Le Central CID a ouvert une enquête suite à un « post » du sergent Oolun sur sa page Facebook (FB), où il a exprimé « l’incapacité de la police » à entreprendre son travail. Cet officier, affecté au poste de police de Mahébourg, a déclaré dans une déposition à la police que lors de la semaine écoulée, il a verbalisé un dénommé Soobeer, qui, selon lui, ne respectait pas l’ordre de confinement en vendant des légumes.

Le sergent dit avoir saisi les aliments ajoutant que, sur les instructions de son supérieur, il avait l’intention de les distribuer à une association charitable. Mais le plaignant avance que le marchand, présent au poste de police, lui aurait dit : « Zis enn kout telefon, mo legim pou fini retourne. » Il aurait alors passé un coup de fil à une personne, à qui il aurait lancé plusieurs fois « oui misie minis ». A la suite de quoi, quelques minutes plus tard, le chef inspecteur aurait ordonné au sergent de rendre les légumes saisis au marchand en question. Avant de partir, ce dernier aurait avoué au policier avoir téléphoné à un certain ministre, dont il aurait révélé l’identité. Le sergent Oolun a alors raconté cet épisode sur sa page Facebook.

Mais en prenant son service vendredi, le sergent a appris que son chef inspecteur a logé une déposition contre lui pour infraction à l’Information and Communication Technologies Act en se référant à son message posté sur Facebook. Dans sa version des faits, le policier Oolun se dit « surpris » par cette démarche et rappelle que c’est le chef inspecteur qui lui avait dit de distribuer les légumes saisis à une œuvre charitable, avant de revenir sur sa décision. Estimant faire l’objet d’un « complot », il estime s’être acquitté de ses « devoirs professionnels ». Il demande donc de vérifier le cellulaire du marchand de légumes afin de savoir à qui il a passé son coup de fil afin que ses légumes lui soient restitués.

De son côté, le CCID a pris l’enquête en main et s’est rendu au poste de police de Mahébourg dimanche pour prendre possession des plaintes du sergent et du chef inspecteur. Selon nos renseignements, les enquêteurs s’intéressent plus particulièrement à une phrase écrite par le sergent Oolun, où il s’est « interrogé » sur la capacité de la police de travailler librement. Le CCID le convoquera bientôt pour l’interroger sur ses propos.
Affaire à suivre.