Quantum Global Research Lab, entité du Quantum Global Group spécialisée dans la recherche et l’analyse de politiques macroéconomiques, place Maurice au 16e rang (sur un total de 54 pays) dans son indice axé sur les conditions d’investissement en Afrique. Présenté, hier, à des opérateurs économiques réunis à l’hôtel Hennessy Park, Ébène, l’indice a été développé comme un guide portant sur les pays ou marchés africains offrant des perspectives intéressantes en matière d’investissement sur le court à moyen terme.
Lors de sa présentation, le Professeur Mthuli Ncube, directeur général de Quantum Global Research Lab, a déclaré que six facteurs ont été pris en compte pour l’élaboration de l’Africa Investment Index : a) la croissance économique (évolution du produit intérieur brut, taille de l’économie et taux de croissance) ; b) les risques (taux de change, credit rating, couverture des importations, dette extérieure et déficit des comptes courants) ; c) le climat des affaires (référence au document “Ease of Doing Business” de la Banque mondiale) ; d) la démographie ; e) le capital social (taux de pénétration de Facebook) ; f) le facteur de liquidités (taux d’intérêt réel et masse monétaire).
L’objectif principal de l’AII, souligne Quantum Global Research Lab, est d’identifier les destinations d’investissements les plus attrayantes de l’Afrique et de les rassembler dans un indicateur pratique qui peut également se révéler utile aux décideurs dans l’adoption ou la modification de leurs stratégies.
Les rangs attribués à Maurice sous les différents sous-indices sont les suivants : PIB réel 30e, investissement domestique 28e, croissance économique 25e, taux d’intérêt réel 16e, excès de la masse monétaire 27e, risque de taux de change 14e, credit rating 11e, couverture des importations 10e, dette extérieure 42e, ratio des comptes courants 9e, Doing Business 1er, population 48e, taux de pénétration de Facebook 2e. Le classement général est dominé par le Botswana qui, au niveau du Top 10, précède le Maroc, l’Égypte, l’Afrique du Sud, la Zambie, la Côte d’Ivoire, l’Algérie, la Tanzanie, la Namibie et le Burkina Faso.
Invité à donner son point de vue sur le classement de Maurice dans l’AII, Vinay Guddye, Head of Outward Invesment au Board of Investment (BoI), a fait ressortir que l’indice de Quantum Global Research Lab est basé sur des données à court et moyen termes. Et ce contrairement à d’autres indices (rapport 2017-2018 sur la compétitivité publié par le World Economic Forum, ainsi que dans le rapport 2017 “Ease of Doing Business” de la Banque mondiale), qui prennent en compte des perspectives à long terme.
Vinay Guddye estime qu’il faut étudier les fondamentaux et trouver un équilibre entre le social, l’économie et le politique. Maurice, a-t-il argué, se positionne comme « un hub financier pour la région ». Il en veut pour preuve les opérations financières structurées à partir de la plateforme mauricienne. En 2015-2016, a indiqué le représentant du BoI, le flux de “private equity” de Maurice vers l’Afrique a atteint USD 19,4 milliards. A cette même date, les actifs sous gestion par des Management Companies basés à Maurice s’élevaient à USD 85 milliards, alors que les actifs sous administration par ces mêmes Management Companies se chiffraient à un peu plus de USD 650 milliards.
Autre intervenant, Marc Hein, président de la firme de légistes Jurisconsult, a estimé que l’indice de Quantum Global Research Lab est « quite challenging » du fait que ce n’est pas toujours facile de voir Maurice dans une telle position dans un classement africain. Marc Hein trouve qu’il y a matière à réflexion en vue d’améliorer le rang de Maurice sous un certain nombre d’indicateurs. Parlant de son expérience dans le domaine de l’investissement en Afrique, le président de Jurisconsult a laissé entendre que « business is still very difficult in Africa », soulignant qu’il faut bien se préparer, trouver le bon partenaire et ne pas s’exposer outre mesure avant de s’engager dans le continent.