Les plans d’investissements garantissant un profit important dans une courte période, tel que le plan Ponzi, ne sont pas compatibles avec les principes de la Shariah. C’est ce qu’affirme Hussein Rassool, président de l’Islamic Banking and Finance Association (IBFA), organisation regroupant les professionnels de la finance islamique et oeuvrant pour la promotion des pratiques bancaires islamiques et l’assainissement des pratiques financières à Maurice.
Selon M. Rassool, beaucoup de personnes, y compris des musulmans, se sont laissées attirer par des plans d’investissements qui leur garantissent des profits importants sur une période relativement courte. « Le profit garanti à l’avance, c’est-à-dire au moment de la signature du contrat et avant même que l’investissement n’a lieu, est contraire aux principes de financement islamique », fait-il ressortir. Hussein Rassool affirme que le financier a droit au profit seulement s’il prend part aux risques associés à l’investissement comme stipulé dans un des principes fondamentaux du financement islamique, soit « pas de profit sans risque ». « Ce qui découle de cet enseignement, c’est que n’importe quel type d’investissement, que ce soit un dépôt fixe/épargne (savings) dans une banque conventionnelle ou d’autres types d’investissement, qui garantissent un certain retour fixe sur l’investissement est du point de vue islamique illicite. Tout gain ou profit superficiel dans une période très courte est sujet aux doutes. Les doutes ont pour origine le taux largement supérieur qu’offre ces plans d’investissements en comparaison avec ce qu’offre normalement les marchés financiers ou les business. Ce qui devrait normalement être suffisant pour alerter l’investisseur », estime notre interlocuteur.
L’Islamic Banking and Finance Association affirme, en outre, qu’un contrat entre deux parties (dans ce cas, l’investisseur et la compagnie d’investissement) en bonne et due forme et conforme aux lois d’un pays, ne suffit pas pour être considéré comme un investissement sain.