Atoll Paradise, tour-opérateur basé aux Maldives, a remporté trois trophées – World’s Leading Luxury Boutique Tour Operator, Indian Ocean Leader Travel Agency et Maldives Leading Luxury Tour Operator – aux derniers World Travel Awards. Actuellement à Maurice, son responsable de vente Ahmed Shafeeq Moosa a eu des discussions avec les autorités concernées en vue de développer un partenariat pour la destination conjointe Maurice-Maldives. Il nous livre ses observations sur le tourisme régional et des défis à relever.
Atoll Paradise a enlevé trois trophées aux derniers World Travel Awards. Quel est votre secret ?
Nous accordons une attention particulière aux besoins des clients. Nous avons un service personnalisé et un personnel composé d’une centaine de personnes dédiées à cela. Nous travaillons avec les hôtels haut de gamme à travers le monde, dont les groupes Lux* et Constance à Maurice. Cela fait seulement six ans que nous opérons et deux ans depuis que nous vendons la destination Maurice et les Seychelles en plus des Maldives. Chaque île a ses particularités et c’est ce qui fait la richesse de notre région. En 2012, nous avons enregistré un turn-over de USD 24 millions, nous voulons atteindre USD 100 millions dans trois ans.
Parlez-nous de votre visite à Maurice…
Je suis venu, en compagnie de mon CEO, Mohamed Bagir, pour des rendez-vous d’affaires. La Mauritius Commercial Bank, présente à Malé, est notre principal partenaire financier. Nous en avons profité pour voir comment nous pouvons améliorer nos relations étant donné que Maurice et les Maldives ont jeté de nouvelles bases pour la coopération. J’ai eu l’occasion de rencontrer le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval que j’ai remercié pour l’ouverture sur Maldives avec l’accord sur l’accès aérien. J’ai aussi rencontré le ministre du Tourisme Michaël Sik Yuen et nous avons discuté des éventuelles collaborations avec cette ouverture. Je suis confiant que nous allons très bientôt récolter les fruits de ce partenariat entre Maurice et les Maldives sur le plan touristique. Nous avons beaucoup de choses en commun, mais chaque île est un produit différent. Je dirai que la beauté des Maldives est sous l’eau, alors que celle de Maurice est sur terre.
C’est ainsi que vous vendez les deux destinations ?
La mer constitue 90 % des Maldives. Notre force c’est vraiment ce côté exotique. Nous avons aussi le concept one island one hotel qui sied aux touristes en quête de calme et d’intimité. Maurice, en plus de la mer et des plages, a aussi sa richesse culturelle, des activités variées, ses boutiques… Les deux destinations sont vraiment complémentaires.
Vendre la double destination Maurice-Maldives, qu’en pensez-vous ?
Je pense que c’est une bonne chose. Cela a déjà marché dans d’autres cas. Le plus important était l’accès aérien entre les deux pays. Pour que cela réussisse, il faudra impliquer les acteurs clés du secteur afin de voir quelles sont les demandes et comment on peut y répondre. Cela permettra de déterminer la fréquence des vols. Si les compagnies aériennes proposent un tarif intéressant, je parie que beaucoup de touristes voudront visiter les deux destinations. Le vol direct entre Maurice et les Maldives est de quatre heures seulement.
Quel est votre regard sur le tourisme mauricien ?
Je pense que vous avez été trop dépendant du marché européen. Il fallait penser à diversifier plus tôt. Aux Maldives, par exemple, notre principal marché est le marché chinois. Grâce à cela nous n’avons pas trop souffert de la crise en Europe. Mais il est aussi vrai qu’on ne pouvait prévoir cette crise.
Maurice veut justement attirer plus de touristes chinois. Que pouvez-vous nous apprendre à ce sujet ?
La première condition est qu’il faut prévoir suffisamment de vols sur la Chine. Il faut ensuite se bâtir un réseau de tour-opérateurs sur place. C’est ainsi qu’on arrive à atteindre la clientèle. Ceci étant dit, je dois avouer que les Maldives ont été un peu chanceux dans le sens où nous sommes géographiquement plus près de la Chine. Nous n’avions pas prévu de faire de ce pays notre principal marché. Cela s’est fait naturellement, en raison des facilités d’accès.
Quels sont les défis du secteur touristique aujourd’hui ?
Nous nous trouvons dans une situation où l’économie mondiale est à son point le plus bas. Il est difficile pour nous de prévoir ce que demain sera fait. Ce n’est pas évident de développer des stratégies sans savoir si cela répond à la demande du moment. Une des façons de s’en sortir, selon moi, est de proposer des offres spéciales sur certaines saisons. Les hôtels devraient travailler dans ce sens.
Atoll Paradise a-t-il des projets sur Maurice ?
Pour le moment nous vendons Maurice à travers notre agence à Malé. Mais nous espérons ouvrir une branche ici à l’avenir. Dans un premier temps, nous souhaitons recruter une dizaine de Mauriciens pour travailler avec nous, à Malé. Les Mauriciens étant bilingues et avec une diversité culturelle, cela pourrait nous aider à toucher de nouveaux marchés. Ceux qui souhaitent savoir plus sur nos activités peuvent consulter notre site (www.atollparadise.com).