Le Public Sector Investment Plan (PSIP), élaboré dans le cadre du plan stratégique pour les trois ans à venir, prévoit des investissements de Rs 42,3 milliards en 2017/18, avec le projet Metro Express comme étant la locomotive pour tirer le train des investissements publics. Parmi les autres projets d’envergure par le gouvernement dans le contexte du programme de modernisation de l’infrastructure, relevons le Combined Cycle Gas Turbine Plant pour le compte du CEB en vue d’assurer une fourniture en énergie électrique adéquate et régulière aussi bien que le projet de New Administrative City Project de Côte d’Or, avec en point de mire les prochains Jeux des Îles de l’océan Indien (JIOI) de 2019. Toutefois, pour la période de la mise à exécution du plan triennal, il faudra compter avec des investissements de l’ordre de Rs 116,9 milliards.
Le Public Sector Investment Plan indique que pour chaque Rs 100 budgétisées, Rs 58 seront consacrées à la mise en place de nouvelles infrastructures, Rs 22 aux travaux de réhabilitation et d’Upgrading, Rs 12 pour l’acquisition des biens d’équipements et de logiciels et Rs 8 pour les autres. La répartition sectorielle de ces Rs 116,9 milliards au cours de ces trois prochaines années s’établit comme suit:
Rs 32,3 milliards pour les routes et le transport
Rs 18 milliards dans le secteur de l’énergie
Rs 14,6 milliards pour l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable
Rs 11,6 milliards dans le social
Rs 10,6 milliards dans l’exécution de projets administratifs et autres
Rs 5,7 milliards dans l’ordre et la sécurité publics
Rs 4,4 milliards dans le développement portuaire
Rs 3,7 milliards dans le domaine sportif
Rs 3,7 milliards dans la gestion du tout-à-l’égout
Rs 3,3 milliards pour l’infrastructure à l’aéroport
Rs 3,1 milliards dans l’éducation et
Rs 2,2 milliards dans le domaine agricole.
De ces investissements, le gouvernement caresse l’ambition d’engager Rs 42,3 milliards au 30 juin de l’année prochaine et subséquemment Rs 41,9 milliards en 2018-19 et Rs 32,8 milliards pour la troisième année financière. Le pari est lancé avec le démarrage du plus important projet d’infrastructure, jamais réalisé à Maurice, en l’occurrence le Metro Express sur le corridor Curepipe–Port-Louis. Son Project Value, qui pourrait déboucher sur une élection partielle dans la circonscription de Belle-Rose/Quatre-Bornes (n° 18), au cas où Roshi Bhadain met à exécution son annonce de démission à l’Assemblée nationale, est de l’ordre de Rs 20,9 milliards. Le document du PSIP faisant foi.
Dans son Budget Speech, le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth a annoncé qu’avec le démarrage de ce chantier majeur à partir de septembre prochain, « this project will be fully financed with the financial support from the Government of India ». Ainsi, les Budget Estimates pour 2017/18 prévoient que le Metro Express bénéficiera d’une assistance de Rs 9,9 milliards sous le Grant de l’Inde de 353 millions de dollars (Rs 12,7 milliards) et également de Rs 9,3 milliards sous l’Additional Financing Assistance de Rs 18 milliards (500 millions de dollars américains), avancée lors de la dernière visite officielle du Premier ministre en Inde. Toutefois, une note accompagnant la liste de la vingtaine de projets bénéficiant de l’assistance financière de l’Inde rappelle que « where the project costs exceed the amount received from the Government of India, the remaining balance would be met from the budget ».
Dans l’immédiat, cette éventualité ne se pose pas car pour l’exercice financier se terminant au 30 juin de l’année prochaine, les déboursements annoncés pour faire avancer les travaux sur le tracé Curepipe–Port-Louis sont de l’ordre de Rs 8,8 milliards alors que pour l’année financière subséquente, une somme de Rs 6 milliards a été budgétisée. La nécessité de compléter le financement indien ne devra se faire sentir qu’à compter de 2019-20.
