La troisième édition de l’International Cardiovascular Meeting, qui a pris fin au Centre de Conférences de Grand-Baie lundi après-midi, a réuni 500 participants, comprenant personnel médical et paramédical et travailleurs sociaux. Cette rencontre médicale a réuni des spécialistes des États-Unis, de Grande-Bretagne et de Suède était organisée conjointement par le ministère de la Santé, la Cardiovascular Society de Maurice, le University College of London en collaboration avec l’International Advisory Committee on Diabetes and Cardiovascular Dicease. Les discussions étaient essentiellement axées sur la prévention des maladies cardiovasculaires, la prise en charge et l’éducation des patients et les nouveaux traitements et médicaments disponibles.
Le Pr David Owens, Professor of Diabetes à l’université de Cardiff (Grande-Bretagne), Senior Fellow de l’International Prevention Research Institute de Lyon (France) et Senior Adviser du Premier ministre et Clinical Director du Diabetes and Vascular Health Centre de Souillac, a indiqué qu’un registre national a été constitué pour les patients mauriciens atteints du diabète de type I et de type II pour leur assurer un meilleur suivi médical. D’ici peu, un National Diabetes Management System (NDM) informatisé sera relié au Registre national du diabète. Il a mentionné aussi la création du National Diabetic Retinopathy Grading Centre au Diabetes and Vascular Health Centre de Souillac pour le screening de la rétine. Quatre médecins diabétologues Community based ont été recrutés. L’accent est également mis sur la formation d’infirmiers spécialisés pour la prise en charge de patients diabétiques. « Cinquante-neuf infirmiers ont complété leur cours de spécialisation au Mauritius Institute of Health (MIH) », a-t-il fait ressortir. Il a aussi introduit un screening bisannuel et un programme de formation pour les enfants et les jeunes mauriciens ayant le diabète de type 1.
Recrutement de 4 médecins diabétologues
Lors des discussions au Centre de Conférences de Grand-Baie, les conférenciers ont mis l’accent sut la nécessité de prendre de mesures pour lutter contre les facteurs de risques des maladies cardio-vasculaires, principalement le tabagisme, l’alimentation (trop grasse, trop sucrée, trop salée), la consommation excessive de boissons alcoolisées et le manque d’exercices physiques. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), fait-on ressortir, la plupart des maladies cardio-vasculaires peuvent être évitées si des mesures de prévention sont prises pour éliminer ces facteurs.
En outre, dans les pays à revenus bas ou intermédiaires, les populations sont plus exposées aux facteurs de risques et moins aux mesures préventives et tendent à développer ces maladies à un jeune âge et meurent plus tôt que dans les pays développés. Le Dr Pauvaday, Director General Health Services du ministère de la Santé, a indiqué que l’International Cardiovascular Meeting organisé à l’initiative du Premier ministre mauricien a pour objectif d’élaborer un framework pour mieux combattre les maladies cardio-vasculaires à Maurice. Selon le Health Statistics Report 2013 du ministère de la Santé, 32,7 % des personnes décédées l’an dernier souffraient des maladies cardio-vasculaires. En revanche le nombre de décès liés à des problèmes cardiaques a diminué d’environ 6 % depuis 2005. Le ministre de la Santé Lormus Bundhoo a déclaré à l’International Cardiovascular Meeting qu’« il est essentiel de passer en revue en permanence notre système de santé pour améliorer davantage les services. Durant ces dernières années, nous avons investi massivement dans des technologies nouvelles, de nouveaux médicaments et le recrutement d’un nombre important de médecins et d’infirmiers. Nous ne devons pas nous arrêter en si bon chemin. D’autant que de nombreux défis nous attendent, dont celui d’une population vieillissante. Il nous incombe de continuer à évaluer notre système et d’élaborer des stratégies qui vont nous permettre de relever les défis du futur », a-t-il affirmé.
Obésité infantile
Pour sa part, le Pr Sir Bruce Keogh, Medical Director du National Health Service de Grande-Bretagne, a indiqué que de nombreux pays ont été contraints de réviser à la baisse les allocations budgétaires au secteur de la Santé en raison de la situation économique mondiale. En revanche, à Maurice, constate-t-il, le gouvernement a pu trouver les ressources nécessaires pour le maintien de l’État providence. « Ceci est un exploit compte tenu de la morosité économique et du fait que Maurice n’a pas de ressources naturelles », a-t-il déclaré. L’expert britannique a expliqué que son travail consiste à mettre en place un Quality Framework en sept points pour améliorer le système de santé : (1) effective care, (2) safe care (les patients doivent accepter les risques qui sont associés à différents traitements), (3) decent customer service, (4) standard of doctoring, (5) adequate clinical leadership, (6) safeguard standards et (7) research and development.
Dialyses et maladies cardiaques
Le Pr John Deanfield, Professeur de cardiologie à l’University College of London, a mis l’accent sur la lutte contre l’obésité chez les jeunes qui est une cause de mort prématurée. « On ne peut pas lutter contre l’obésité infantile seulement en discutant avec ses enfants. C’est la responsabilité du personnel de santé, de l’industrie alimentaire, des médecins et des politiques », dit-il. Le Pr John Cullingham, Professeur de néphrologie à l’University College of London, a indiqué que les maladies cardio-vasculaires sont la cause de décès la plus courante chez les patients qui font des dialyses. L’insuffisance rénale, explique-t-il, entraîne des calcifications artérielles associées aux maladies coronariennes, l’athérosclérose et l’artériosclérose. Elle affecte aussi le système endocrinien et les tissus vasculaires (coeur, cerveau). Il a mentionné la thérapie par la vitamine D qui réduit la mortalité par maladie vasculaire. « Un coeur endommagé est mauvais pour les reins et des reins en mauvais état sont mauvais pour le coeur », résume-t-il.
Huit nouveaux médicaments
Le Dr Malcom Walker, consultant cardiologue à l’University College London Hospital, a mis l’accent sur l’exercice physique comme thérapie pour prévenir le diabète, contrôler le poids et réduire les complications cardio-vasculaires et les hospitalisations. Le Dr Ralph Abraham, consultant en diabète et endocrinologie, a indiqué pour sa part que les coûts des médicaments pour les diabétiques baissent avec l’apparition des génériques. Il indique que huit nouveaux médicaments contre le diabète ont vu le jour au cours des six derniers mois. « Nous avons besoin de médicaments qui préservent l’insuline », a-t-il dit, en citant notamment l’insuline à action longue. Il mentionne aussi les calculateurs d’insuline qui permettent de connaître la dose exacte à prendre. Le traitement du diabète, dit-il, va de pair avec l’éducation des patients. « Voir un médecin une fois par an ne marche pas pour les maladies chroniques », affirme-t-il.
Le Dr Sunil Gunness, directeur du Centre cardiaque de Pamplemousses, a pour sa part souhaité qu’un Institut pour les maladies cardiaques soit créé à Maurice.