Après plus de trente ans en politique, Jayen Cuttare a pris sa retraite. Pour s’occuper intellectuellement, il a écrit « Behind the curtain », un livre qu’il vient de lancer, cette semaine. Nous avons profité de cette occasion où l’ex-leader adjoint des mauves qui, dans cet ouvrage, se penche sur son passé — qui se confond avec celui du MMM et de la politique mauricienne — pour l’interroger.
Alors que tous les politiciens mauriciens se cramponnent à leurs tickets et à leurs sièges, vous avez démissionné comme député dans une circonscription qui vous a plébiscité sans discontinuer depuis 1982. Pour quelle raison ?
Le résultat des élections de 2005 où j’ai été élu, mais où l’alliance MSM/MMM qui avait bien dirigé le pays a été battu, a été un coup très dur pour moi. Deux ans après, sentant que ma passion pour la politique commençait à faiblir, je me suis dit qu’il était temps de partir, de céder la place à un jeune. J’avais pendant des années négligé ma famille pour la politique, il était temps de leur redonner un peu de mon temps.
Peut-on après quarante ans d’activité intense se dépassionner de la politique ?
Je suis toujours intéressé par la politique, mais je le fais en retrait. Je ne suis plus un décision maker en politique comme je l’ai été pendant des années.
Cette capacité de pouvoir peser sur l’événement vous manque ?
De temps en temps cela me manque, mais il faut savoir assumer ses choix.
Revenons au départ. Comment est-ce que, né et élevé dans une famille travailliste, vous êtes devenu un des leaders du MMM ?
La politique m’a toujours fasciné. J’assiste aux meetings depuis mon enfance et me suis engagé dans le PTr depuis les élections municipales de 1960. Avec Vijay Joypaul nous avons été les agents d’Eden Balgobin sous la direction de Jean-Roland Delaître
Pourquoi êtes-vous parti faire des études en Bois et Forêts, ce qui fait de vous un des premiers Mauriciens spécialistes de l’écologie, avant que ce terme ne devienne à la mode.
Pour la simple et bonne raison que je viens d’une famille pauvre qui n’avait pas les moyens de me payer les études universitaires. J’ai vu par hasard une annonce pour une bourse en « Forestry », j’ai posé ma candidature qui a été acceptée. C’est comme ça que, par le plus grands des hasards, je suis allé faire des études dans ce domaine à Édimbourg. Là-bas, j’ai fréquenté le PTr anglais et ai découvert la Fabian Society et les idées socialistes. Je suis revenu à Maurice où j’ai travaillé comme assistant conservateur des bois et forêts, puis j’ai été posté au bureau du Premier ministre sous les ordres de Satcam Boolell, ce qui m’a permis de côtoyer tous les grands travailliste de l’époque et je suis devenu un activiste rouge à 100%. Puis j’ai obtenu une autre bourse et je suis allé poursuivre mes études universitaires en Grande-Bretagne et en Suède et suis rentré à Maurice en 1969.
C’était l’année de la coalition PTr/PMSD qui avait suivi l’indépendance.
La coalition avait été faite et cela me mettait mal à l’aise. Je suis allé voir les dirigeants du PTr pour protester et ils m’ont dit que je ne comprenais pas leur stratégie politique. J’étais révolté. C’est comme ça que j’ai commencé à m’intéresser aux idées du club des étudiants mauriciens qui allait devenir le MMM.
Qu’est-ce que vous a poussé, vous le militant travailliste, à vous intéresser au MMM ?
La coalition avec le PMSD et puis la répression qui a suivi. Pendant mes études, j’avais milité contre les dictatures pour les libertés et je ne pouvais accepter ce qui était en train de se passer dans mon pays. Je ne pouvais accepter que le Parti travailliste, qui défendait les idées socialistes, puisse violer les libertés. C’est ce qui m’a poussé vers le MMM, ce que les dirigeants travaillistes ne pouvaient comprendre et accepter. Je voulais démissionner du gouvernement pour entrer dans le MMM, je n’ai pas pu le faire car des garants avaient signé un « bond » de Rs 100 000 pour que je puisse obtenir la bourse et je n’avais pas les moyens de les rembourser. Comme je ne voulais pas trahir mon engagement vis-à-vis du gouvernement, je n’ai pas démissionné. Du coup, le MMM m’a demandé de ne pas participer à ses activités. J’ai été également mis à l’écart dans mon travail au gouvernement, ce qui m’a poussé à chercher un job ailleurs. C’est comme ça que je suis allé travailler à l’OUA, pendant deux ans, puis pendant cinq ans à l’UNESCO, ce qui a permis à ma femme de faire ses études universitaires à la Sorbonne et moi des études de droit. Quand nos avons terminé nos études, j’ai démissionné de l’UNESCO et je suis rentré à Maurice pour adhérer au MMM en 1980.