Un autre projet ambitieux dans le domaine de l’infrastructure routière porte sur la construction du rond-point Jumbo Phoenix et du pont enjambant la Grande-Rivière-Nord-Ouest pour relier la MI entre Port-Louis et Rose-Hill, et la Nationale. Les investissements prévus pour ces deux projets, devant être mis en chantier à partir d’octobre prochain, s’élèvent à Rs 5 milliards. Pour l’année financière 2017/18, une somme de Rs 1,2 milliard a été prévue pour passer successivement à Rs 1,5 milliard et Rs 1,9 milliard.
Le secteur de l’énergie est présenté comme étant l’autre priorité du gouvernement pour le Three-Year Rolling Plan, avec des investissements de Rs 33,3 milliards. Mais, pour 2017/18, il faudra compter sur une première injection de Rs 6,1 milliards. Deux projets d’envergure se signalent avec la construction d’une centrale de Combined Cycle Gas Turbine d’une capacité entre 105 MW et 120 MW avec des investissements de Rs 8,9 milliards. Des Rs 1,7 milliard pour 2017/18, Rs 45 millions seront consacrées pour une Consultancy en vue de l’adoption du Liquefied Natural Gas (LNG).
L’extension et l’amélioration du réseau du Central Electricity Board constituent également une priorité avec un budget global de Rs 8 milliards, dont Rs 973 millions pour le prochain exercice financier. Un autre projet « On the Card » au CEB sont la construction de sous-stations à Wooton, St-Louis et Ebène pour Rs 1,2 milliard au cours des deux prochaines années.
Le secteur de l’eau n’est pas pour autant oublié dans la conjoncture marquée par cette promesse d’assurer une fourniture d’eau 24 heures sur 24 et sept jours sur sept au plus tard à fin 2019, coïncidant avec l’échéance du mandat du gouvernement, pour conjurer le slogan 24 Sek. Ces prochaines années, la Central Water Authority investira Rs 1,1 milliard, Rs 1,8 milliard et Rs 2 milliards respectivement dans un vaste projet de remplacement de tuyaux du réseau d’adduction d’eau pour réduire le taux de perdition.
Avec la mise en service du Bagatelle Dam, dont la Project Value est de Rs 7,1 milliards, après la construction d’un Treatment Plant de Rs 598 millions, la Rivière-des-Anguilles Dam avec des investissements de Rs 3,3 milliards devra être concrétisée à moyen terme. D’ici 2022, les régions du sud et du sud-ouest de l’île devront être alimentées avec quelque 50 millions de mètres cubes d’eau de cette digue. Mais il faudra passer par l’étape de l’étude de faisabilité avec des dépenses de Rs 87 millions prévues alors que le gros des travaux devrait être entamé à partir de 2019-20 pour des investissements de Rs 1,3 milliard.
Le développement social et communautaire se taille également la part du lion avec une enveloppe de Rs 59,4 milliards Earmarked pour les trois prochaines années. Sur les Rs 7,4 milliards budgétisées pour 2017/18, la construction de logements sociaux, notamment 265 à Chemin-Grenier, 124 à Gros-Cailloux, 108 à Goodlands  et 206 à St-Julien, entre autres pour un montant de Rs 900 millions est traitée en priorité.
Compte tenu du calendrier en vue des prochains Jeux des Îles de l’océan Indien, la construction d’un complexe multisports à Côte d’Or, avec une Project Value de Rs 3,2 milliards, devra passer en mode accéléré. Ce projet, qui sera réalisé dans la circonscription du Premier ministre de Moka/Quartier-Militaire, sera financé par un Grant de Rs 1,1 milliard et un prêt de Rs 700 millions de la République populaire de Chine.
De son côté, le New Administrative City Project, qui devra accueillir des « government offices, mixed use developments, residential and leisure development », sera développé dans la même région de Côte d’Or avec des investissements de Rs 3,6 milliards au cours des trois prochaines années, comme suit : Rs 800 millions en 2017/18, puis Rs 1 milliard pour chacune des deux autres années.
Le port et l’aéroport devront connaître des développements avec des projets comme le Berth Extension et le renforcement du Mauritius Container Terminal, la construction d’une nouvelle tour de contrôle au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport avec des investissements de Rs 683 millions et un nouveau Cargo and Freeport Development de Rs 669 millions.