La communauté des affaires à Maurice, dont une majorité d’opérateurs du secteur des services financiers, a été sensibilisée ce matin aux opportunités d’investissement existant aux Maldives dans une multitude de secteurs dont la finance, l’immobilier, le tourisme, le transport et les TIC. C’était lors d’une présentation, au siège de la MCCI, effectuée par une délégation menée par Ahmed Nasseer, CEO de la Capital Market Development Authority (CMDA), le régulateur du marché des capitaux aux Maldives.
Les officiels de la CMDA, de la Bourse des Valeurs et du ministère des Finances des Maldives se sont appesantis sur la stratégie de développement économique élaborée par leur gouvernement dans le plan 2015-2019, qui met, entre autres, l’accent sur la consolidation et la modernisation du secteur des services financiers ainsi que l’objectif de donner plus de profondeur au marché des capitaux, un développement accru de l’industrie touristique, du secteur immobilier, des TIC et l’aménagement de zones économiques spéciales. Ne disposant pas de capitaux adéquats pour assurer la mise en oeuvre des multiples projets de développement, les Maldives veulent intéresser des opérateurs économiques étrangers à y investir et à conclure des partenariats avec des sociétés maldiviennes ayant déjà une connaissance et expertise du marché. La conclusion d’un MoU entre la Stock Exchange of Mauritius Ltd et la Maldives Stock Exchange va aussi dans cette direction.
Archipel comprenant 1 132 îles et comptant quelque 340 000 habitants, les Maldives sont connues pour être une destination touristique de choix, attirant 1 400 000 de visiteurs en 2014. Le tourisme représente près de 30 % du produit intérieur brut du pays, précédant les secteurs du transport et de la communication qui, ensemble, ont une part de 19 %. Le secteur financier comprend sept banques dont une filiale de la Mauritius Commercial Bank (MCB) et cinq institutions non bancaires. Le pays dispose également de fonds de pension ayant sous leur gestion des actifs de l’ordre de 350 millions de dollars. Sur le marché boursier, créé il y a sept ans, il n’y a que six valeurs cotées avec une capitalisation totale estimée à 450 millions de dollars.
La délégation des Maldives a fait état ce matin des possibilités de développement de “resorts” sur une cinquantaine d’îles, des investissements dans des projets immobiliers, de construction de logements, d’activités de port franc et de services financiers offshore. Les officiels de la CMDA, de la MSE et du ministère des Finances des Maldives ont répondu aux interrogations des participants locaux concernant, entre autres, le système politique dans l’archipel, le régime des changes, le rapatriement des profits, la politique monétaire et fiscale.
Dans son allocution au début de cette session d’informations, le vice-président de la MCCI, Azim Currimjee, a parlé des liens qui ont été tissés avec les Maldives au fil des années et du développement des activités économiques plus particulièrement dans le secteur financier et du tourisme. Il a relevé que les exportations mauriciennes vers les Maldives sont passées de Rs 5,6 millions en 2009 à Rs 37,9 millions en 2014, plaçant ce pays au 58e rang chez nos marchés d’exportation. Pour ce qui est de nos importations des Maldives, elles sont en recul, l’archipel étant classé 122e chez nos fournisseurs.
La direction de la MCCI pense que les hommes d’affaires maldiviens peuvent, à travers des partenariats avec ceux de Maurice, exploiter les opportunités commerciales et d’investissement dans les blocs du COMESA et de la SADC. La communauté des affaires de Maurice peut, grâce à l’adhésion des Maldives à la South Asian Association for Regional Cooperation, prendre avantage des opportunités offertes par ce bloc régional.