Le Directeur des poursuites publiques, Me Satyajit Boolell (SC), a tenu hier après-midi une conférence de presse dans le cadre de la Regional Africa – Indian Ocean Conference de l’International Association of Prosecutors (IAP). Cette rencontre se tient aujourd’hui et demain à l’hôtel Sofitel à Flic-en-Flac. Me James Hamilton, président de l’IAP, y participe.
Le Senior Counsel Me Satyajit Boolell se dit honoré d’accueillir un tel événement à Maurice. Le Directeur des poursuites publiques (DPP) était hier aux côtés de Me Basile Elambat, magistrat du Cameroun et vice-président de l’IAP Afrique ; de la General Counsel de l’IAP Me Elizabeth Howe ; de l’ancien DPP d’Irlande et président de l’IAP Me James Hamilton ; du DPP d’Ouganda Me Richard Buteera et de Me Rosario Domingue, Chief Executive Officer (CEO) de la Law Reform Commission. Me Satyajit Boolell a déclaré son intention d’étendre l’invitation à plusieurs pays, dont l’Australie et le Singapour, étant donné la position stratégique qu’occupe Maurice sur le plan géographique.
Me Boolell est d’avis que ces conférences aident à tisser des réseaux pour lutter contre le crime – qui n’arrête pas d’évoluer. Avec la mondialisation, la criminalité prend une dimension internationale avec notamment les cas de trafic d’enfants ou de blanchiment d’argent. « C’est une plateforme unique… Il est donc important pour nous de travailler ensemble afin de trouver des solutions car notre but est de combattre le crime », a souligné le DPP. Environ 160 délégués de 30 pays sont présents à Maurice dans le cadre de cette conférence, dont 15 Head of Prosecution Associations et deux Attorney Generals.
« Ce qu’on a en commun, c’est l’adhésion à l’autorité de la loi. C’est ce qui nous lie », a affirmé Me Satyajit Boolell (SC). Il a ajouté que les économistes sont d’avis que le respect de la loi conduit à la prospérité économique, nécessaire à la stabilité politique. Le DPP a notamment parlé de Madagascar – qui ne dispose pas de règles de loi suffisantes et constitue le plus gros fournisseur de drogue à Maurice. « Nous devons travailler ensemble pour combattre les fléaux comme la piraterie, le blanchiment d’argent, le trafic de drogue et d’enfants », a rappelé Me Boolell.
Me James Hamilton a, lui, fait l’historique de l’IAP depuis sa formation en 1995. « Beaucoup de personnes se sont regroupées et nous avons créé l’IAP avec le soutien des Nations unies… Avec la hausse de la criminalité à travers le monde, il était important de se regrouper pour des échanges avec les différentes juridictions », a-t-il soutenu. Et d’ajouter que « les solutions à certains problèmes sont peut-être dans les autres juridictions. » Le président de l’IAP a soutenu que certains gouvernements ne laissent pas la liberté au procureur d’effectuer son travail.
Par ailleurs, un livre, qui sera co-écrit par Me Rosario Domingue, servira de référence sur le plan international. Me Hamilton a toutefois précisé qu’il y aura plusieurs consultations au niveau légal. Des commentaires et suggestions pourront être faits afin d’améliorer la version qui sera adoptée par les Prosecutors du monde entier.