Votre adhésion au MMM s’est fait sans problèmes ? Vous avez été accepté tout de suite ?
Paul Bérenger m’a demandé d’attendre un peu avant d’entrer dans les instances du MMM et d’aller donner un coup de main comme avocat à la General Workers Federation.
Pour vous faire accepter par la base du MMM ?
Sans doute. Je suis entré dans une base MMM de Beau-Bassin et je devais aller poser à Rivière des Anguilles quand Vijay Vencatasamy, alors député MMM, en a démissionné pour entrer au PTr. Du coup, on m’a demandé de poser à Rose-Hill avec Jean-Claude de L’Estrac et Shirin Aumeeruddy Cziffra.
Les militants « coaltar » mauves de Rose-Hill ont accepté facilement ce candidat qui non seulement n’avait pas vécu les années de braise, mais qui, en plus, venait du PTr ?
Il y a sans doute eu des murmures et des questions, mais c’était le début des années 80 et le pays était en train d’aller vers les premiers 60-0. Et puis il faut dire que dès le départ, j’ai eu le soutien de Paul Bérenger, ce qui m’a aidé à entrer dans les instances du parti. C’est comme ça que j’ai été candidat, député et nommé ministre.
Cette ascension fulgurante n’a pas dû faire plaisir à tous au MMM.
Sans doute. Mais je crois que le fait que je vienne d’une famille pauvre et je n’ai jamais fait mon grand noir en dépit de ma réussite professionnelle, ont contribué à me faire accepter par les militants. Je n’ai jamais été traité de bourgeois comme Jean-Claude et Shirin l’ont été, mais on m’a longtemps qualifié de cheval de Troie rouge chez les mauves et annoncé que j’allais un jour trahir le MMM. Beaucoup de ceux qui tenaient ce genre de discours sont aujourd’hui de l’autre côté, dans le camp des adversaires du MMM, ont changé de casaque.
A un moment dans votre livre, vous écrivez qu’en 1994 Paul Bérenger réalise son rêve de toujours : faire une alliance entre le PTr et le MMM. Je croyais que c’était votre rêve à vous.
C’était le rêve de Paul. Il a toujours eu une nostalgie du Parti travailliste de Rozemont, d’Anquetil, de Seeneevassen et des autres. Il a pensé qu’on pouvait faire revivre ce parti travailliste-là avec le new labour. D’ailleurs, quand nous remportons les élections avec les travailliste en 1995, Paul Bérenger déclare que son rêve est réalisé.
Peut-on dire que vous êtes un bérengiste Jayen Cuttaree ?
Cela dépend de ce que vous entendez par Bérengiste…
… disons un second couteau de Bérenger, celui qui accepte tout ce qu’il dit et fait et qui lui donne toujours raison même quand il a tort.
Je n’ai jamais été comme ça, je n’ai jamais fonctionné comme ça. Bérenger est un homme pour qui j’ai beaucoup d’admiration, d’affection, sinon je ne serais pas resté pendant plus de trente ans au MMM.
Etes-vous resté au MMM surtout à cause de Bérenger ?
Je vais vous expliquer quelque chose d’important pour moi. Je suis devenu un bérengiste, c’est-à-dire un admirateur de Bérenger en 1983. Quand j’ai vu jusqu’à quel point on s’est acharné sur lui. J’ai été traumatisé, j’ai pleuré pendant la campagne électorale de 1983. Ce qui a été dit et fait contre Bérenger lors de cette élection était inacceptable et surtout venant de gens qui le connaissaient et avec qui il avait travaillé…
… comme votre beau frère Dev Virahsawmy, avec qui il avait fait de la prison…
… quand je pense qu’il a pu dire qu’une victoire de Berenger aux élections de 1983 équivaudrait à un retour à l’esclavage ! Et ce n’était qu’un des slogans utilisés contre Bérenger et je suis devenu, comme tous ceux qui sont resté au MMM, incapable d’accepter ce genre de propos, de laisser dire ce genre de chose.
Est-ce qu’il vous est arrivé de dire non à Bérenger ? De ne pas être d’accord avec lui ?
Bien sûr, et plus souvent que vous ne l’imaginez. Je vous donne un exemple : quand il a voulu élire Swaley Kasennally président du parti à la place d’Ahmad Jeewah, je me suis opposé à cette décision. Mais laissez-moi vous dire une chose : on peut discuter avec Paul, il sait écouter, surtout quand vous avez des arguments à lui opposer, mais il n’aime pas qu’on tourne autour du pot. Ceci étant dit, je ne m’attends pas à ce qu’il accepte tout ce que je peux lui dire, mais il écoute, il discute.
Ce n’est pas le dictateur au « baizere caractère » qui impose son point de vue comme le décrivent ses adversaires ?
Il est un leader de parti. C’est un leader de parti qui comme tous ses semblables qui a du caractère.
