Dressant un bilan de notre société durant l’année écoulée, Ibrahim Kooduruth, sociologue et chargé de cours à l’Université de Maurice, se prononce en substance sur deux secteurs en particulier : politique et éducatif. Il est d’avis que pour enrayer la corruption en politique, il importe « de venir avec une loi interdisant de briguer un mandat plus de deux fois ». Il faut, dit-il, « du sang neuf, ce qui va créer la vitalité de notre démocratie ». Du côté de l’éducation, il affirme qu’il « faut revoir notre système éducatif de fond en comble ».
En tant que sociologue, quel bilan dressez-vous de la société mauricienne pour l’année 2012 ?
Au niveau de l’éducation, c’est dommage que le ministère a dû utiliser des subterfuges pour dire que cette année nous avons calculé le taux de réussite du CPE par cohorte. C’est une façon indirecte d’admettre que nous ne sommes pas en train d’atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. Parce que, justement, le Enhancement Program avait été mis en place pour que l’enfant puisse rattraper sans avoir recours aux leçons particulières. Or, aujourd’hui, malgré toutes les astuces qu’on a pu utiliser, on se rend compte que le taux de réussite a baissé et d’ailleurs cela a été explicitement dit, que même au niveau de la notation, on a été beaucoup plus flexible. Donc, avec d’une part cette flexibilité et le Enhancement program et d’autre part le pourcentage de réussite qui n’a pas amélioré, force est de constater qu’il y a eu faillite au niveau du Enhancement Program. Je ne dis pas que l’idée n’est pas bonne mais ce programme n’a pas donné les résultats escomptés. La formule semble intéressante mais on passe complètement à côté de la plaque. Aujourd’hui, au niveau du primaire, nous avons des summer school programs. Nous aurons les winter school programs. Quel que soit le programme que nous mettrons en place, le taux d’échec ne diminuera pas pour la simple et bonne raison qu’il faut repenser ce système. Depuis plusieurs années, avec la complicité du directeur du MES (Mauritius Examinations Syndicate), on annonce la mise en place du contrôle continu. Mais, c’est du bluff. Nous sommes en train de tourner autour du pot. L’autre gros problème du CPE, c’est la manière d’allouer les établissements secondaires et beaucoup de parents sont insatisfaits car cela se fait en fonction de deux critères : la performance de l’enfant et sa proximité avec l’établissement. Il y a un manque de transparence dans ce système. Le directeur du MES dit qu’on peut toujours demander à faire revoir les points mais qu’ensuite, ce sera définitif. Mais, on ne peut demander à un correcteur de revoir une copie qu’il a corrigée. Si vous me demandez de revoir une copie que j’ai corrigée, je vous dirai que c’est bon. Ou alors, on peut faire appel à une third party. Il n’y a aucune transparence… À la limite, on serait tenté de revenir au ranking parce que c’est une forme de ranking que nous sommes en train de mettre en place. Il n’y a absolument aucun moyen de dire quels sont les critères qui ont été pris en considération parce qu’il n’y a pas de transparence.
Pour en revenir au taux d’échec, il faut se rendre compte que dès le départ, tous les enfants n’ont pas les mêmes moyens. Et, ce n’est pas à l’école qu’on pourra réduire ces inégalités sociales. L’enfant a un capital culturel propre à lui. Un enfant issu de la classe moyenne/bourgeoise n’a pas le même capital culturel qu’un enfant d’une classe sociale inférieure. Il ne faut pas se leurrer. Et ce n’est pas à l’école qu’on pourra rectifier cela. Or, c’est ce qu’on essaie de dire aujourd’hui. La solution préconisée n’est pas appropriée.
Que suggérez-vous à la place ?
