Une semaine après l’intrusion d’un journaliste au caveau du Père Laval dans le cadre d’un reportage sur l’affaire MedPoint, la MBC a présenté ses excuses à l’Église. Le père Gérard Mongelard, porte-parole du diocèse, était invité à une réunion avec le directeur par intérim, Anooj Ramsurrun, et le président de la MBC, Beejaye Ramdenee. Une lettre d’excuse adressée au cardinal Maurice Piat lui a été remise. Le père Mongelard a insisté pour que de telles choses ne se reproduisent plus à l’avenir.

Le reportage de la MBC dans le sillage de l’acquittement de Pravind Jugnauth devant le Privy Council, dans le cadre de l’affaire MedPoint, a récemment créé la polémique. Le journaliste de la MBC s’était en effet permis d’aller interviewer des personnes en train de prier au caveau du Père Laval, à Sainte-Croix. Le diocèse de Port-Louis avait par la suite émis un communiqué condamnant cette intrusion dans un lieu de culte.

Il a fallu attendre plus d’une semaine et l’intervention du cardinal Maurice Piat, lors de laquelle il a exprimé son regret qu’il n’y ait même pas eu un mot d’excuse de la MBC, pour que la direction de la station nationale réagisse. En début d’après-midi hier, le président du conseil d’administration, Beejaye Ramdenee, confirmait au Mauricien qu’il avait invité le père Mongelard à une réunion à ce sujet. « Nous avons mis du temps à organiser cette réunion car la semaine dernière, il y avait la fête Maha Shivaratree et c’était un peu compliqué », a-t-il expliqué.

Après la réunion, qui s’est tenue au siège de la MBC, à Moka, le père Mongelard a confirmé que le directeur par intérim de la MBC ainsi que le Chairman ont présenté des excuses pour cette intrusion au caveau du Père Laval. « Comme des gentlemen, ils ont réalisé qu’il y avait eu quelque chose de grave et s’en sont excusés. Ils m’ont également remis une lettre d’excuse à l’intention du cardinal Piat. »

Le père Mongelard indique qu’il est « important de faire attention à respecter la religion » de tout un chacun. « Nous avons eu Kaya, nous avons eu les bagarres de 68. Il ne faut pas que d’autres événements viennent troubler la paix sociale. Car il faut savoir que les gens étaient un peu agacés après ce reportage. Beaucoup de personnes m’ont demandé si on n’allait pas réagir. » Pour sa part, Beejaye Ramdenee a expliqué que l’intrusion au caveau du Père Laval était un « malheureux incident » et a donné l’assurance que la MBC serait « plus prudente la prochaine fois ». Il a remercié le père Mongelard pour sa compréhension du contexte dans lequel une telle situation s’est produite.

Cependant, si le père Mongelard dit avoir reçu l’assurance que le journaliste concerné, en l’occurrence Ajagen Runghen, a été sanctionné – propos repris par le directeur par intérim de la MBC lors du journal télévisé –, Beejaye Ramdenee a, lui, laissé entendre au Mauricien que tel n’a pas été le cas. « Le journaliste a reconnu avoir commis une faute et nous lui avons expliqué qu’il ne faut pas reproduire la même erreur. Mais il n’y a pas eu de sanction, telle qu’une suspension ou un renvoi. »

Ce qui a toutefois choqué pendant le JT hier, ce sont les mots choisis par le directeur par intérim, Anooj Ramsurrun, pour parler des sanctions à l’encontre du journaliste : « Le public l’a puni. Il a été lapidé, crucifié… C’est la plus grande punition qu’il pouvait avoir ! »