Le ministre de l’Environnement Deva Virahsawmy a récemment signé au Japon la Convention de Minamata. C’est un nouveau traité mondial qui vise à réduire les émissions et les rejets de mercure et qui réglemente le mercure utilisé dans les produits, les mines et les usines. Maurice est parmi les tous premiers 92 pays à le faire. Le mercure et ses composés différents ont une série d’effets graves sur la santé notamment sur le cerveau, les reins et l’appareil digestif.
Le texte de la Convention de Minamata, un instrument juridiquement contraignant sur le mercure, a été signé par 92 pays (dont Maurice), lors d’une conférence sur le mercure qui s’est déroulée du 7 au 11 octobre, sous l’égide de l’ONU, à Kumamoto (Sud-Ouest du Japon), à Minamata (voir encadré), une ville voisine.
Dans son discours de circonstance, le ministre de l’Environnement Deva Virahsawmy a évoqué les mesures déjà prises par le gouvernement mauricien pour réduire la pollution par le mercure. Il a cité notamment l’interdiction déjà émise plusieurs années de cela d’importer des batteries contenant du mercure. En outre, le gouvernement mauricien a déjà établi des normes quant à la quantité de mercure qui pourrait se trouver dans les poissons, l’eau potable et les effluents qu’on jette sur terre ou en mer.
Deva Virahsawmy a aussi exprimé la détermination du gouvernement mauricien d’atteindre l’objectif de 35 % de nos besoins en énergies à partir des énergies renouvelables d’ici 2025, réduisant ainsi notre dépendance sur des centrales à charbon, une des principales sources des émissions de mercure.
Pour pouvoir ratifier et mettre en oeuvre dans les meilleurs délais la Convention de Minamata, le gouvernement est en train d’effectuer un inventaire préliminaire des sources des intoxications au mercure à Maurice. Cela avec le soutien du Programme des Nations unies pour l’Environnement et du Strategic Approach to International Chemicals Management (SAICM). Notre pays envisage également d’élaborer un Plan d’Action National pour s’attaquer au problème des intoxications au mercure.
Rappelons que la firme mauricienne Nergysave, située à Roches-Brunes, dispose d’un appareil qui permet le recyclage des tubes fluorescents et des ampoules fluo-compactes et la récupération écologique du mercure qu’elles contiennent. Elle propose ce service pour une somme modique.
En outre, il faut aussi savoir que dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l’environnement 2013, l’organisation non gouvernementale Pesticide Action Network a organisé en mai dernier au centre social de Cité La Chaux, Mahébourg, des tests de cheveux pour évaluer le degré d’intoxication des personnes testées au mercure. Ces tests ont révélé un taux alarmant de mercure dans l’organisme de ceux testés.
Le mercure et ses composés différents ont une série d’effets graves sur la santé, notamment sur le cerveau avec des dommages neurologiques surtout chez les jeunes. D’autres effets incluent des dommages au niveau des reins et de l’appareil digestif. Parmi de nombreux autres effets documentés, les victimes peuvent souffrir de perte de mémoire et de défaut du langage.
En signant la Convention de Minamata, les gouvernements se sont accordés sur une variété de produits contenant du mercure dont la production, l’exportation et l’importation seront interdits d’ici 2020. Cela inclut les batteries, excepté celles utilisées dans les appareils médicaux implantables, les commutateurs et les relais, certains types de lampes fluorescentes compactes, le mercure dans les lampes fluorescentes à cathode froide, les lampes fluorescentes à électrode extérieure, les savons et les cosmétiques.
La Convention cible également les industries d’exploitation aurifère artisanale et à petite échelle, où le mercure est utilisé pour séparer l’or de la roche. En outre, elle contrôle les émissions et rejets de mercure provenant de grandes installations industrielles variées au niveau des centrales d’énergie à charbon, des chaudières industrielles et de certains types de manipulations de métaux tels que le zinc et l’or.
Le financement initial pour accélérer l’action jusqu’à ce que le nouveau traité entre en vigueur dans les trois à cinq ans a été engagé par le Japon, la Norvège et la Suisse.