Je pense que vous avez, comme d’autres militants, très mal vécu la cassure au sein du MMM de 1993. Etait-elle plus grave que la cassure de 1983 ?
Non. L’alliance MMM/ MSM de 1991 était artificielle. Paul voulait d’une alliance avec le PTr et nous avions entamé des discussions avec sir Satcam Boolell qui n’ont pas abouties. Bérenger a été presque forcé de faire cette alliance avec le MSM et il devait déclarer par la suite que, « it was not my doing ». Je pense que la blessure de 1983 était encore très vive en 1991 et moi-même je n’étais pas très à l’aise. Cependant, si Bérenger n’avait pas accepté cette alliance, le MMM aurait pu se casser en deux, ce qui est arrivé en 1996.
Qui a forcé Bérenger à conclure cette alliance et pour quelle raison ?
Il faut savoir qu’Anerood Jugnauth ne voulait pas au départ d’une alliance avec le MMM. Il voulait avoir dans son camp Prem Nababsing, Jean-Claude de l’Estrac et Cassam Uteem, qui ont refusé. Puis, il a dit qu’il vouliat du MMM mais sans Bérenger, ce qui lui a été également refusé. C’est quand il a appris que nous avions des négociations avec le PTr qu’il a accepté l’alliance, le MMM et Bérenger.
Ce qui me permet de dire qu’en fin de compte on conclut souvent une alliance politique à Maurice pour en empêcher une autre.
C’est vrai si l’on excepte le cas de 1983. Pour revenir à 1991, Jugnauth a insisté sur le fait qu’il n’y aurait qu’un seul Deputy prime minister, Prem Nababsing, ce qui n’était pas « fair » vis-à-vis de Paul. Je pense également qu’après la leçon de 1983, certains au MMM avaient peur d’une autre cassure et avaient déjà décidé que si elle se produisait, ils resteraient avec Jugnauth. Je pense que la défaite d’Ivan Collendavelloo a également joué dans cette affaire. Certains ont paniqué, ont conclu que l’électorat musulman, traditionnellement MMM, avait changé de bord pour soutenir Jugnauth, pour être dans le pouvoir dont ils avaient été écartés. De l’Estrac, Uteem et Nababsing étaient viscéralement anti-travaillistes et c’est Jugnauth qui a pris les devants quand il a appris que je négociais avec Satcam Boolell. C’est dans ces circonstances que l’alliance MSM/MMM de 1991 a été conclue.
Vous pensez que l’objectif d’Anerood Jugnauth était de « finir » Bérenger en le séparant du MMM ?
Je n’ai aucun élément pour répondre à cette question.
Rappelons les faits : en 1993 après deux ans de gouvernement MSM/MMM, Jugnauth révoque Bérenger du gouvernement sous prétexte qu’il avait invité Navin Ramgoolam…
… pour le faire, il s’était basé sur un article paru dans Week-End. Et le MMM reste au gouvernement, alors que son leader est dans l’opposition. Et puis le RMM est formé avec des dissidents MMM…
… vous n’avez pas été tenté de rejoindre le RMM ?
Pas un seul instant. Par la suite, des députés MMM ont été limogés du gouvernement et le MMM a quitté la coalition. J’ai suivi le MMM dont je suis devenu le Deputy Leader, en maintenant mes liens avec les anciens du MMM devenus RMM. Tout comme j’ai toujours maintenu des liens avec les travaillistes en les combattant politiquement.
On sait que vous avez été le négociateur — l’AGWA — de l’alliance PTr/MMM de 1994. Avez vous fait le même « travail » pour l’alliance MSM/MMM de l’an 2000 ?
Je n’ai jamais négocié avec le MSM. Mon problème avec le MSM, c’est la cassure de 1983, les choses qui se sont dites après. Je n’arrive pas à oublier, ce qui ne veut pas dire que je ne peux pas travailler avec le MSM au sein d’un gouvernement comme cela a été le cas entre 2000 et 2005.
Vous préférez le PTr ? Pourtant Navin Ramgoolam n’a pas été particulièrement tendre avec le MMM et son leader après la cassure de 1997.
La cassure de 1997 n’était pas du même niveau que celle 1983. Même si Paul et Navin sont des adversaires politiques acharnés, ils maintiennent des relations civilisées.
Dans quelles circonstances ont été conclues l’alliance PTr/MMM de 1994, votre « doing » et celui de Bérenger ?
Rappelez-vous : après la cassure de 1993, le gouvernement MSM est renforcé avec l’arrivée des anciens MMM devenus RMM. C’était une période difficile pour le MMM et j’ai pensé qu’il fallait faire une alliance pour redonner à nos électeurs la perspective du pouvoir. J’ai utilisé mes relations avec Navin Ramgoolam, nous avons conclu l’alliance et quelque temps après il y a eu l’élection partielle de Rose-Hill où Paul Bérenger et James Burty David ont battu les candidats du RMM, de L’Estrac et Aumeeruddy Cziffra. Cette victoire a fait naître le sentiment que le PTr/MMM était imbattable, c’est ce qui s’est produit en 1995.
