour l’exportation, les sacs à des fins agricoles, les sacs utilisés pour l’échantillonnage, les sacs pour le marché de l’exportation, les pochettes transparentes ne dépassant pas 300 cm, les sacs transparents utilisés par les passagers transitant par l’aéroport et pouvant contenir les liquides, aérosols, ou gels…