Le premier album de Daniella Bastien est une mise à nu. L’artiste se dévoile dans Isi laba. Elle prend la parole et sa ravanne pour mieux se dire. Pour mieux décrire le monde en kreol. Isi laba est la somme de vingt années de pratique rythmique et de valorisation de la poéticité du kreol. L’album s’accompagne de plusieurs créations artistiques : peintures, film, dessins et poèmes, réalisés par plusieurs invités.
Une ravanne et des mots. Expression du langage et des rythmes, Isi laba vogue vers nos ailleurs, jusqu’à notre essentiel. De-trwa parol lor enn bout papie / Vwayaz ant leker ek lespri… Les paroles sont dites. Pas de mélodie. Rien que des rythmes et des mots. Une voix et le résonnement de la peau. Pour dire la vie. Les sensations. Quelque chose de local et d’universel à la fois. Avec Isi laba, Daniella Bastien prend le parti de valoriser la langue kreol et de brandir sa poéticité.
Ses textes disent sa personne, affirment notre insularité. Elle avoue avoir le trac en évoquant ce premier disque à Scope. Une impression de mise à nu. Sans orchestration derrière laquelle se cacher. Seulement sa ravanne et sa voix. Elles dévoilent une femme vivant dans l’île Maurice contemporaine. Isi laba est une prise de parole. Daniella, éprise de parol : “l’âme de l’île, c’est sa langue.” La parolière goûte les trajets en bus et aime à se fondre dans la masse anonyme. S’imprégner d’autrui et faire vivre des bribes d’existence en leur insufflant la parole. Comme dans le titre Laba (voir hors-texte).