Qu’est-ce qui a provoqué la cassure en 1997 de cette alliance PTR/MMM « imbattable » ?
Une échelle repose sur deux pieds. Il y avait des gens au sein de l’alliance qui pensaient qu’il existe des échelles avec un seul pied. Certains, au PTr, considéraient le MMM comme une béquille, ce qui a provoqué de la méfiance, du ressentiment et le reste.
Avec votre expérience de la politique, pensez-vous que les alliances sont indispensables pour remporter une élection ?
La réponse est oui tant que nous avons ce même système. Les alliances sont indispensables pour contenir le communalisme. Comme l’a dit un prix Nobel, le meilleur régime pour les sociétés plurielles, comme Maurice, c’est un gouvernement de coalition.
Pourtant, en dehors de celui de 2000 à 2005, toutes les alliances gouvernementales ont éclaté avant la fin de leur mandat.
Pour qu’un gouvernement de coalition puisse fonctionner, il faut une confiance absolue entre les deux leaders. Il faut qu’ils puissent discuter franchement sans aucun procès d’intention d’avance. Et surtout que les leaders sachent résister aux vautours de leurs partis respectifs, surtout quand ils utilisent des arguments communaux.
On en parle depuis plus de trente ans : est-ce que Bérenger est le problème du MMM ?
Comment peut-il être le problème du MMM quand sous son leadership le parti fait une moyenne de 43% des voix à chaque élection ? Nous perdons à chaque fois par 5, 6 ou 7% d’électeurs qui refusent d’accepter que Bérenger puisse diriger le gouvernement. Nous ne pouvons pas adapter notre parti à la pensée de cette minorité.
Est-ce que quelque part l’électorat mauricien n’a pas fini par intégrer ce qu’on lui répète depuis des années : Bérenger ne peut pas devenir Premier ministre ?
Ce n’est pas mon point de vue. Si le MMM retire la candidature de Berenger, cela signifierait qu’il accepte la logique d’une minorité qui refuse que tous les habitants de ce pays aient les mêmes droits. Nous ne nous sommes pas battus depuis plus de quarante ans pour aujourd’hui jeter les armes. C’est n’est pas possible.
Après trente ans de politique active et je ne sais plus combien de campagnes électorales, vous avez encore l’espoir que Paul Bérenger peut un jour redevenir Premier ministre de Maurice ?
La réponse est oui. Si je n’avais pas cet espoir, je n’aurais pas fait de la politique au sein du MMM pendant plus de trente ans.
L’épisode ECO où vous avez failli être arrêté alors que vous étiez ministre, a-t-il été un des mauvais souvenirs de votre vie ?
Sur le moment, je l’ai vécu très mal. Je n’avais rien fait de mal, comme cela a été établi par la suite par un jugement de la Cour suprême contre Rama Valayden. Je ne méritais pas ça. Ce fut un moment difficile de ma vie.
On peut le comparer avec votre échec à l’élection de directeur général de L’Organisation Mondiale du Commerce ?
C’était autre chose, le combat du pot de terre contre le pot de fer. Les dés étaient pipés au départ et les grandes puissances ont soutenu le candidat de la France contre moi, qui ne représentait que les petits pays.
Pourquoi, pour qui avez vous écrit ce livre ?
Quand j’ai décidé de prendre ma retraite politique et professionnelle, j’avais besoin d’une occupation intellectuelle. Ma fille m’a suggéré d’écrire l’histoire de ma vie. J’ai refusé en me disant que j’allais écrire un livre sur la politique vu des coulisses. Jean-Claude de l’Estrac m’a alors dit que je devais écrire un livre sur la politique tout en racontant l’histoire de mon parcours. J’ai raconté mon histoire pas pour m’autoglorifier mais pour montrer que même si on est pauvre, mais que l’on a de l’ambition, de la discipline, l’envie de travailler et un bon environnement familial « the sky is the limit ».
Votre livre se termine par cette phrase : « plus que jamais, la lutte du MMM continue ». Sans vous ?
Il y a eu combien de personnes qui ont lutté avant moi ? La lutte continue, j’ai fait ma part, j’ai joué mon rôle et je pense qu’il est temps que je cède la place. Cette lutte est un idéal qui n’est pas seulement celui du MMM, mais des Mauriciens, mais d’une majorité d’êtres humains.
Une dernière question d’actualité : on parle de plus en plus de remake MSM/MMM. Quelle est la réflexion que vous inspire cette éventualité ?
Quand on parle de remake MSM/MMM, je ne peux m’empêcher de penser à la cassure de 1983.