Miselaine Duval présente une version française de 1 000 Fam au théâtre Marsoulan à Paris. Scope a réalisé cet entretien quelques jours avant son départ, vendredi dernier. La comédienne retrace pour nous les grandes lignes du projet.
Comment 1 000 Fam se retrouve-t-il à Paris ?
J’ai écrit 1 000 Fam, il y a deux ans; je l’ai gardé dans un tiroir et je l’ai sorti en 2011 pour en faire un one-woman-show. J’ai fait plus de vingt-cinq dates au KaféT@ Komiko avec ce spectacle, qui a rencontré un super succès. On me disait souvent que je devrais le porter plus loin.
Votre premier one-woman-show était visiblement le bon…
Je pense que ce spectacle était en moi depuis trop longtemps. C’était en train de mariner.
Comment le projet s’est-il développé par la suite ?
Je suis partie à La Réunion rencontrer Lolita Monga, la directrice du Centre Dramatique de l’Océan Indien. On devait faire une création ensemble. Malheureusement, elle ne devait pas être libre au moment voulu. Je me suis dit que ça se ferait après. Entre-temps, l’IFM a décidé de soutenir le projet et de l’accompagner à Paris. Il fallait bien sûr faire une version française et adapter la création. L’IFM et Maurice Culture et Avenir sont les deux partenaires qui emmènent 1 000 Fam à Paris.
Lolita Monga n’étant pas disponible, comment d’autres metteurs en scène se sont-ils joints au projet parisien ?
Je reçois un coup de fil un jour et on me signale que deux personnes en vacances à Maurice passeront au KaféT@ Komiko pour voir mon travail sur scène. Mais comme je n’étais pas au pays à ce moment-là, ils sont donc repassés et m’ont donné rendez-vous après avoir assisté aux répétitions de La grande folle de Liliane Perlon et à une représentation de 1 000 Fam. Ces deux personnes sont le producteur David Rozen et le directeur du Théâtre Marsoulan, David Rebouh.
Des modifications sont-elles apportées dans la version française ?
Ils m’ont dit que 1 000 Fam peut intéresser et peut aller loin. Il faut juste qu’on travaille ensemble bien évidemment, et je ne demande que ça. Je pars pour des répétitions sur place cette semaine (NDLR : vendredi dernier). Sinon, j’ai déjà commencé à travailler ici avec le metteur en scène, via Skype.
Avez-vous des appréhensions à jouer à Paris ?
Je suis consciente que ce n’est pas le même public ni la même langue; l’humour y est très différent : Maurice, ce n’est pas Paris, et Paris, ce n’est pas Maurice. Je pars séduire un public différent. Est-ce que ça se passera bien ? Je ne sais pas. Ce que je sais, je vous le dirai après avoir essayé (rires).
C’est aussi une occasion de multiplier les contacts dans le domaine.
En arrivant à Paris, je compte inviter d’autres producteurs et d’autres directeurs de théâtre. Et après, s’ils sont intéressés, essayer de créer une tournée à partir de ce projet. Deux dates sont prévues en kreol. C’est la première fois que Komiko jouera un spectacle à Paris en one-woman-show dans un théâtre pour la diaspora mauricienne. Je sais que des musiciens et chanteurs mauriciens se produisent à l’étranger, mais le théâtre n’est jamais vraiment sorti du pays. Il me semble que c’est aussi, quelque part, Komiko qui est en train de grandir. C’est un rêve que j’ai depuis longtemps. Il y a des choses que j’ai envie de dire à travers l’humour, et maintenant, toucher le créneau du one-woman-show. Je prépare déjà un deuxième spectacle en kreol pour 2012 sur un autre thème.
Je ne sais pas si tout cela réussira, mais au moins, je pourrai dire que dans ma carrière, j’ai eu la chance de pouvoir exploiter ce créneau. En tout cas, je ferai de mon mieux pour que ça passe. Le seul outil que j’ai est mon naturel. Je veux aussi satisfaire tous ceux qui croient en moi. Et moi-même avant tout ! Mo krwar ki mo ase swinte pou realiz mo bann rev.