Gaz, borborygmes, crampes, diarrhées… L’intolérance au lactose touche une grande partie de la population. À l’origine de ce problème : une absence ou une insuffisance de lactase qui est le plus souvent de nature génétique et permanente. Pour la plupart des personnes concernées, le seuil de tolérance est toutefois assez élevé pour que les symptômes ne se présentent pas après avoir consommé du lait et autres produits laitiers. Pour ceux étant moins tolérants, il n’est pas toujours nécessaire de bannir les produits laitiers de son alimentation. Le yaourt et le lait de soja peuvent entre autres constituer une solution de remplacement.
Les nourrissons développent très rarement une intolérance au lactose. Il est très exceptionnel qu’un bébé soit déficient en lactase dès sa naissance. Toutefois, l’intolérance s’accroît au fur et à mesure qu’ils grandissent. Les premiers symptômes se manifestent habituellement vers l’âge de cinq ans. D’après la science, cette intolérance varie selon l’origine ethnique de la personne. Selon des statistiques, 20 % des enfants d’origine hispanique, asiatique ou afro-américaine, ayant moins de cinq ans seraient intolérants au lactose. Selon d’autres estimations scientifiques, 10 % de la population blanche présenteraient un manque de lactase – enzyme nécessaire à la digestion du lactose – alors que le nombre serait plus important chez la population noire et asiatique où il peut dépasser 30 %.
Qu’est-ce que le lactose ? C’est le principal type de sucre présent naturellement dans le lait et les autres produits laitiers. Il participe au développement du système nerveux de même qu’à l’absorption du calcium. Pour bien digérer le lactose, le corps doit posséder la lactase. Les mammifères en disposent à la naissance jusqu’après le sevrage où cesse alors la production de cette enzyme.
Chez les humains, la lactase diminuerait en moyenne entre 90 et 95 % au début de la petite enfance. Néanmoins, la production de cette enzyme continuerait chez certains groupes ethniques jusqu’à l’âge adulte, surtout chez les Nord Européens où l’intolérance au lactose est plus faible. S’il existe plusieurs raisons à l’absence ou l’insuffisance de la lactase, la raison la plus fréquente est que le mécanisme biologique nécessaire pour produire la lactase, même s’il est toujours présent, arrête de fonctionner.
Ceux qui en sont intolérants lorsqu’ils boivent du lait présentent à des degrés divers des ballonnements, des flatulences, des vomissements, de la diarrhée (surtout chez les enfants) et autres crampes. L’intensité et la durée des malaises peuvent fortement varier. Ainsi, un certain taux de lactose est susceptible de déclencher des symptômes chez un intolérant et aucun trouble chez un autre. L’intensité de la gêne peut aussi varier en fonction de la quantité de lactose consommée. Naturellement, plus la quantité est élevée, plus les troubles sont importants. Ces symptômes se manifestent habituellement moins de huit heures après la consommation de produits laitiers.
Face à ce souci alimentaire, certains professionnels de la santé, surtout de la médecine alternative, estiment que les personnes qui ne peuvent bien digérer le lactose ne devraient pas insister en continuant à consommer des produits laitiers mais les retirer de leurs aliments. Alors que d’autres spécialistes sont plus d’avis que cette incompatibilité avec le lactose ne doivent pas nécessairement s’en détourner complètement d’autant que ces produits ont beaucoup de bienfaits, dont un apport riche en calcium. Selon eux, il importe d’essayer de régler le problème en ingérant le lait en petite quantité ou en le buvant accompagné d’autres aliments.
D’après certaines études, une introduction graduelle du lait pourrait réduire l’intolérance au lactose et résulter en une réduction de 50 % de la récurrence et de la gravité des symptômes.
Les bienfaits associés au lait peut être retrouvés dans d’autres produits, qui en sont dérivés et qui contiennent bien moins de lactose. À l’exemple du yaourt, qui est plus facile à digérer vu qu’il contient des bactéries qui aident à la décomposition du lactose. Le fromage en est un autre exemple. Autrement, le lait de soja constitue une autre solution car il ne contient pas de lactose et est riche en calcium. Au cas où vous consommez très peu de lait et de produits laitiers pour des raisons d’intolérance, il importe de remplacer le calcium à travers d’autres aliments qui en contiennent tels le brocoli et les épinards. Avec l’avis de votre médecin, vous pourrez aussi prendre du calcium en supplément.
Toutefois, l’allergie aux protéines du lait, qui est bien plus rare – elle touche 1 % de la population adulte et 3 % des enfants – est différente de l’intolérance au lactose. Elle est plus grave, provoquant des malaises liés avec le système digestif tels des douleurs abdominales, des vomissements et la diarrhée. Les troubles peuvent se présenter au niveau des voies respiratoires – congestion nasale, toux et éternuements. La peau peut être aussi touchée avec de l’urticaire eczéma, des plaques enflées. Des coliques, otites, migraines et autres problèmes de comportement peuvent se présenter.
Contrairement aux personnes intolérantes au lactose, les personnes allergiques aux protéines de lait doivent bannir les produits laitiers de leurs aliments. Chez les enfants, l’allergie est souvent temporaire, jusqu’à ce que leur défense immunitaire parvienne à maturité vers l’âge de trois ans. Le médecin jugera de la possibilité de tenter une réintroduction du lait en vue de vérifier si l’allergie est encore là.