Après l’intoxication alimentaire à la Bambous “A” Government School hier qui a concerné une centaine d’élèves, la majorité des parents n’ont pas envoyé leurs enfants à l’école aujourd’hui. La tension y est toujours palpable et une cinquantaine de parents se sont présentés à l’établissement ce matin pour rechercher des explications. Cet empoisonnement a eu pour conséquence l’admission de 21 enfants à l’hôpital sans compter la centaine ayant reçu des soins aux urgences de l’hôpital Victoria et d’autres au dispensaire de Bambous. Des parents en colère ont saccagé le bureau du Head Teacher et la devanture vitrée du snack du fournisseur du repas quotidien à cette école de Bambous. Cet incident regrettable a soulevé une grande agitation parmi les habitants et la SSU était sur place jusqu’à fort tard hier.
« Ayo… ki mo kapav dir ou … nou finn pas dan enn syklonn yer. » Ce témoignage d’un membre du staff de Bambous “A” G. S résume parfaitement le grand tumulte et la panique qui ont régné hier dans l’enceinte de cet établissement après que les parents ont appris la nouvelle de l’intoxication de leurs enfants causée par le repas quotidien offert par l’école. Pour rappel, cet établissement fait partie des écoles ZEP qui distribuent depuis le début de cette année scolaire un repas chaud chaque jour à leurs élèves et qui est une des mesures préconisées dans le Budget 2013. Le menu proposé hier par le fournisseur de l’école de Bambous était composé de riz, de grains secs, d’une salade de chouchou et d’une rougaille d’oeufs. Mais il semble que le repas était avarié et des enfants ont été pris de malaise engendrant par là même vomissement, diarrhée, nausée et colique.
Pendant que les enfants souffrant des divers maux recevaient des soins au dispensaire de Bambous et d’autres à l’hôpital Victoria, des parents sans crier gare ont débarqué à l’école pour exprimer avec force leur mécontentement. Ils s’en sont pris surtout au bureau du Head Teacher en hurlant leur colère. Ils ont saccagé les vitres de son bureau et ont renversé sa table de travail et d’autres équipements pour les besoins de l’administration. « Le bureau ce matin était sens dessus dessous », raconte une enseignante.
Les parents mécontents, soutenus par des habitants de l’endroit, se sont ensuite dirigés vers le snack du fournisseur. Une foule hostile s’était massée devant le commerce de ce dernier. « Zot ti pe anvi kraz so snak e zot pa ti pou ezite pou bat li », disent des personnes qui étaient sur place. La présence renforcée et bien visible d’une équipe de la Special Supporting Unit devant les locaux du fournisseur a permis de calmer les esprits surchauffés.
Dès la nouvelle de la présence d’une centaine d’élèves de l’école de Bambous et de leurs parents au Casualty de l’hôpital Victoria, Vasant Bunwaree, le ministre de l’Éducation et celui de la Santé, Lormus Bundhoo, sont arrivés immédiatement pour s’enquérir de la situation et veiller à ce que ces enfants soient examinés en priorité par les médecins. Vasant Bunwaree, qui était accompagné par une forte délégation de son ministère, semblait visiblement inquiet même s’il affichait le sourire et avait l’air calme. Après une tournée au Casualty pour rassurer les parents et les jeunes malades, les deux ministres se sont dirigés vers les “wards” où avaient été admis seize enfants dont le cas méritait hier une observation prolongée. À la fin de leur tournée les deux ministres ont fait part de leur appréciation au personnel médical tant pour la diligence avec laquelle ils se sont occupés de ces enfants que pour les soins que ces derniers ont reçus.
Le ministre de l’Éducation, dans une déclaration aux journalistes présents, a déploré cet incident survenu à cette école et a évoqué l’enquête en cours menée par son ministère et celui de la Santé pour établir les causes de cette intoxication. Il a aussi annoncé la suspension du contrat du fournisseur en attendant la fin de cette enquête et a donné l’assurance que les autorités seront encore plus exigeantes envers ceux qui ont obtenu le contrat pour fournir les repas dans toutes les écoles ZEP. « Mo byen trist seki finn pase. Depi komansman nou pe monitor sa proze-la dan sak lekol me apre seki finn arive azordi (NDLR : hier) bann ofisie mo minister pou pli vizilan lor bann kriter preparasion manze e nou an kontak regilierman avek bann PTA lor sa kestion-la », a affirmé Vasant Bunwaree. Pour sa part, le ministère de la Santé a permis hier l’ouverture du dispensaire de Bambous jusqu’à minuit à cause de ce problème spécifique.
Les élèves de l’école de Bambous n’ont par ailleurs pas été privés de ce repas quotidien et ce sont les officiers du ministère de l’Éducation qui en ont pris la responsabilité aujourd’hui de trouver un fournisseur. Du “minn frit” a été servi à la centaine d’enfants présents aujourd’hui.