Le Premier ministre a inauguré hier la première conférence de l’Indian Ocean Rim for Regional Cooperation. Navin Ramgoolam a invité les pays à redynamiser la coopération régionale afin d’éviter la marginalisation sur le plan du commerce international. La cérémonie d’ouverture a été marquée par les interventions du ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, et du ministre indien du Commerce, Anand Sharma.
Interrogé à la fin de la réunion, Navin Ramgoolam a souligné qu’il a fallu attendre 16 ans après la création de l’Indian Ocean Rim en 1997 pour voir l’organisation d’une conférence sur l’économie et les affaires. La particularité de l’IOR est qu’elle s’occupe à la fois de la coopération au niveau des États mais également au niveau des affaires et des académiciens. « Lorsque je suis arrivé au pouvoir, j’avais nommé Kailash Ruhee comme directeur de l’IOR parce qu’il avait une expérience ministérielle et je n’avais pas regardé à quel parti il appartenait. Mais après l’arrivée du gouvernement MSM/MMM en 2000, il a été limogé et remplacé par quelqu’un d’autre. Voilà pourquoi les activités de cette organisation ont commencé à piétiner. Aujourd’hui ils ont le toupet de parler d’incompétence », a-t-il soutenu. Il s’est réjoui que l’actuelle conférence ait lieu alors qu’il est à la tête du gouvernement et a qualifié d’« incompétents » ceux qui veulent le remplacer. « Voilà pourquoi il faut me maintenir au pouvoir », a-t-il déclaré.
La conférence sur l’économie et les affaires est organisée conjointement par Maurice et l’Inde. Le ministre indien Anand Sharma, dans son intervention, a insisté sur l’importance de la coopération entre les pays de la région qui compte non seulement des pays émergents mais également des associations régionales puissantes comme la SADC, le COMESA, l’EAC et l’ASEAN, ce qui constitue un enjeu considérable en termes de commerce. Les échanges commerciaux se sont élevés à 9 trillions de dollars l’année dernière, a-t-il indiqué.
Pour sa part, Navin Ramgoolam a observé que la conclusion d’un accord de libre échange entre les États-Unis et l’Union européenne va changer considérablement les données en termes de commerce international et risque de marginaliser les pays les plus faibles. C’est pourquoi, a-t-il insisté, il faut redynamiser la coopération au sein de l’IOR afin d’éviter la marginalisation à un moment où le Doha Development Round, préconisé par l’OMC, bat de l’aile.
Le PM a aussi préconisé un IOR Business Facilitation Development Programme et une Ease of Doing Business au sein de l’organisation. Il a insisté sur l’importance des rapports bilatéraux et des relations entre pairs entre les pays membres de l’IOR.
L’intervenant a également insisté sur l’économie de l’océan. Il a évoqué la conclusion d’un accord entre les Seychelles et Maurice portant sur la gestion commune d’une extension du plateau continental. « Cela a été une première dans ce domaine », a-t-il dit, rendant hommage à la compréhension du président des Seychelles James Michel. Cet accord a permis d’étendre la Zone économique exclusive (ZEE) d’une superficie de 396 000 Km carrés, portant la ZEE mauricienne à 2,3 millions de km carrés, soit la superficie de l’Allemagne, de la France et de la Grande Bretagne réunies.
Navin Ramgoolam a également parlé du potentiel économique du continent africain et a présenté Maurice comme une plateforme pour les investissement en Afrique. Il a en outre présenté Maurice comme un centre d’arbitrage pour les Affaires au niveau régional et a annoncé l’organisation à Maurice en 2016 du conseil international pour l’arbitrage des affaires. Il a aussi proposé l’institution d’une comité ministériel de l’IOR sur le commerce et l’investissement.
Le Premier ministre a aussi insisté sur la complémentarité entre le gouvernement et le secteur privé. Il s’est prononcé pour l’approfondissement de l’intégration régionale des pays de l’IOR mais s’est déclaré contre une union monétaire. « On n’a qu’à voir ce qui se passe en Europe », a-t-il affirmé.