Je lance un appel fort pour l’institution de bibliothèques au niveau de chaque région, de chaque village. Si nous arrivons à décentraliser les services bibliothécaires à l’intérieur de ces infrastructures, nous pourrons avoir des classes de rattrapage. L’école se termine à 15 h. Puisque la bibliothèque est dans le quartier, on n’a pas à attendre que l’enfant soit admis à l’école pour qu’il travaille. On peut avoir des accompagnements au niveau de la bibliothèque. Mon enfant a deux ans, je l’emmène à la bibliothèque. Il y a des personnes qui peuvent l’initier à l’écriture et autres activités. Au lieu de laisser cela au préprimaire, on le confie à la bibliothèque. C’est là que l’enfant a accès au matériel de lecture. Et, c’est cela qui fait la différence aujourd’hui. Si un enfant commence à s’initier à la lecture, à gribouiller dès le jeune âge, on est sûr qu’il va développer un goût par la suite et c’est ce qui fait la différence entre les classes sociales. Par exemple, à côté de l’école Curepipe Road Government School, une bibliothèque, qui était gérée par le Pre-Primary School Trust Fund, a été par la suite transférée à Helvetia. J’y emmenais mes enfants et il y avait des enfants de toutes les classes sociales. Cela faisait plaisir. Il n’y avait pas de différence de classe sociale ni de groupe ethnique. Les enfants s’asseyaient, lisaient et y restaient deux à trois heures les samedis… C’est cela qu’on veut. L’enfant choisit ce qu’il veut faire comme lecture. C’était un outil formidable. Malheureusement, la bibliothèque a été fermée. Et, à mon cher ami Éric Guimbeau qui parle des Curepipiens, je lance un appel : qu’il demande la réouverture de cette bibliothèque et qu’ensuite tous les quartiers de Curepipe disposent de ce type de bibliothèque. L’infrastructure existe mais on l’a fermée ! C’est ridicule, d’autant que le ministère de l’Éducation annonce qu’on va consacrer une heure à la lecture les vendredis. D’abord, il faut voir les conditions dans lesquelles opèrent nos écoles. Ont-elles une bibliothèque décente ? Allez-vous à présent choisir un livre et l’imposer à un enfant ? Cela ne marchera jamais. Un enfant ne lit que ce qui l’intéresse. Si on a ces bibliothèques disséminées à travers l’île, l’enfant lira. Indirectement, on lui dit : il n’y pas lieu d’aller aux cours particuliers, de jouer une journée sur Internet, vous avez des bouquins… Et, cela devient un plaisir. C’est à un très jeune âge qu’on donne cette clé à l’enfant. Aujourd’hui, nous sommes en train de baisser le niveau des questionnaires d’examen et en même temps, la correction est rendue plus flexible. Indirectement, on pousse l’enfant au zéro faute. On ne vise pas l’intelligence de l’enfant. Aujourd’hui peut-on différencier une collégienne du QEC d’une autre de Maurice Curé ou de SSS Forest Side ? Il n’y a pas une grande marge parce que le niveau de l’épreuve qu’on a mise en place ne le permet pas. Une légère faute d’inattention fait que je ne vais pas au QEC. Est-ce de cela que nous voulons ? Je ne suis pas pour un système élitiste. Mais, simplement, les moyens que nous sommes en train de mettre en place pour différencier nos enfants ne sont pas appropriées.
Quelle alternative proposez-vous ?
Il faut avoir du courage, aujourd’hui, pour dire que les méthodes que nous utilisons sont dépassées. Le gouvernement veut distribuer des tablettes tactiles aux collégiens. C’est une bonne initiative. Mais au lieu qu’un enfant ait à transporter des livres dans son cartable sur son dos, on aurait pu les “mettre” sur ces tablettes. On aurait pu créer une kyrielle d’exercices sur ces tablettes. On a annoncé cela pour février. Je dis oui mais cela demande une préparation afin que le programme scolaire soit numérisé et installé sur ces tablettes. Sur Internet, on ne peut tout contrôler. Mais, avec ces tablettes, avec les manuels intégrés et autres exercices ludiques, ce serait une bonne chose. A-t-on réfléchi à la pédagogie ? Non. Donc, il ne suffit pas de prendre des mesures superficielles. Par ailleurs, il faut revoir le nombre d’élèves dans nos salles de classe. Travailler avec 40 élèves de niveaux différents et leur pourvoir une attention particulière… Soit on retourne au