Francois Guibert, CEO de l’Economic Development Board

L’Economic Development Board (EDB) annonce des investissements directs étrangers (IDE) de Rs 19,9 milliards cette année, contre Rs 14,9 milliards l’année dernière. Malgré les “Darkening skies” à l’échelle économique mondiale, avec les effets du Brexit, de la guerre commerciale États-Unis/Chine, entre autres, l’EDB, par la voix de son CEO François Guibert, estime que « nous sommes confiants de pouvoir passer à un autre palier de développement ».

« Accélérer, diversifier et innover sont les trois axes sur lesquels nous allons nous appuyer en 2019 pour atteindre nos objectifs », déclare François Guibert, directeur de l’EDB. Pour ce faire, l’organisme misera sur une diversification de la base industrielle et une plus grande visibilité de Maurice sur les marchés stratégiques. « Nous mettons tout en œuvre pour permettre la réussite de la mission de l’EDB. Mais cela dépendra cependant d’autres facteurs intrinsèques comme la connectivité, une éducation mieux adaptée aux besoins de l’économie et l’ouverture à l’expertise internationale », explique François Guibert, qui précise que l’EDB a une stratégie bien définie pour atteindre les Rs 19,9 milliards d’IDE. « Et ce chiffre exclut les réinvestissements et les “exceptional items” », fait-il ressortir. Même s’il reste optimiste pour 2019, François Guibert fait remarquer que « l’économie ne se présente pas de manière idéale ». Et d’ajouter : « L’environnement et les conditions de marché ne sont pas favorables, mais on veut néanmoins prendre des parts de marché par rapport aux compétiteurs. »
Les trois maîtres mots de l’EDB cette année seront donc : accélérer, diversifier et innover. La diversification se fera notamment dans les domaines médical et pharmaceutique.

Tandis que l’innovation sera apportée par la Fintech, les biotechnologies, l’intelligence artificielle, la stratégie Afrique et le “Research and intelligence”. Par ailleurs, l’EDB ouvre un bureau en Chine, plus précisément à Shanghai, où une personne a déjà été recrutée pour établir un réseau. François Guibert a également mentionné le projet de “Country branding”. « Nous voulons mettre en place un branding “Mauritius for Business” afin de positionner Maurice comme une destination d’affaires. Nous avons mis en place un “steering committee” à cet effet et nous lançons bientôt l’“Expression of interest”. C’est important de positionner le pays à la fois dans le tourisme et pour le business », explique le CEO de l’EDB.

Intervenant brièvement pour commenter la performance économique en 2018, il a indiqué que 100 projets avaient été lancés, dont 42 dans le secteur manufacturier, en particulier dans le parc industriel de Riche-Terre. « Quatre zones de développement sont importantes pour nous aujourd’hui, Riche Terre et son parc industriel, Rose-Belle pour la pharmacie et le biomédical, Côte d’or et Palma. » Il s’est réjoui que Maurice ait atteint le Top 20 du classement “Ease of Doing Business”.
En 2018, les IDE, excluant les réinvestissements par les entreprises étrangères, sont estimés à Rs 14,9 milliards. En 2019, l’EDB compte atteindre Rs 19,9 milliards grâce aux projets déjà mis en chantier dans des domaines tels que la santé, l’éducation, le secteur manufacturier, le stockage de produits pétroliers, l’économie océanique et l’hôtellerie, entre autres. L’EDB mise ainsi sur une progression de 34% de l’IDE entre 2018 et 2019.

Selon Sachin Mohabeer, responsable du pôle Immobilier et Tourisme au sein de l’EDB, aujourd’hui, les investissements directs étrangers sont répartis dans des secteurs variés. « Même si l’immobilier représente 47 % du total des flux d’investissement (en moyenne entre 2011 et 2018), il faut faire ressortir que c’est un passage obligé pour héberger d’autres industries et activités. » Et d’ajouter : « L’immobilier ne se résume pas uniquement aux résidences de luxe, mais concerne aussi les espaces bureaux, commerciaux et industriels. C’est un pilier autour duquel peuvent se développer de nouvelles activités et capable d’attirer des investisseurs dans des secteurs porteurs, notamment des sociétés engagées dans l’intelligence artificielle, les industries créatives et d’autres activités liées aux technologies de pointe. »

Par ailleurs, il faut noter que de 2015 à 2018, le flux d’investissements directs étrangers a enregistré une moyenne annuelle de Rs 18, 2 milliards alors que de 2011 à 2014, la moyenne annuelle a été de Rs 16, 4 milliards, ces chiffres incluant les réinvestissements et les “exceptional items”. L’IDE compte cinq composantes, telles que définies par le FMI et l’OCDE, qui sont : l’investissement direct, les réinvestissements, les fusions et acquisitions, l’achat d’équipements et les “exceptional items”. « Et les chiffres publiés par la Banque de Maurice sont réactualisés à la lumière du ‘Foreign Assets and Liabilities Survey’ annuel », fait ressortir Sachin Mohabeer.
L’un des secteurs économiques ayant connu la progression la plus importante, mais aussi la plus constante au cours des cinq dernières années, a été celui des services financiers. Et cette année, l’EDB concentrera ses efforts sur trois axes afin de consolider le statut de Maurice comme centre financier de choix pour les marchés émergents, incluant l’Afrique.

Il s’attellera ainsi à assurer une meilleure visibilité internationale, à attirer les grosses pointures mondiales, surtout dans des domaines tels que le “treasury management”, le “wealth management”, les cabinets juridiques internationaux et les banques d’investissement afin de protéger et de renforcer la réputation de Maurice en tant que centre financier. « La valeur ajoutée de Maurice en tant que centre financier va au-delà des avantages fiscaux. D’ailleurs, plus d’un tiers des flux d’investissements vers l’Afrique vont dans des pays avec lesquels Maurice n’a pas encore signé de traité fiscal comme le Kenya, la Tanzanie, le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire. De 2012 à 2017, les investissements à travers Maurice vers ces cinq pays ont atteint USD 32 milliards », souligne Faraz Rojid, Head of Financial Services à l’EDB.

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