L’économie océanique sera une pierre angulaire de la croissance économique dans la région de l’océan Indien, a soutenu lundi la ministre australienne des Affaires étrangères et présidente de l’Indian Ocean Rim Association. Julie Bishop, qui participait à un séminaire sur l’économie océanique au Henessy Park Hotel, a par la même occasion annoncé que la croissance économique sera au centre des discussions lors de la réunion de l’Indian Ocean Rim Association le 9 octobre à Perth.
Parmi les principaux orateurs hier se trouvaient Arvin Boolell, ministre des Affaires étrangères, Jean Paul Adam, ministre seychellois des Affaires étrangères ainsi que le secrétaire général de l’Indian Ocean Rim Association, Kocheril Bhagirath. Les représentants de la Mauritius Ports Authority, de la Mauritius Research Authority et du Board of Investment se sont également adressés à l’assistance.
Julie Bishop a observé que l’économie océanique préconisée par Maurice et l’économie bleue préconisée par les Seychelles définissent de façon remarquable la valeur de l’océan Indien. Elle a révélé qu’un rapport intitulé The marine nation publié en 2013 estime la valeur de l’économie océanique dans l’océan Indien à 44 milliards de dollars. Avec l’expansion des industries et le développement de nouvelles opportunités en matière d’énergie renouvelable et d’alimentation, cette valeur passera à 100 milliards dollars, dit-elle. « As maritime trade grows, it will become even more important to maintain the stability and prosperity in the Indian Ocean. The Indian Ocean carries half the world’s container ships, one third of bulk cargo traffic and two thirds of the oil shipment. Since coming to government, l’ve made clear the link Australia sees between a strong economy and national prosperity », a fait comprendre Julie Bishop.
La ministre australienne a souligné l’importance de la formation en vue de développer l’économie océanique. Elle a rappelé que l’Australie dispose d’une expertise importante en matière de science marine et en particulier en ce qui concerne l’utilisation durable et de gestion de ressources naturelles. « We are a partner that you can rely on to help boost the skill set of your workforce », a dit la ministre. C’est dans cette perspective que l’Indian Ocean Marine Research Centre a été créé dans l’État de Western Australia. « C’est le plus important partenariat en termes de recherche marine dans l’hémisphère sud », a-t-elle insisté.
En marge du séminaire organisé hier, un accord a été signé entre l’Université de Western Australia et la nouvelle Faculté des Études océaniques créée à l’Université de Maurice. Cette faculté bénéficie de l’aide financière de l’Indian Ocean Rim Association.
Le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, a insisté sur l’importance du transfert de technologie. Ainsi, avec l’aide de l’Australie, Maurice peut devenir une plateforme d’investissement dans le secteur de l’économie océanique appelée à générer beaucoup d’emplois. Il a aussi évoqué l’exploration du sous-sol de la mer par des compagnies australiennes aux Seychelles.
De son côté, le ministre seychellois des Affaires étrangères, Jean Paul Adam, a observé que l’économie océanique est un élément clé de la politique étrangère australienne. La visite de Julie Bishop a été l’occasion d’organiser ce séminaire tripartite Australie, Seychelles Maurice, sous la bannière de l’IORA, dit-il.
Visite fructueuse
Durant sa visite dans l’île, la ministre australienne a visité le siège de l’Indian Ocean Rim Association, à Ébène, où elle a été accueillie par K. Bhagirath, secrétaire général de l’IORA.
Par ailleurs, hier matin elle a participé à une session de travail sur la sécurité maritime dans l’océan Indien, qui constitue une des priorités de l’IORA compte tenu du trafic maritime dans la région et des menaces que constituent les activités des pirates au large de la Somalie. Arvin Boolell et Jean Paul Adam étaient également présents.
Julie Bishop, qui est arrivée à Maurice samedi, a eu une session de travail le même jour avec Arvin Boolell. Tous deux ont insisté sur les liens d’amitié qui unissent Maurice et l’Australie ainsi que sur les intérêts communs et les valeurs partagées par nos deux pays. Les discussions ont également porté sur les questions bilatérales, régionales et internationales. Les deux parties ont accepté de collaborer étroitement sur les questions d’intérêt régional et global dans le sillage de la conférence internationale sur les Petits États insulaires en développement (PEID), organisée aux Samoa la semaine dernière.
Sur le plan bilatéral, l’Australie a apporté sa contribution dans plusieurs secteurs à Maurice, notamment au niveau de l’éducation, de la gestion des terres, des services carcéraux, de la santé, de la pêche et des infrastructures. L’Australie a aussi manifesté de l’intérêt pour l’économie océanique.
Julie Bishop a regagné l’Australie dans la soirée.