streaming soit on diminue le nombre d’élèves dans les classes. Parce que la manière dont je vais enseigner à un enfant brillant et un autre moins brillant est très différente. Les deux systèmes comportent des inconvénients. Mais un choix s’impose. Qu’on le veuille ou non, on a besoin d’un système élitiste parce que le monde évolue de la sorte. D’autre part, avec la crise et la paupérisation de la population, beaucoup de parents ont des difficultés à subvenir aux besoins de leurs enfants. C’est très important de réintroduire ce qu’on a enlevé en 2005. Un enfant qui ne mange pas bien ne peut bien travailler. Quelle que soit la région, il faut faire du targeting. Dans certaines écoles des endroits huppés, les élèves n’ont pas besoin de telles aides — lait, pain… — alors que des défavorisés, dans d’autres endroits, n’en bénéficient pas. L’école est un moyen de rattraper ces déficiences nutritionnelles. En outre, il est important de considérer qu’on peut apprendre en faisant du sport. On est trop académique et il faut que l’école trouve un équilibre entre sports, loisirs et études. Si cela ne se fait pas au niveau de l’école, cela ne se fera jamais. Par exemple, apprendre les maths à travers un match de foot. Partir du concret, de l’expérience de l’enfant et illustrer les concepts. De plus, ce qui est très important aujourd’hui : devenir un bon citoyen. C’est pas uniquement en leur faisant visiter le Parlement qu’on va les aider à réussir. Mais, leur expliquer ce que contient la Constitution. Quelles sont les instances pour défendre les droits des citoyens. Quels sont les droits des citoyens ? Leur montrer qu’on ne peut faire de discrimination. À partir de là, on pourra avoir un citoyen émancipé. Il y a aussi la question de la protection de l’environnement. Dès le bas âge, on peut emmener nos enfants à la rivière, leur montrer comment protéger l’environnement de manière concrète et non pas à travers des livres. Ça, c’est de la théorie. Il faut les emmener sur des terrains où des ordures sont déversées, des plantations où des agriculteurs utilisent trop de pesticides et leur expliquer les implications… Autre rubrique à insérer dans le programme scolaire : l’initiation à la sexualité. On a peur du VIH/Sida, mais on ne veut pas expliquer à l’enfant comment on attrape le sida ! Il faut en parler. Expliquer à l’enfant ce que c’est. On en fait un sujet tabou et on s’étonne quand cela fait la une des journaux… Il faut expliquer à l’enfant ce qu’est le harcèlement, l’attouchement sexuel etc. pour que si cela se produit, il sache dire “Stop”. Même au niveau de la santé, l’école est le lieu idéal pour sensibiliser sur la nourriture, pour lutter contre le diabète, l’obésité… Or, l’école, aujourd’hui, se focalise sur l’aspect académique. Il faut revoir notre système éducatif de fond en comble.
Qu’en est-il sur le plan politique ? Est-ce que les dernières élections ont été révélatrices de l’évolution de notre société avec notamment plus de candidates femmes et des jeunes… Mais, d’autre part, les invectives que se lancent mutuellement les politiciens durant la campagne électorale existent toujours…
La loi Aimée a quelque part aidé, du moins au niveau de la liste des candidats avec 30 % de femmes. C’est une très bonne initiative. Ça a marché surtout dans les villes, moins dans les villages. Le Parlement peut venir avec un projet de loi pour les législatives pour que chaque parti ait au moins une femme sur les trois candidats. On a commencé dans les villes. On a eu les résultats escomptés. C’est le moment d’en faire de même pour les élections générales. Ce qui ressort aussi de la loi Aimée : on a fait de sorte qu’il n’y ait plus ce problème de transfuge. Pourquoi ne pas prendre le même scénario et faire qu’au niveau national cette question de transfuge ne se pose pas non plus. Prenons le cas de Curepipe, s’il n’y avait pas cette loi, nous aurions eu pas mal de défections au sein des partis. Et, c’est l’opportunisme qui aurait gagné la classe politique. C’est une très bonne loi qui dit que si jamais vous changez de bord, vous perdez votre ticket. Ce qui oblige les politiciens à rester dans leur parti… Il faut s’inspirer de cette loi pour les législatives.
