Les marchands ambulants de la capitale regroupés au sein de la Street Traders Association (STA) organisent ce soir une marche de protestation en vue de dénoncer « l’incompétence » du lord-maire Aslam Hossenally sur le dossier concernant leur relogement et le « laxisme » du gouvernement pour trouver une solution temporaire. Les participants se réuniront à partir de 20 heures devant le Centre Idrice Goomany à Plaine-Verte avant d’emprunter la rue Desforges pour se rentre à la municipalité de Port-Louis et au Parlement.
Les colporteurs ont reçu l’interdiction d’opérer dans les rues situées dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central depuis maintenant neuf mois. Les membres de la STA disent ainsi attendre toujours leur relogement sur des sites alternatifs, promis par les autorités, en vue de reprendre leurs activités.
« Du côté de la mairie, nous ne recevons aucune réponse. Nous avons, à plusieurs reprises, rencontré le lord-maire et des conseillers pour leur faire part de nos griefs mais sans succès. Aujourd’hui, cela fait plus de neuf mois que nous ne travaillons pas et que nous sommes persécutés par des policiers et des inspecteurs municipaux », raconte Salim Nunkoo de l’Association Marchands Ambulants du Nord (AMAN).
Sa famille, dit M. Nunkoo, se retrouve aujourd’hui en difficulté, n’ayant aucune autre ressource financière. « Nous n’arrivons plus à joindre les deux bouts. Nous avons le loyer à payer ainsi que les factures d’eau et d’électricité, sans compter l’éducation de nos enfants… La situation est aujourd’hui très difficile car nous n’avons pratiquement plus d’argent », avait par ailleurs raconté une colporteuse au Mauricien lors d’une manifestation pacifique des femmes marchands ambulants devant la municipalité de Port-Louis il y a un mois.
Pour les membres de la STA, c’est le droit au travail qui prime. « Nou pe zis anvi travay. Les nou regagn nou dinite. Les nou travay », lancent des colporteurs de la Gare du nord et des rues La Corderie et Desforges.
Salim Nunkoo souligne par ailleurs que les rencontres avec des cadres de la mairie et les membres du Comité technique présidé par Anil Baichoo, ministre des Infrastructures publiques, ont été à ce jour « infructueuses ». Il dénonce aussi le retard dans la livraison des sites de relogement à la Gare Victoria et à la Gare du Nord à l’intention de plus d’un millier de marchands. « Sa bann sit-la pre, me pa pe donn nou plas », dit-il.
D’autres marchands ambulants pointent du doigt le deuxième exercice d’Expression of Interest en vue d’obtenir un étal sur l’un des deux sites proposés par le lord-maire. « Nanie pa pe konkretize ek se nou ki pe pey lepo kase », fustigent-ils. C’est dans le but d’éveiller la conscience collective que les associations de marchands ambulants regroupées au sein de la STA tiennent ce soir cette marche de protestation. Rendez-vous est donné devant le Centre Idrice Goomany à partir de 20 heures. Les participants emprunteront la rue Desforges pour faire entendre leur voix devant la municipalité de Port-Louis et le Parlement. D’autres actions sont envisagées afin de maintenir la pression. Des colporteurs demandent aussi leur régularisation en tant que traders afin de pouvoir travailler sur des sites se trouvant dans la zone d’interdiction de la Cour suprême. « Une fois réglementés, nous ne serons plus concernés par cet ordre et pourrons travailler tranquillement… », concluent-ils.