Par ailleurs, à chaque élection, on parle de corruption et de manipulation. Pourquoi, ne renforce-t-on pas les pouvoirs de la Commission électorale pour qu’elle puisse sévir, sans qu’il y ait lieu d’aller à la Cour suprême ou devant une autre instance — comme dans le cas d’Ashock Jugnauth — pour annuler l’élection d’un candidat qui a utilisé des moyens frauduleux. Non pas une commission qui ne se contente que de donner le code de conduite ? Ce code de conduite ne sert à rien parce qu’il n’a pas force de loi.
Autre élément qu’on constate au niveau de la politique — c’est marrant et paradoxal — : la classe politique (indépendamment du parti) soutient que pour les élections municipales, surtout, elle a eu recours a beaucoup de jeunes, des nouveaux venus. Pourquoi, n’adoptons-nous pas le même principe pour les élections générales et rajeunir cette classe politique ? Or, ce qu’on constate, ce sont toujours les mêmes.
Et, c’est souvent une histoire de famille, de père en fils…
Exactement. C’est là qu’il faut venir avec — comme c’est le cas aux États-Unis — une loi interdisant de briguer un mandat présidentiel/premier ministériel/ministériel plus de deux fois. Pourquoi est-ce important ? C’est ce qui va casser ce système de clientélisme. Tant que le nombre de mandats que l’on peut briguer n’est pas limité, cela encouragera à être premier ministre à vie. Et, indirectement, cela encouragera à user d’une stratégie afin de régner à vie. Par contre, si le nombre de mandats est restreint à deux, cela n’intéressera pas à établir des liens de clientélisme. Et, cela diminuera ainsi la corruption. Il faut du sang neuf et c’est cela qui va créer la vitalité dans notre démocratie. Par ailleurs, il serait temps d’avoir une loi qui impose aux partis d’annoncer leur programme électoral en même temps que la liste de candidats pendant la campagne. Très souvent, les partis conservent leur programme pour ne le dévoiler qu’à la dernière minute de peur que l’autre parti ne le copie. Mais, si on les oblige à déposer leur programme en même temps que la liste des candidats, il n’y aura pas de tricherie. La population découvrira en même temps les programmes et la campagne pourra se baser davantage sur les programmes que sur les palabres. Aujourd’hui, on sort des clichés qui datent de 10/15 ans. Faire une “campagne de palabres” ne mène nulle part, ne favorise pas la démocratie et n’aide pas à avoir un engagement pour le futur. On retourne au passé et on oublie l’essentiel. Il faut légiférer. Dans cette même lignée de réformes, il y a le financement des partis politiques. Il est temps qu’on le réglemente en encourageant les firmes à les financer. Cela ferait partie de leur CSR et c’est déclaré. Indirectement, on saura exactement la somme allouée et il y aura beaucoup plus de transparence, ce qui diminuera l’argent sale.
En ce qui concerne la question de dynastie où les membres d’une même famille occupent le pouvoir, en limitant le nombre de mandats, une personne peut faire de la politique mais ne pourra occuper le même poste. Elle n’aura pas l’influence qu’elle avait auparavant. Cela freinera la question de dynastie.
Cela ne diminuera-t-il pas le budget des firmes destiné aux ONG ?
La campagne électorale se fait tous les cinq ans. Le fonds accordé aux ONG ne va diminuer que durant l’année de campagne électorale. Si on enlève la taxe sur cette allocation, cela encouragera les firmes à financer les partis politiques et la corruption diminuera.
Comment voyez-vous l’avenir de la politique à Maurice ?
Si on n’arrive pas à réformer notre système, il y a le risque qu’augmente l’opportunisme. On le voit en ce moment avec Guimbeau (ndlr : l’interview a été réalisée avant sa décision de se rallier avec le gouvernement à Curepipe). C’est dommage : une personne avec un seul élu et qui fait du chantage. Ce n’est pas normal, avec un élu, de venir dire “voilà mes conditions”. Pour qui vous vous prenez ? Qu’en est-il de ces sept autres candidats qui ont été élus dans le gouvernement et dans l’opposition ? Je trouve cela très malsain. Si cette personne veut changer la manière de faire de la politique, selon moi, elle a très mal commencé.
Dans cette crise économique mondiale, on parle de la vie chère et de ménages qui peinent à joindre les deux bouts. À Maurice, nous avons de grands centres commerciaux tels Bagatelle, Grand-Baie La Croisette, avec de plus en plus de magasins luxueux. Comment voyez-vous ce vif contraste ?
Il y a beaucoup de développements mais les fruits ne sont pas distribués de manière équitable. De nouveaux riches bénéficient de cette croissance économique, mais la grosse majorité des gens, malheureusement, n’ont que des miettes. Et, aujourd’hui, les gouvernants prennent de la classe moyenne pour subventionner les pauvres au lieu de puiser des riches. Ils appauvrissent la classe moyenne. Marx n’est pas mort. Sa prophétie se réalise : une paupérisation de la population. Une poignée qui devient très riche. Les émeutes de 1999 reflétaient justement cela. Ce n’était pas un problème lié à Kaya nécessairement. Il y avait un gros pourcentage de la population qui se sentait exclu du développement et c’était un moyen de dire “J’existe”. C’était un malaise économique mais c’était une ethnie en particulier qui le ressentait plus que d’autres. Si cette tendance se poursuit, nous aurons plus de réactions spontanées. Comme par exemple en ce qui concerne le problème d’eau, les gens n’hésitent pas à barrer les routes…
Tous ces magasins, ces pubs sur des produits de luxe, de gadgets technologiques derniers cris ne sont-ils pas susceptibles d’attiser la frustration des plus démunis et mener aux vols, violences et crimes ?
Tout à fait. Pensez-vous que cela fait plaisir à une personne d’entrer dans une boutique et tuer quelqu’un pour voler. C’est pas dans la nature humaine. C’est une personne que le gouvernement n’arrive pas à prendre en charge et qui se sent rejetée. La société n’est pas solidaire, elle crée trop d’exclus et cette exclusion pousse les gens à la violence. Vous faites rêver les gens et beaucoup ne peuvent s’acheter ces rêves. Et, c’est là qu’ils cherchent les moyens : le vol jusqu’au jour où ils se font attraper.
Autre paradoxe dans notre société : on parle de crise économique mais de plus en plus de voitures neuves circulent sur nos routes. Pensez-vous que beaucoup vivent au-dessus de leurs moyens et s’endettent ?
Les deux existent. Il y a des personnes qui réussissent dans les affaires — honnêtement ou pas, là n’est pas le débat. Et, au-delà de cela, il y a le phénomène de mode. Celui-ci a les moyens de s’offrir cette Ferrari et moi aussi je voudrais faire partie de ce club restreint et c’est là que certains s’endettent pour se donner ce signe extérieur.
Nous vivons dans un monde très technologique. Comment voyez-vous le phénomène Facebook chez les jeunes ?
Il faut encourager les progrès technologiques. Il faut toutefois inculquer la bonne utilisation. Vous avez un couteau à la maison, vous pouvez l’utiliser en cuisine ou pour tuer.
Quels changements majeurs notez-vous chez les jeunes aujourd’hui ?
Je note avec tristesse que les jeunes, aujourd’hui, ne visent pas l’excellence mais le strict minimum. Je le constate chez mes étudiants. Auparavant, mes étudiants me disaient : “Je veux avoir un A.” Aujourd’hui, ils visent les 40 %… C’est parce qu’aujourd’hui, on ne récompense pas l’excellence. J’ai juste besoin d’un certificat attestant que je suis éligible pour tel poste et ensuite, j’utiliserai mes connexions. Bien sûr que cela existe encore. Quand on n’a pas de transparence au niveau de la PSC, pouvez-vous garantir qu’il n’y a pas de connexions ? D’autre part, les jeunes ont beaucoup d’opportunités mais ne savent pas les saisir. Ils deviennent paresseux, ne savent pas faire preuve d’initiative et croient qu’on leur doit tout. C’est dû aux parents.
Qu’est-ce qui a changé chez les parents aujourd’hui ?
Eux, se disent qu’ils n’ont pas eu ces facilités. Ils font tout pour que leurs enfants en bénéficient. Mais, il faut encourager l’enfant à contribuer à ces facilités. Il faut lui faire comprendre qu’on travaille dur pour leur payer les vêtements, chaussures etc. Il faut leur faire comprendre qu’on doit travailler pour ce qu’on est en train d’avoir.